‹ Le trésor des Chartes de LorraineChapitre 16 sur 58 · Voir Ia( même pièce justificative III · texte numérisé non relu

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2. A la suite d'une citation empruntée aux Mémoires du marquis de Beauvau, Lionnois dit , dans son ouvrage sur la Maison de Saintignon (p. cclxxviij) : « Nous pouvons assurer que nous avons appris de gens qui en avoient été les témoins, que les conducteurs de ces chariots (les dix-huit qui transportaient le Trésor des Chartes), qui ne pensoient pas d'abord à l'intérêt que la Province prenoit à une chose qui leur paroissoit aussi vile qu'inutile, ayant été poursuivis à coups de pierres jusqu'au-delà de Dieulouard, perdirent une quantité de ces titres, qui remplissoient les chemins qu'ils avoient parcourus. »

3. C'est ce que donne à entendre Hugo dans son Traité historique et critique sur l'origine et la généalogie de la Maison de Lorraine (pr. p. xxvij) : ti J'ai lu, dit-il, dans la Citadelle de Bfetz, où les Titres de Nancy ont été pendant plusieurs années à la dévotion des curieux, et à la garde de Dolzé, le plus traitable garde quefaye jamais connu; j'ai lu, dis-je, des commissions adressées par les djics Mathieu, Frédéric, Jean, Charles, René, aux surintendants de leurs mines d'argent et de cuivre... »

Le P.Benoit Picarl, qui avait travaillé réellement au Trésor des Chartes pendant qa'il était à Metz, n'est pas du tout de l'opinion de Hugo : « Dolzé , dit-il , n'étoit pas garde des chartes de Lorraine

eussent négligé de réintégrer toutes celles dont ils s'étaient servis pour leur travail de spoliation.

Malgré la stipulation du traité de Rîswick, le Trésor des Chartes ne fut pas ramené immédiatement à Nancy ; sa translation n*eut lieu qu'en 1698, ou plutôt même en 4699, ainsi qu'il résulte de la mention suivante du compte du trésorier général de Lorraine pour cette dernière année : c Fait » dépense le comptable de la somme de 45 livres 40 sols

> qu'il a payée par ordonnance de la Chambre • du 4 sep- 9 tembre , au sieur Henry d'Ohéville pour paj'er plusieurs

> personnes qu'il a employées au sujet des papiers que l'on

> a retirés de Metz. »

A leur retour à Nancy, les papiers, entassés dans des tonneaux, avaient été déposés provisoirement dans des magasins près de la place des Dames, puis, de là, conduits à « l'Archive. » On y transporta également les registres qui étaient sur les tablettes de la galerie près de la chambre du Conseil, ainsi que les liasses des aides généraux, et on les plaça dans une salle particulière afin que M. de

lorsqu'elles étoient dans la citadelle de Metz, mais interprète des titres écrits en langue allemande.... Ces chartes n'étoient point aussi à ia dévotion de tous les curieux; il falloit, pour les voir, une permission de M. Turgot , intendant, ou de M. de Gorberon, procureur général... n (Réplique aux deux lettres qui servent d'apologie au Traité historique sur l'origine de la Maison de Lorraine, t. Il, p. 287.)

Dom €almet (Hist. de Lorr. , t. Y, col. cxxxj) prétend qae le P. Vignie^, profitant du crédit de son parent, l'intendant de Metz du même nom , enleva certaines pièces du Trésor des Chartes.

Le vol. 6i2 de la Collection de Lorraine , à la Bibliothèque impériale, intitulé : « Inventaire du Trésor des Chartes de Nancy. — France, Metz », contient différentes pièces ayant rapport à l'ancien Trésor des Chartes de Nancy, avant le transport à Metz, pendant

Son dépôt en cette ville, et lors de la reddition faite au duc Léopold.

Gondrecourt^ pût les examiner plus commodément et en extraire le» notes qui devaient être adressées à M. le président de Mahuet, à Paris.

Jean Yignolles, commis du Trésor, fut chargé de dresser un mémoire de tous les ballots de papiers qu'il avait Mi venir de la citadelle de Metz, et le sieur Dominique Pierre, tabellion à Nancy, travailla pendant plusieurs mois à démêler les registres et liasses et à y faire des étiquettes pour qu'il fût possible de les ranger sur les tablettes. On sépara les titres qui devaient être réintégrés au Trésor des Chartes de ceux qui étaient destinés à l'Archive , et on plaça , dans les greniers de la Cellérerie les comptes des trésoriers généraux, ceux des domaines particuliers ou des prévôtés^, etc.

Les archives de Lorraine étaient, on le voit, dans un désordre affreux lorsque Léopold rentra dans ses Etats ; aussi , l'un des premiers soins de ce prince se porta-t-il sur cette branche de l'administration.

Le 24 août 1698, il avait placé à la tête du Trésor des Chartes, pour le récompenser des services qu'il avait rendus à sa famille, Charles-François Sauter de Mens-

i. Suivant Dom Pelletier, M. de Gondrecourt fut garde du Trésor des Chartes ; je n'ai pas trouvé sa nomination , mais le passage suivant du Nobiliaire (p. 517) ne permet point de doute à cet égard : « Nicolas-François, comte de Gondrecourt par lettres du 22 juillet 1727, seigneur de Maizey, Senonville, Varviney et Rouvroy, conseiller en la Cour Souveraine, garde du Trésor des Chartes, conseiller d'Etal et finances, commissaire général en la réformation des eaux et forêts au département de Pont-à-Mousson, et enfin premier président de ladite Cour Souveraine, mourut à Nancy le 25 juin 1755. »

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