Reg. des let. pat. de 1615-1616, P
2. A ceUe époqae, on ignore pour quel motif, François, comte de Vaudémont , fit enlever du Trésor des Chartes et déposer les titres qui le concernaient personnellement à l'hôtel de Salm, ainsi que l'indique la mention suivante du compte de Nicolas de Pullenoy, trésorier général de Lorraine, pour l'année 1625 : u Fait dépense de la somme de 1625 fr. ^ gr. donnés à différents ouvriers pour ouvrages par eux faits pour le service de Monseigneur en l'hôtel de Salm , pour la chambre qu'il a ordonné y être faite pour mettre ses iiltres. n
duchés de Lorraine et de Bar faite par le duc François à Charles lY, son fils; puis, le 26 juin 1652, signer, au nom de ce dernier, avec le marquis de Ville, le traité de Liverdun, qui livrait à Louis XIII les villes de Stenay et de Jantetz et le bailliage de Clermont.
Ce n'était là que le premier pas dans la voie des envahissements que méditait la France au détriment de la Lorraine ; envahissements qui ne devaient pas atteindre seulement le territoire de ce pays , mais embrasser encore jusqu'au dépôt organisé avec tant de soins par le président Alix.
On connait les événements politiques qui s'accomplirent depuis la signature du traité de Liverdun et que termina si déplorablement la prise de la Mothe, ce dernier rempart de l'indépendance nationale.
Au commencement de l'année 1634, et après l'occupation de Nancy par les troupes françaises, Charles IV avait enjoint à Janin d'enfermer dans plusieurs coffres et de faire conduire dans cette forteresse les titres du Trésor des Chartes les plus importants pour les liliges que la Lorraine avait eus ou pouvait avoir avec la France. M. du Boys de Riocour, conseiller d'Etat, qui s'était enfermé dans la place pour y remplir les fonctions d'intendant civil^ aurait bien voulu sauver ces titres ; mais le maréchal de la Force s'y opposa. Les coffres furent ramenés à Nancy et confiés à Théodore ou Thierry Godefroy, qui commença à les inventorier', le 18 septembre, en présence de l'abbé de Gorze,
1. Dom Calmet a donné de curieox détails sur ce dépouillement du Trésor des Charles , dans le Catalogue alphabétique imprimé en tète de son Histoire de Lorraine. On y lit, an mot Seguier : u M. le chancelier Seguier fit autrefois un excellent amas de livres de toutes sortes ; et surtout de manuscrits sur différentes matières. Il y a entr'au-
£ls naturel de Charles III , de Janin et du sieur Perrin , maître des requêtes, que l'on avait appelés pour représenter le duc de Lorraine; mais on les écarta ensuite, et les clés du Trésor furent même enlevées à Janin.
très qaarante-un volumes ia-folio de titres et monumens concernant la Lorraine et les Trois-Evêchez, et les abbayes du pays. Ces pièces sont les copies des principaux papiers de la Maison de Lorraine , qui sont dans sept ou huit coffres, dans la Sainle-Chapelle de Paris. La table de ces titres est au volume quarante-un , n^ 595.
1) Je lis dans ces mémos volumes , en un écrit signé de la main du fameux M. N. Bigault, et daté du 21 décembre 163^, qu'au commencement de celte année , le duc Charles iV avoit commandé au sieur Jeannin, garde du Trésor des Chartes de Lorraine, d'en tirer tout ce qu'il sçavoit être important pour ses droits, et qu'il en remplit six coffres, qui furent portez au château de La RIothe, d'où ils furent depuis rapportez par le commandement du Roy en la ville de Nancy et mis en dépôt en la maison où logeoient, en 163^, MM. Gobelin et Godefroy, employez par Sa Majesté à faire l'extrait de ces titres, par rapport à ses intérêts. Us eurent commission d'en faire l'inventaire en présence des sieurs abbé de Gorze, Jeannin et Perrin , officiers du duc Charles. Ils commencèrent à y travailler vers le milieu de septembre 163^, et M. Godefroy, en l'absence de M. Gobelin, continua pendant l'espace dé deux mois, jusqu'à ce qu'ayant reconnu qu'il n'était pas expédient que les officiers du duc eussent une connaissance si particulière de cet inventaire, il fut avisé d'en faire seulement une légère description , et de faire paraffer tous les titres par lesdils officiers, à dessein de les emporter à Paris, pour en être l'inventaire exactement continué par ledit sieur Godefroy. Du depuis on défendit ausdits officiers du duc de se trouver en aucune manière audit inventaire. Le sieur Jeannin déclara ensuite qu'il y avoit encore deux coffres de ces papiers rapportez de LaMothe, en son logis, outre vingt-cinq gros registres. Les clefs du Trésor furent ôtées au sieur Jeannin, et les papiers apportez à Paris, et mis dans la Sainte- Chapelle en 1635. C'est ce que dit M. Rigault.
