‹ Le trésor des pianistes (volume 4)Chapitre 49 sur 54 · FRANÇOIS DURANTE · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DURANTE

les Mémoires de Ferrari (1) : « Durante fut un des douze candidats qui se présentèrent pour la place de « maître de chapelle du Conservatoire de la Pietà de' Turchini. On leur donna un madrigal à mettre en « musique à cinq parties réelles dans le style sévère. La composition de Durante l'emporta sur celle de « Vinci, Léo, Feo, Porpora et de tous les autres. »

Cet artiste éminent a été le chef d'une grande école , de laquelle sont sortis , pendant la première partie du dix-huitième siècle , une foule de compositeurs devenus célèbres, parmi lesquels on distingue Pergolèse, Egidio Duni, Traetta, Vinci, Terradeglias , Jomelli, Piccinni, Sacchini , Guglielmi, Paisiello, l'abbé Speranza, etc.

On n'a gravé qu'un petit nombre des ouvrages de Durante ; presque toutes ses compositions sont pour l'église ; il a peu écrit de musique de chambre et rien pour le théâtre, mais on a la preuve qu'il a composé les deux oratorios suivants dont les libretti se trouvent à la bibliothèque du lycée communal de Bologne, savoir : 1° Abigaile, componimento sacro da cantarsi nelV oratorio de' PP. délia congregazione di S. Filippo Neri, detti délia Madonna di Galiera. Musica del signor Francesco Durante. In Bologna, 1740, a S. Tommaso d'Aquino, in-8°. — 2° S. Antonio di Padova, componimento sagro per musica da cantarsi nelV oratorio de' PP. délia congregazione delï Oratorio di S. Filippo Neri di Bologna, detti délia Madonna di Galiera. Musica del signor Francesco Durante napoletano. In Bologna, 1755^ per Girolamo Corciolani. in-8°. — Enfin l'on conserve au même lycée communal un beau portrait sur toile de Durante, où il est représenté à l'âge d'environ quarante ans. Je dois ces renseignements à l'extrême obligeance de M. Gaspari , bibliothécaire de cet établissement. Les collections les plus nombreuses de ses œuvres sont celles qui existent au Conservatoire de musique de Naples et à celui de Paris, mais elles sont l'une et l'autre incomplètes. Je ne vois point sur la liste de cette dernière, donnée par M. Fétis, dans sa Biographie des musiciens, l'ouvrage suivant, cité par de Villarosa : « Concorso fatto par la real capella di Napoli a 21 aprile 1745. » — J'ai sous les yeux une copie italienne du motet qui a servi à ce concours; le titre est conforme à celui donné par de Villarosa, sauf que le jour 21 avril ne s'y trouve pas indiqué. Il est à cinq voix: deux canti, tenore et basso,- il est écrit dans le style sévère (osservato), sans accompagnement ni basse chiffrée; le texte est celui-ci : Protexisti me, Deus. Au surplus, cette composition a été éditée à Paris par Porro.

J'ai dit que Durante était un habile claveciniste : on pourra en juger par les sonates composées de morceaux intitulés Studii et Divertimenti que je reproduis d'après l'édition, aujourd'hui fort rare , qui a été gravée à Naples en un volume in-4° oblong. Je donne ici , pour la satisfaction des bibliophiles, le titre curieux de cet ouvrage , remarquable par sa prolixité et son style passablement emphatique :

A Sua Eccellenza il signor D. Giacomo Francesco Milano d'Aragona , marchese di S. Giorgio , etc. , principe d'Ardore e del sacro romano impero, gran conte di Mazalanes , etc., cavalière de' reali ordini dello Spirito Santo e di S. Gennaro, etc., ambasciadore straordinario del re alla corte di Francia, il quale aile arti più severe che al maneggio de' grandi e pubblici e privati affari si convengono , cio che V alto legnaggio suo e la repubblica da lui richiedevano a modi de' famosi eroi di Grecia lo studio délia musica, patente medicina dell' animo e nobile ornamento de' ben nali e colti spiriti al maggior grado di perfezione si e dilettato di maravigliosamente congiungere, queste sonate per cembalo divise in studii e divertimenti Francesco Durante già Ehirone [Chirone] di questo Achille con riverente mano présenta ed in perpétua testimonianza dell' animo suo devotissimo dona, dedica e consagra.

Passant du titre au contenu de l'œuvre , nous devons dire qu'elle justifie pleinement la grande réputation de l'auteur; elle est non-seulement un témoignage de son habileté comme exécutant, mais on y reconnaît le maître consommé dans l'art d'écrire, et le style en est original.

(1) Aneddoti occorsi nella vita di G. Gotifredo Ferrari, Londres, 1830,in-12, tom. I, pag. 116.

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