‹ Le trésor des pianistes (volume 4)Chapitre 14 sur 54 · EXEMPLE DE TRILLES PLUS CODRTS · texte numérisé non relu

EXEMPLE DE TRILLES PLUS CODRTS

Dans les cadences imparfaites :

Ch. Koch, dans son dictionnaire de musique (colonnes 1589 et 1590), nous donne aussi des modèles de trilles commençant par la note supérieure, en observant toutefois que certains artistes le commencent par la note principale. 11 indique aussi une terminaison. Clementi, Dussek, madame de Mongeroult, suivent le même principe, comme on peut le voir dans leurs Méthodes. Hummel ne l'adopte pas et donne pour règle générale que le trille, à moins d'une indication particulière, doit commencer par la note sur laquelle il est placé, parce que cette note doit être plus accentuée que son auxiliaire ; il ajoute : « Tout véritable trille doit recevoir une terminaison, lors même qu'elle n'est pas écrite, et si la courte durée de la note ou son enchaînement ne permet pas de la faire, il faut mettre ce signe «~ sur la note au lieu de tr. » (1) Ces observations de Hummel sur les trilles qui ne peuvent recevoir de terminaison sont conformes à celles d'Emm. Bach.

Dans l'édition originale du premier livre de Dominique Scarlatti (voy. la notice biographique), on ne trouve que tr qui évidemment représente tantôt un trille et tantôt un brisé ; car ce signe, placé très-souvent sur la dernière note de chaque reprise, ne saurait être un trille prolongé qui n'aurait pas de note finale ou d'appui, mais seulement un brisé ou un pincé. Nous reproduirons cependant dans notre édition des pièces de cet auteur ce signe tr partout où il se présente, en conseillant, toutefois, à l'exécutant de ne faire sur la dernière note de la phrase qu'un trille très-court. Cette manière de noter, qui n'est point tout à fait exacte, se trouve encore chez d'autres compositeurs, ce qui a donné lieu à Emm. Bach de faire cette remarque : « Dans les ouvrages de Tartini et autres, on trouve des passages où l'on exécute un ~ au lieu d'un tr. »

(Méthode, p. 65, g 19).

Telemann et plusieurs autres auteurs marquent le trille par une + .

Lorsqu'on aura étudié avec soin et comparé ces différentes manières d'exécuter le trille , nous pensons que l'on sera à même de rendre cet agrément, pour chaque genre de pièce, dans le goût de l'auteur, autant qu'il est permis de l'espérer, étant déjà si éloignés du temps où l'on pouvait entendre la plupart de ces grands hommes. Pour la musique de Hummel ainsi que pour celle des auteurs qui ont écrit depuis l'époque où il a vécu jusqu'à ce jour, on fera bien de suivre les préceptes de ce maître.

On rencontre fort souvent dans la musique de Haydn un trille précédé d'une appogiature ; il ne faut pas confondre cette appogiature avec une petite note brève qui pourrait être placée avant le trille pour le commencer;

(1) Méth., troisième partie, pages 403-408.

on devra dans ce cas donner à l'appogiature la valeur nécessaire, et diminuer d'autant la note qui reçoit le

trille.

Exécution.

Jtr

Haydn, deuxième sonate , dernier morceau , page 30, quatrième mesure, édition Breitkopf et Hsertel de Leipzig (ou édition Pleyel, quatrième livre, n° 37).

Exécution.

Même édition, cinquième sonate, page 61, andante, neuvième mesure (ou édition Pleyel, première livraison, n° 8).

Ici, comme dans toute notre édition, l'appogiature étant marquée selon sa valeur, il est facile de la reconnaître.

fcE double ou croupe.

Ital. : Gruppetto. — AH. : Doppelschlag.

Le doublé, appelé groupe aujourd'hui, est un agrément fréquemment employé. Les anciens clavecinistes l'unissaient quelquefois au tremblement ou trille. François Couperin, dans les Explications des agréments et des signes qui se trouvent à la fin de son premier livre, a donné l'exemple suivant du doublé :

Voici les différents groupes que l'on rencontre dans les œuvres d'Emm. Bach

1 Exéc. 2 Exéc. 3 Exéc. 4

Le premier signe entre deux notes ou sur un point : Exéc.

Dans la première édition de son œuvre deuxième, Emm. Bach a employé ce signe de groupe ?, mais il dit lui-même dans sa Méthode qu'il ne s'en servira plus, puisqu'il a la même signification que celui du n° 1 , ci-dessus (1).

(I) Méth. d'Emm. Bach, table V, figures L, LXI, LXIH, LXX.

A l'exception du signe n° A, qui depuis longtemps n'est plus en usage, on trouve dans la Méthode de Hummel, une explication conforme à celle-ci pour l'exécution des groupes; il faut faire observer seulement qu'il a placé ces deux signes ™ &> en sens inverse de l'exéculion indiquée ci-dessus ;■ c'est-à-dire le premier représentant l'exécution du deuxième, et le deuxième représentant l'exécution du premier (1).