Il Les originaux de ces papiers sont encore en la Sainte-Chapelle, mais on en (sic) trouve des copies de la plupart dans les quarante-un volumes de la bibliothèque de M. Seguier, appartenante aujourd'hui à M. de Coislin, évéque de Metz, et déposez en la bibliothèque de
Godefroy, qui était un savant diplomatiste, ne tarda pas à reconnaître quel parti on pouvait tirer contre notre pays de ces titres anciens, et il exposa ses idées à ce sujet dans un rapport adressé au cardinal de Richelieu, et qui mérite d'être rapporté ici textuellement :
« Advis pour le transport des titres de Lorraine et du » Barrois au Trésor des Chartes du Roy à la S^® Chappelle,
> à Paris* .
> L'on peut tirer de grands advantagesdeces titres pour
> le service de Sa Majesté :
» i. Car on y recongnoistra les droicts de souveraineté, » de jurisdiction et féodalité de nos Roys au Bailliage de » Bar et es chastellenies de la Marche, Chastillon sur y» Saosne, iConflaus en Bassîgny, Gondrecourt, la Motte » et autres seigneuries, où il y a environ cent cinquante
> villes , bourgs et villages, lesquelz ont tient que les Ducs » de Lorraine se sont efforcez d'usurper sur nos Roys en
> diverses manières.
> 2. Comme aussy l'on y remarquera les droicts sur
> Neufchastel sur Meuse (vulgairement dict Neufchasteau
l'abbaye de Saint- Germain-des-Prez, où nous les avons consultez^ et avons tiré copie de ceux qui nous ont paru les plus importans à notre dessein, n
À l'article Bar, Barrois de son même Catalogue alphabétique, Dom Galmet indique encore , comme se trouvant dans la bibliothèque Séguier : plusieurs pièces concernant le Barrois ; — Contre les contrats , lettres et déclarations des rois Charles IX et Henri III en faveur de Charles III, duc de Lorraine , es années 1571, 1572, 1573 et 1574^; mss., vol. 71, n" 74/7, p. 79. — Etat sommaire du duché de Bar, et des traitez intervenus entre les rois de France et les ducs de Bar; ihid,, n° -439, p. 107, et n** 743, p. 97.
1 . Ce document se trouve dans le Gartulaire de Lorraine, ms. de la Bibliothèque publique de Nancy.
en Lorraine), Chastenoy, Montfort, Frouart, Passavant en Vosges et Chastel sur Moselle , qui sont cent villes , bourgs et villages. «
> 5. Et encore ceux de propriété et souveraineté sur Espinal.
> 4. Plus les droîcts de propriété appartenans à Sa Majesté au duché de Bar et marquisat du Pont à Mousson , et autres seigneuries qui s'ont du ressort du Parlement de Sainct-Mihiel , qui consistent du moins en plus de quatre cent villes, bourgs et villages.
» 5. Et davantage , plusieurs titres et mémoires de l'or dre observé en la succession des duchez de Lorraine et de Bar, pour suivant celasse gouverner pour acquérir le plus seurement que faire se pourra les dreicts de ceux qui y auront le plus apparent droict, soyent masles ou femelles, ainsy qu'il s'est faicl cy- devant, pour la Champagne et la Bretagne, de ceux des maisons d'Evreux et de Blois.
> 6. Ces mesmes titres aussy serviront pour se deffendre contre les prétentions de l'Empire, [en cas de souveraineté, de jurisdiction , de féodalité, ef de contributions pour l'Empire.
> 7. Contre le Roy d'Espagne pour les limites du costé du duché de Luxembourg et du comté de Bourgongne.
» 8. Contre l'archevesque de Trêves, les ducs des Deux Ponts , les comtes de Nassau , Sarbruck et autres princes et seigneurs voisins.
> 9. Et pareillement contre les évesques et chapitres de Metz et Verdun, les abbez de Gorze, l'abbaye de Remiremont et autres ecclésiastiques, desquelz les Ducs de Lorraine ont acquis quantité de terres et seigneuries par eschanges , inféodations et autres moiens.
