‹ Le trésor de TrèvesChapitre 38 sur 47 · LA VRAIE CROIX · texte numérisé non relu

LA VRAIE CROIX

Hauteur : o, 40 ; largeur du petit croisillon : o, 12 ; du grand : o, 28.

La forme de cette croix est celle que l'Orient a constamment donnée à la relique de l'instrument du salut, c'est-à-dire qu'elle est à double traverse; l'une, plus large, représente l'endroit où le Christ étendit ses bras et l'autre rappelle le titre, légèrement développé. Son origine ressort donc de sa forme môme, qui porte ainsi en elle un cachet indéniable d'authenticité.

En Occident, nous exposions volontiers la vraie croix dans un reliquaire de mèmeforme.Le contenantindiquaitaussitôt lanature du contenu. En Orient, on préféra la forme en tableau. C'est la plus ancienne et aussi la plus récente, comme en témoignent, pour le vi° siècle, le reliquaire de Sainte-Croix de Poitiers, envoyé par l'Empereur Justin à Sainte-Radegonde, et, pour le xivp, le charmant triptyque gravé dans bs Annales archéologiques, t. II, p. 281 et qui appartient maintenant au curé de Coulanges (Nièvre).

Bien que le tableau dans lequel la vraie croix fut apportée n'existe plus, nous savons sa configuration par celui que possède l'église de Limbourg et qui provient de la cathédrale de Trêves. Môme en le renouvelant, pour le mettre à la mode du jour, on tint à conserver l'aspect primitif: l'ornementation seule varia.

Par une intelligente précaution, le bois sacré ne fut pas fixé à demeure dans son cadre de métal, mais simplement encastré dans une cuvette creusée exprès au milieu du tableau. La face antérieure fut laissée à nu; au commencement du xviic siècle, on trouva que c'était inconvenant et irrespectueux, et alors on se décida à la couvrir d'une feuille d'argent, gravée et rehaussée de gemmes, que des

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