Dans les œuvres de Haydn, Mozart, Clementi, on devra encore interpréter ce signe n° 1, de la manière

indiquée par Emm. Bach, quoique beaucoup d'artistes le traduisent aujourd'hui ainsi :[

On en sera convaincu lorsqu'on aura lu attentivement les passages notés plus bas, où, dans une même phrase répétée, on trouve cet agrément tantôt exprimé par le signe qui le représente, tantôt écrit en petites notes, mais en toutes notes; il est évident que les deux passages doivent être exécutés l'un comme l'autre. Clementi, op. 42, (édition Richault,) première sonate, cinquante-cinquième mesure :

Même passage, à la quatre-vingt-dix-septième mesure de la deuxième reprise :

Même œuvre, troisième sonate, première reprise du premier allegro, soixante-quatorzième et soixantequinzième mesures :

Haydn, Caprice en ut (édition de Breitkopf et Hœrtel , à Leipzig), deuxième mesure Presto. ~ jl

Quinzième, trente et unième et trente-troisième mesures de même.

Dans ce Caprice (ancienne édition Pleyel), il y a presque toujours, et mal à propos, tr à la place de oc. (1) Méth. de Hummel, page 409, art. 5.

Haydn, grande sonate à quatre temps, en mi-bémol (n° 1 de l'édition de Breitkopf et Hsertel, ou n° 55, op. 17 de l'édition Pleyel), finale, deuxième reprise :

Vingt -deuxième mesure

Ce groupe doit être exécuté comme les précédents.

Mozart, ariette variée (n° 1 édition Simrock); deuxième variation, deuxième reprise

L'exécution de ce passage serait lourde et difficile si l'on commençait le groupe par la note principale (1). On sait que tous ces auteurs, F. Couperin, Rameau, Emm. Bach, Haydn, Mozart, Clementi, donnent la même signification à ce signe cv>. D'Anglebert suit quelquefois le même principe ; mais lorsque ce groupe pré-

cède un tremblement, il le traduit comme Chambonnières ;

(Voir le tableau des agré-

ments, en tête de son recueil).

Aujourd'hui on néglige d'employer les deux signes «. ~= pour indiquer que l'agrément doit commencer par la note supérieure ou par l'inférieure, se bornant au premier qui est le plus fréquent, et écrivant l'autre en petites notes ; cependant, si celui-ci était représenté par un signe et qu'il y eût doute sur la manière de le rendre, on pourrait poser pour règle presque générale que le groupe doit commencer par la note inférieure, lorsque la note qui le suit descend :

Exemples.

Beethoven, op. 2 ; Largo de la sonate en la, vingt-neuvième mesure

Beethoven, op. 7; Largo, soixante -troisième mesure :

Clementi, op. 12, quatrième sonate, deuxième morceau lento, sixième mesure :

(1) Voir le Dictionnaire de H. Christophe Koch, colonnes 450 et suivantes. (DoppelscAlag.]

Hummel, exemples de ce groupe dans sa Méthode, page 426, n° 2 (1).

Emmanuel Bach, Méthode, table VI, figure XC.

H. Christophe Koch, Dictionnaire, colonnes 449-450.

IiE PISCE.

La plupart des auteurs anciens ont donné au pincé la figure suivante -jf». Les Français ont aussi donné au pincé le nom de mordant; les Allemands le nomment mordent, et les Italiens mordente.

Effet. ou

Exemple :

D'Anglebert et Rameau marquent le pincé de la manière suivante :

Bien que Rameau ait traduit dans l'exemple qu'il donne de cet agrément

on ne doit point se tenir rigoureusement à cette interprétation, car elle rendrait souvent impossible l'exécution même des pièces de cet auteur : le nombre de battements doit être subordonné à la durée de la note. Le pincé

doit généralement se rendre ainsi : [=E|r=f — f—

11 est bon de faire observer que les tables des agréments données par différents auteurs n'ont point été faites avec tout le soin qu'exige une pareille matière. Il est presque toujours arrivé que les musiciens ont cru avoir expliqué suffisamment des choses d'un usage général à l'époque où ils vivaient, et, par conséquent, bien connues des maîtres ; mais les traditions sont sujettes à s'altérer et même à se perdre ; arrive le jour où la chaîne des connaissances est brisée, et l'on regrette de n'avoir pas pour la rétablir des données assez claires et assez précises.

(I) On se rappellera que Hummel place ces signes de groupe en sens inverse.

i,E PORT DE VOIX.

Italien : Portamento. — Allemand : Tragen der Stimmc.

Le port de voix ou portamento est un agrément qui consiste à passer rapidement et en coulant d'une petite note sans valeur dans la mesure à une note principale. Il est souvent suivi d'un pincé.

Exemples :

Effet.

Port de voix coulé.

accords ARPi:ei:s.

Arpéger un accord, c'est, comme le savent tous les musiciens , faire entendre successivement et rapidement, soit en montant, soit en descendant, toutes les notes dont il se compose. L'arpège en montant est le seul employé dans la musique moderne.

Exemples :

François Couperin.

Chambonnières.

Rameau se sert des mêmes signes que d'Anglebert pour l'arpège simple. Pour ce qu'il appelle arpège figuré, on pourra consulter le tableau qui se trouve en tête de ses pièces.

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