> 40. Outre cela ce que Ton y découvrira la vrayc origine de la Maison de Lorraine , que Ton nous yeut faire accroire estre issue de Charlemagnc, pour luy attribuer droict au Royaume de France sur celle de Hugues Capet, au lieu qu'elle Tient d'un Gérard, comte d'Alsace, entre Strasbourg et Basie, qui fut investy du duché de Lorraine, en l'an 1048, par l'empereur Henri IIL
» il. L'on y trouvera aussy visiblement les intelligences et conspirations des derniers Ducs de Lorraine avec les Roys d'Espagne, pour semer et entretenir des divisions et guerres civiles en France , soubs prétexte de religion, ruiner la Maison royale et ensuitte s'approprier le Royaume en tout ou en partie.
» i2. Item, les droicts dcsquelz les Ducs de Lorraine ont jouy pour nommer ou présenter aux bénéfices ecclésiastiques par bulles des Papes , ou bien comme patrons et fondateurs des églises et autrement.
> 15. Et finalement quels revenus et aydes ilz tiroient de leurs subjects, et par quels moiens et soubs quelles conditions ils y procédoient.
» Il pourra y avoir en tout dix grands coffres, et coustera mil livres pour la voicture et conduicte.
> II faut lettres de Mons' Bouthilier, secrettaire d'Estat, addréssans premièrement à celuy qui aura la principale charge de la conduicte, pour faire paroistre de sou pouvoir aux occurrences.
» Secondement à Monsieur le comte de Brassac , gouverneur de ce pays, à ce qu'il fournisse douze hommes pour l'escorte de Nancy à Toul , ainsy qu'il en a fourny d« la Motte audict Nancy.
> Tiercement, il est besoin d'escrire pour le mesme
sobject à Monsieur le président Gobelin, auquel la garde des titres de la Motte a esté confiée, à ce qu^il trouve bon qu'ils soient transportez, et qu'il y aide de son conseil et auctorité , et à ce que des coffres de la Chambre des Comptes et de la Cour des Aydes, qui sont encore scellez, l'on en tire ce qui sera le plus nécessaire, et que l'on remette le reste au Trésor du Palais (des Chartes), comme auparavant.
> Et en dernier lieu il faut aussi escrire à Monsieur Rigault, procureur général, qui a la garde à présent dudict Trésor du Palais, tant pour sa décharge que pour, par son advis , en tirer la valeur de deux ou trois coffres de ce qui se trouvera estre de plus utile, et le reste qui ne sera de si grande conséquence , et qui sera de papiers terriers, comptes, adveus et dénombremens , et telles autres matières touchant le domaine du pays, le laisser sur les lieux.
> Et si sera avec cela très à propos de prendre quatre hommes de Toul à Chaalons pour la conduicte , et deux de Chaalons à Paris. »
On ne se borna pas à l'enlèvement des titres qui avaient été déposés dans la forteresse de la Mothe; on fit un second choix parmi les pièces qui étaient restées à Nancy ; on y prit celles qui étaient favorables aux prétentions de Louis XIII, et le tout fut conduit à Paris, afin que Godefroy fût à même de les inventorier et de les étudier à loisir. Douze ou treize grands coffres , renfermant ces précieuses dépouilles, furent déposés à la Sainte>Chapelle. Les érudits français* en tirèrent les matériaux d'ouvrages
1. Parmi ces érudits > il faat citer ceioi-Ici même qui fat chargé de l'inventaire et de l'examen des titres enlevés, soit de la forteresse de
dans lesquels la généalogie de la Maison ducale fut établie sur des preuves irréfragables , et , comme le fait observer M. Digot, c'est au pillage du Trésor des Chartes que la Lorraine dut la connaissance exacte des premiers temps de son histoire.
Ce pillage ne fut malheureusement que le prélude d'autres soustractions $ moins importantes peut-être , au point de vue historique, mais plus considérables^ et que ne motiva aucune raison politique; elles furent tout simple-
!a Molhe,'Soil du Trésor des Charles à Nancy. Dom Calmel s'exprime ainsi ^ à son sajet, dans le Catalogue alphabétique que j'ai déjà cité :
(t Godcfroy (Thierry). M. Godefroy est le premier qui a développé la véritable généalogie de la Maison de Lorraine. Il la publia en 1624; mais ayant été envoyé en 1654 à Nancy pour examiner les archives de Lorraine, il y trouva, dans le seul titre de la fondation de Tabbaye de Bouzonviile, et dans plusieurs autres, de nouvelles preuves de cette fameuse généalogie, et il y fit des additions considérables. Le manuscrit, qui est dans la bibliothèque de M. Godefroy, son fils, est beaucoup plus ample que Timpriilié.
