‹ Le trésor des pianistesChapitre 5 sur 33 · AUX SOUSCRIPTEURS DU TRÉSOR DES PIANISTES · texte numérisé non relu

AUX SOUSCRIPTEURS DU TRÉSOR DES PIANISTES

Au mois de mai 1 860, M. Fétis annonçait , dans la Revue et Gazette musicale de Paris , la publication prochaine du Trésor des pianistes, c'est-à-dire de la première livraison de cette collection. L'article du célèbre musicographe brille par ces belles doctrines et cette haute philosophie de l'art qui distinguent ses écrits. Au mois de juillet dernier, j'ai fait paraître cette livraison si longtemps, si impatiemment attendue, et M. Fétis a bien voulu consacrer à son appréciation deux articles très-remarquables : ils renferment les plus beaux enseignements, et le dernier contient une analyse très-intéressante des parties publiées.

Depuis lors, plusieurs de mes souscripteurs m'ont témoigné le désir de voir paraître, dans le second volume du Trésor, ces belles pages du savant critique ; moi-même, j'avais eu l'idée de les y introduire, pensant qu'elles seraient lues avec plaisir et qu'elles pourraient être utiles aux jeunes artistes ; mais j'étais retenu par les éloges que me donne M. Fétis, et je craignais que l'on ne pût me soupçonner de vouloir en faire parade. Je savais que, ces paroles si bienveillantes, je les devais à l'amitié dont il m'honore, comme aussi à l'enthousiasme que devait lui inspirer une entreprise si bien en rapport avec ses grandes et nobles idées. Quel spectacle, en effet, pour un artiste tel que M. Fétis, que la résurrection de tant de beaux ouvrages, de tant de grands noms qui semblaient condamnés à un oubli éternel, parce que des générations injustes, dédaigneuses, couraient uniquement vers le nouveau, se figurant follement que le passé ne pouvait avoir, tout au plus, qu'une valeur relative.

Le dévouement de M. Fétis au succès du Trésor des pianistes est tel qu'il nous donne le droit de le considérer dès à présent comme un puissant collaborateur. L'illustre maître venait à peine d'acquérir à Vienne un exemplaire du très-rare volume des pièces de clavecin de Théopile Muffat, qu'il s'empressait de le mettre à notre disposition. Ce recueil fera partie d'une des prochaines livraisons. M. Fétis, lors du dernier voyage qu'il a fait récemment à Paris, nous a apporté six volumes contenant des pièces de clavecin de C.-Ph. -Emmanuel Bach, de Jean-Christophe-Frédéric Bach, de Jean-Ernest Bach, de Ch.-Fréd. -Chrétien Fasch, et de Kirnberger. Les pièces d'Emmanuel Bach sont fort nombreuses et il y en a quantité d'inédites.

Le savant professeur M. Berthold Damcke a bien voulu s'intéresser à notre publication, et nous accorder son concours pour tout ce qui touche à la httérature musicale allemande, comme aussi pour les difficultés relatives à la science de l'harmonie. J'ai la certitude que la collaboration de M. Damcke nous sera d'une grande utilité, lorsque nous donnerons les œuvres de Sébastien Bach, desquelles il a fait une étude approfondie. Après s'être procuré la première livraison du Trésor des pianistes, M. Ernest Pauer, professeur de piano à l'Académie royale de musique de Londres, m'a adressé les paroles les plus flatteuses, et m'a offert de faire lui-même, pour notre collection, une copie de quelques pièces rares faisant partie de sa bibliothèque, parmi lesquelles une toccate de Froberger et deux magnifiques fugues de Jean-Louis Krebs, un des plus grands organistes du dix-huitième siècle et un des meilleurs élèves de Sébastien Bach.

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