‹ Le trésor de TrèvesChapitre 42 sur 47 · CAMÉE ANTIQUE · texte numérisé non relu

CAMÉE ANTIQUE

Hauteur : o, 10 ; largeur ; o, ij.

Suivant la tradition, avant d'avoir été utilisée, au xvc siècle, par l'abbé Othon de Elten, cette précieuse sardonyx à trois couches avait déjà pris place au centre d'une couverture en orfèvrerie dont une fille de Pépin le Bref, la pieuse Ada, s'était fait un bonheur d'enrichir, en 809, le riche évangéliaire nouvellement achevé pour l'abbaye de Saint-Maximin. Aussi les auteurs du Voyage littéraire de deux bénédictins, dom Martène et dom Durand (1724, in-40, p. 290), suivis en cela par le Magasin pittoresque (1845, p. 297/' ont-'ls cru reconnaître dans les personnages représentés cinq membres de la famille de Charlemagne. Mais l'erreur est trop évidente pour avoir besoin d'être réfutée. Il en est ds même à peu près de C3lle commise par A. Mongez, dans son explication des planches de Visconti (Iconographie romaine, t. II, p. 217). Nous ne sommes pas en présence d'un camée du i01' siècle et il ne saurait être question de l'empereur Claude, de sa quatrième femme Messaline, non plus que de ses enfants Octavie, Britannicus et Drusus.

L'œuvre appartient incontestablement aux bas temps, et c'est parmi les successeurs de Constantin que nous devons chercher les princes dont on a voulu conserver les traits. Du reste, l'attribution à Valentinien 1er que commande la comparaison de la principale figure avec un camée du cabinet de France (n° 257), résout toutes les difficultés. L'enfant placé à droite est alors le jeune Gratien que son père associa à l'empire dès l'âge de huit ans, en 367. La pierre qui nous occupe a dû mèm2, très probabbmsnt, être gravée pour célébrer un pareil événement et c'est ce qui explique les deux aigles à fière tournure qui se voient en avant. Rien n'est plus naturel également que de trouver, à la droite de l'empereur, une femme de vingt ans environ, dans laquelle il faut reconnaître une fille de Constance II, Flavia Constantia, qu2 Valentinien, malgré la différence d'âge, s'était empressé de fiancer à son fils. Quant à l'impératrice dont une fente de

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