(I II y a aussi dans la même bibliothèque 2f volumes in-folio touchant la Lorraine et le Barrois.. .. n
1. Les titres enfermés dans les six coffres déposés à la Mothe forment néanmoins une collection considérable ; on peut en juger par le sommaire que j*en donne aux pièces j.ustificatives (pièce II). Ce sommaire sert comme de table à un inventaire dont la Bibliothèque publique de Nancy possède une copie , et qui ne forme pas moins de 140 pages in-folio, d'une écriture assez serrée, bien qu'il ne comprenne que l'analyse des pièces de quatre des 'coffres.
Deux autres exemplaires de cet inventaire existent, l'un a la bibliothèque de Berlin, l'autre à la Bibliothèque impériale, à Paris, n'^ 618 de la Collection de Lorraine ; il est intitulé : u Inventaire des titres de Lorraine, de Barrois et des Evèchés de Metz, Toul et Verdun, qhi sont dans six coffres rapportés de la Motte à Nancy l'an 1634, depuis transportés dudit Nancy à Paris l'an 1655, et mis au Trésor des Charles du Roy à la Sainte-Chapelle, n Ce dernier inventaire est probablement celui qui appartenait à MM. Dupuy, et dont parle Dom Calmet dans le Catalogue alphabétique, col. 67.
ment la mise en œuvre du système doat le but était d*eiileyer à notre pays tout ce qui pouvait lui rappeler le souvenir de son ancienne nationalité.
Claude Janin mourut, à Tâge de soixante-un ans, le 6 février 1642', avec la douleur, que partageaient tous les cœurs vraiment lorrains, d'avoir vu mutiler le dépôt que son prédécesseur lui avait remis dans un état si florissant. Il fut remplacé par son neveu, Nicolas Mengin^, qui avait obtenu, dès Tannée i651« Texpectalive de la charge de giBirde du Trésor des Chartes par les lettres patentes suivantes, qui témoignent de Testime dont jouissait Janin près de son maître :
c Charles, etc.. Sur la très-humble requeste et suppli- » cation à nous faicle par nostre très- cher et féal conseil- « 1er secrétaire d'Estat, de nos comm^ndemens et finances » et garde du Trésor de noz Chartres , le S' Janin , à ce
> qu'il nous pleast luy permettre de disposer dudît estât » de garde du Trésor en faveur de nostre très-cher et féal » conseiller secrétaire entrant en nostre Conseil et auditeur
> en nostre Chambre des Comptes de Lorraine , Nicolas
1. II fat inhumé , de même qae son prédécesseur, dans l'église des Cordeliers de Nancy, où on lui consacra une longue épitaphe surmontée de deux figures représentant la Religion et la Justice. Il avait épousé Marguerite de Chaslenoy, fille de Georges de Chaslenoy, conseiller d'Etat.
Pendant que Janin était garde du Trésor des Chartes, quelques travaux avaient été faits au bâtiment qui renfermait ce dépôt: en i633, on cimenta la tour du Trésor; en 46^1, on raccommoda la couverture de cuivre rouge qui était sur celle tour et on y posa u un couvre avec cymenl destrempé en l'huille. n Dans les années suivantes, on y exécuta encore diverses réparations de peu d'importance.
