‹ Le trésor de TrèvesChapitre 36 sur 47 · L'ANGE THURIFÉRAIRE · texte numérisé non relu

L'ANGE THURIFÉRAIRE

Nous avons cru indispensable, pour mieux faire 5 a i s ï r les détails multiples de cette orfèvrerie incomparable, de donner, de grandeur naturelle, un des coins du tableau, l'angle supérieur de droite relativement au spectateur.

Deux anges, en ronde-bosse, sont agenouillés aux extrémités des croisillons d'en haut : ils encensent la croix. Leur attitude dénote le respect profond et l'adoration qui sont dus au bois sacré, instrument de notre rédemption; leur acte peut aussi s'interpréter dans le sens de la prière, puisque l'encens lui est comparé par la liturgie. L'artiste a donc exprimé de la sorte le culte spécial dont la vraie croix est l'objet dans l'Eglise catholique, c'est-à-dire l'adoration et l'invocation.

La croix, qui produit la vie, est entourée de feuillages. Les locules des saintes reliques ont aussi leur encadrement tapissé de feuilles et de fleurettes, car, selon la parole de la Sainte Ecriture, les ossements des saints vivent dans l'éternité : « ossa eorum pullulant de loco suo » (Eccles., XLVI, 14).

Remarquez encore le perlé qui contourne la croix et les panneaux : c'est un fil qui a pour mission d'accuser les lignes principales du tableau en leur enlevant la sécheresse d'angles aisrus.

Le filigrane a cessé, comme sur les couvertures d'évangéliaires, d'être un fil tordu à plat sur le fond qu'il embellit. Ici, il est plus serré encore : ses vrilles et ses feuilles plus rapprochées laissent moins d'ajours, et, pour lutter d'effet avec le repoussé, il s'enlève, s'arrondit, C3 qui m pouvait s'obtenir qu'à la fonte. Enfin, ses tiges se terminent en grappes de raisin.

Le moyen âge aimait la couleur et il la demandait à la fois aux émaux et aux gemmes. Le tableau est pour ainsi dire constellé de pierres précieuses

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