LE COULE
Dans les œuvres de Chambonnières, de François Couperin et de plusieurs autres clavecinistes, on trouve un agrément auquel les auteurs que je viens de nommer donnent le nom de coulé ; il consiste dans une petite barre transversale et oblique placée entre deux notes à la distance d'une tierce. Chambonnières l'appelle simplement coulé, et François Couperin le désigne par ces mots : tierce coulée en montant, tierce coulée en descendant.
Exemple donné par Chambonnières dans l'explication des agréments que l'on trouve au commencement de son premier livre de pièces :
Exemple
Effet : =f
Exemples donnés par François Couperin dans la table des agréments qui se trouve à la fin de son premier livre :
La petite note ré, n'appartenant pas à l'accord, est une véritable acciaccature, selon la signification que donnent à ce mot les anciens Italiens, ainsi qu'on peut le voir dans le Dictionnaire de musique de Lichtenthal. La définition de cet agrément, telle que je viens de la donner, se trouve dans la Méthode de piano du Conservatoire de Paris, par Louis Adam (page 36, ancienne édition).
Je trouve dans les pièces de François Couperin (quatrième livre, pag. 8), le coulé placé entre deux notes à
(1) Paris, 1696, in-8°, p. 69.
l'intervalle de quarte ; il doit s'exécuter de la même manière, c'est-à-dire en faisant précéder la note la plus élevée par une petite note inférieure.
Exemple :
Exécution :
iiA suspension.
Voyez la table des signes d'agréments donnée par Rameau en tête de son premier livre de pièces de clavecin.