2. Et non pas Georges de Chaslenoy, comne le prétend Rogévilie.
Mengin, son neyeu, pour certaines bonnes considérations qu'il nous a représentées à cest effet, à la réserye 1^ néantmoins d'en pouvoir continuer Texercice sa vie du*ranle ou jusques à ce qu'il voudra s'en déporter entièretièrement. Sçavoir faisons qu'ayans eu esgard au bon tesmoignage qui nous a esté rendu des sens, probité et capacité à ce requises dudit Mengin , auquel nous avons jà bien voulu permettre depuis quelque temps d'avoir libre entrée en nostredit Trésor pour prendre cognoissance de noz tiltres et autres enseignemens qui s'y trouvent, afin de s'acquérir autant d'expérience des prin(jipales affaires de nostre service et de noz pays pour s'en rendre tant plus capable de nous y servir, sur l'instance que nous en auroit faicte ledit S*^ Janin ; et d* ailleurs désirans le gratifier sur ceste occasion de luy tesmoigner le contentement particulier que nous recevons journellement des devoirs et service. qu'il continue de nous rendre avec toutes preuves de sa fidélité et affection en l'exercice de sesdites charges; nous, pour ces causes, agréons la démission qu'il a faicte dudit estât de garde du Trésor au sujet des présentes, iceluy... donnons... par cestes audit Mengin, pour, advenant le décès ou départ volontaire dudit S' Janin, comme cy-après , le tenir et exercer aux droictz , honneurs , gages accoustumez de six cens frans , privilèges , prérogatives appartenans et deppendans dudit estât , à charge néantmoins qu'il sera loisible audit S' Janin de l'exercer sadite vie durante ou jusques à sondit départ volontaire... Données à Ncufviller, le seizième jour de septembre mil six cens trente et un\.. »
1. Reg. des let. pat. de 1631 , f» v» 202. Suivant le Nobiliaire de
Nicolas Mèngin fat secondé, dans Texercice de ses fonctions, par Jean Yîgnolles, nomme, en 1641 , commis du Trésor des Chartes , mais dont les lettres de provision ne furent expédiées qu'en 1664'; ces lettres montrent quelle considération s'attachait à son emploi, si modeste qu'il fût en apparence , et elles renferment quelques particularités qui ne sont pas sans intérêt. Elles sont ainsi conçues :
c Nostre cher et bien amé Jean Yignolles nous a fait
> humblement représenter que l'office de commis du Tré-
> sor de nos Chartres estant demeuré vacant par le décès » et trespas de... Jean Yignolles, son père...., nous au-
> rions eu agréable, dès l'année 1641, de l'honorer de
> ladite charge, tant en considération des services du def-
> funt son père que de ce qu'à son exemple, il auroit » tâché, dès sa jeunesse, de s'en instruire et de s'en ren- 3 dre capable a6n de nous en pouvoir continuer de père 3 en fils ses devoirs très-humbles. Mais comme, dans le 3 malheur des temps passez, il n'auroit peu, jusques à 3 présent, en obtenir de nous les provisions, quoyque 3 pourtant les clefs dudit Trésor luy estant demeurées » entre les mains après le décès dudit son père, il n'ayt 3 laissé d'en faire toute la meilleure garde qui luy auroit 3 esté possible ; il nous auroit , à ceste occasion , supplié
Lorraine ; Nicolas Mengin mourut à Paris en 1658. Je ne sais si Dom Pelletier a commis une erreur, mais je trouve, dans les comptes des trésoriers généraux , un personnage du nom de Mengin mentionné comme garde du Trésor des Chartes en 1665 et 1669.
1. Jean Yignolles ne dut être que titulaire de son emploi, si ce n'est momentanément, en iQii, durant la paix que sa courte durée fit appeler la petite paix. Pendant l'occupation française, c'est-à-dire de 1634 à 1660, la garde du Trésor des Charles fut très-vraisemblablement enlevée aux fonctionnaires nommés par Charles IV.
> très-humblement de luy en faire expédier nos lettres à » ce nécessaires ; à quoy inclinans bénignement , sçayoir
> faisons que Texpérience du passé nous ayant fait veoir » que nous pouvons attendre de luy les mesmes services » que ledit deffunt son père nous auroit rendus en ladite » charge, et qu'il s'en acquittera envers nous avec la » mesme affection et fidélité qui est nécessaire à la garde
> des choses de cette conséquence,. ••• nous.... avons audit » Jean Vignolles donné... l'office de commis du Trésor de
> nosdites Chartres... aux... gages de deux cens cinquante 1 frans.... Donné en notre ville de Nancy, le douzième de » février mil six cens soixante-quatre^.. »
L'année suivante, M. Canon, procureur général de Lorraine, crut devoir appeler l'attention de Charles IV sur les soustractions que l'on avait commises au Trésor des Chartes pendant les guerres dont la Lorraine avait été le théâtre, et lui demander de prendre les mesures nécessaires pour faire réintégrer dans ce dépôt des titres qui en avaient été enlevés. « Remontre , disait le procureur géné- » rai, que, pendant l'effort des guerres dernières, plu- » sieurs titres, papiers et documens concernans Vostre » Altesse et Estât, ont esté divertis et dispersez çà et là, et » mesme enco^ aucuns touchans les affaires très-importantes » qui se sont passées depuis son heureux retour, se trou- » vent entre les mains de divers particuliers, qui les re- » tiennent et négligent de les apporter, ainsy qu'ils sont » obligez, au Trésor des Chartres, qui est le seul lieu des- » tiné pour la garde des papiers de Vostre Altesse et de la » Couronne, et où ils doivent demeurer. Requiert, par- » tant, qu'il plaise à Vostre Altesse ordonner que tous les