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FUMÉS

De la plupart des ouvrages illustrés du xixe siècle il a été tiré des épreuves d'artiste des gravures sur bois, appelées fumés, et aussi des tirages à part avant la lettre. C'est ainsi qu'on en rencontre dans le commerce, pour les principaux ouvrages du xixe siècle; citons Paul et Virginie, l'Histoire de Napoléon de Norvins, Les Français peints par eux-mêmes, Les Mystères de Paris, Notre-Dame de Paris, les Portes de Fer, Le Juif-errant, les Paturot, Les Contes drolatiques, Le Capitaine Fracasse, etc.

Il en fut fait également pour les ouvrages du Nouveau Magasin des enfants, publié par Hetzel : Monsieur le Vent et Madame la Pluie, Histoire d'un casse-noisette, etc.

Les fumés sont les épreuves sur chine ou sur japon pelure tirées par le graveur lui-même sur le bois original, afin de se rendre compte de l'état de ses travaux; la feuille, placée sur le bois encré, est frottée à l'aide d'un brunissoir, de manière à faire venir en blond ou en foncé les plans qui doivent avoir plus ou moins de vigueur; ce travail terminé, les traces de frottement sont comme autant de témoins de l'honnêteté de l'épreuve.

Les fumés ainsi obtenus par le graveur détient toute mise en train d'un imprimeur habile; ils ne devraient pas excéder cinq épreuves par sujet pour constituer vraiment un tirage rare et artistique, et, dans ce cas, ils sont l'objet d'une chasse ardente. Les amateurs les

plus passionnés ont passé toute leur existence à la recherche de ces précieux fumés, regardés comme la finir de toutes les belles vignettes romantiques.

La mise en train typographique à la presse à bras donne également de belles épreuves qui sont, sans plus, des tirages à part.

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