‹ Le trésor de TrèvesChapitre 23 sur 47 · COFFRET ORIENTAL · texte numérisé non relu

COFFRET ORIENTAL

Hauteur totale : o, 25 ; hauteur du coffre : o, 155 ; largeur : o, ;o.

CATHÉDRALE — XII" SIÈCLE

Ce coffret est sans contredit une des curiosités du trésor de la cathédrale. Il se compose de deux parties bien distinctes : le coffret lui-même, de style occidental et son revêtement de style oriental. Le mélange s'explique ainsi : le coffret a été rapporté d'Orient, probablement au temps des croisades. Arrivé à destination, il s'est trouvé mutilé, les encoignures manquant de solidité; alors on l'a remonté, de la même façon qu'il fut construit à l'origine.

L'armature, si l'on peut employer cette expression, consiste en lames d'argent, évidées, à chaque panneau, de façon à encastrer les pièces de rapport, qu'enserre, comme dans un cadre, une bordure à fleurons cruciformes qui rappellent le siège épiscopal de la cathédrale de Toul ; poignées, charnières, griffes, fermeture, ne sont pas antérieures à ce rajustage.

Les poignées sont mobiles et annelées : placées sur les côtés, elles permettent d3 saisir le coffret à deux mains. Les charnières lient, à l'arrière, le couvercle à la boîte : elles repiésentent des oiseaux et des feuillages. Les gardes de la fermeture figurent un chevalier : par dessus saillissent trois anneaux striés verticalement, dans lesquels glisse un verrou que termine un lion accroupi. Les supports des quatre angles, comme d'habitude, représentent les quatre pattes d'un lion.

L'aspect est celui d'une boîte rectangulaire, avec couvercle à quatre pentes, amorti au sommet.

Les pièces de rapport, en bas, sont quadrangulaires; en haut, triangulaires ou trapézoïdales, selon l'espace qu'elles doivent remplir. Leur configuration est

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identique, c'est-à-dire une bordure d'entrelacs, avec étoiles aux angles, imitant de la passementerie; au milieu, dans un disque, une rosette d'entrelacs et, sur le fond, un riche décor de filigranes d'une délicatesse extrême.

Le médaillon central est acosté, aux grands panneaux, d'entrelacs ainsi disposés : quatre petits, inscrits dans des disques et disposés en croix; quatre plus grands, aux angles. Sur les côtés, la passementerie s'étend du haut en bas ; aux trapèzes, les écoinçons de la rosace sont garnis d'entrelacs.

La plaque du fond, estampée, représente des entrelacs et des feuillages dans des disques, celui du milieu plus développé que les autres ; fond qui lui-même a manqué de solidité, car il a été radoubé.

L'époque de la modification est à peu près celle du travail primitif, qui se classe du xnc au xnic siècle et semble indiquer une origine arabe.

Dans le principe, cet élégant coffret fut un meuble à usage essentiellement domestique et civil. Offert sans doute comme cadeau de noce, la fiancée y déposa ses bijoux, colliers, bracelets, anneaux, ceinture. Le moyen âge l'utilisa pour l'église, comme il fit tant de fois d'objets analogues. Nous citerons seulement, pour ne pas sortir des coffrets orientaux, ceux des cathédrales de Laval et de Bayeux, qui sont en ivoire et un autre, plus intéressant encore, en forme de boule, à l'église de Saint-Marc, à Rome. A Trêves, on y mit côte à côte les chefs de l'apôtre saint Mathias et de l'impératrice sainte Hélène, mère de Constantin; de ces chefs il n'existe que la partie supérieure ou crâne, la mâchoire inférieure faisant défaut.

A propos de chefs, nous signalerons la coutume allemande : elle ne laisse à découvert que le crâne, garnissant le devant et le bas d'étoffe précieuse qui dissimule l'horreur qu'inspire généralement la vue d'une tète de mort.

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