‹ Le trésor du prêtreChapitre 120 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

dix jours de retraite les avaient préparés à sa venue; et il nous est conféré avec ses sept dons : la sagesse, l'intelligence, le conseil, la science, la force, la piété, la crainte de Dieu.

Il est grand, si l'on considère ses effets : car la confirmation a été instituée pour augmenter et fortifier la grâce du baptême, pour rendre adultes les enfants, forts les faibles, hommes parfaits en Jésus-Christ, ceux qui avaient été jusqu'ici des commençants et des créatures imparfaites. Ainsi, ce sacrement donne au confirmé la grâce de confesser et de défendre valeureusement la foi reçue au baptême ; il le prémunit contre les embûches du démon, les erreurs, les affections, les terreurs du monde, comme dit le grand Augustin. C'est à la vertu et à la grâce de ce sacrement que l'angélique Docteur saint Thomas attribue la force, avec laquelle tant d'enfants ont versé leur sang, en témoignage de leur sainte foi.

Il est grand, si l'on considère les cérémonies qui l'accompagnent. Voyez le catéchisme de Montpellier et celui de Gaume. •

Surtout que le curé ne se lasse pas d'insister sur la grave obligation qu'il y a pour les adultes de recevoir ce sacrement. Il invitera ceux d'entre eux qui malheureusement n'auraient pas encore été confirmés, à se présenter sans se laisser arrêter par le respect humain. Souvent des personnes, désireuses de le recevoir dans leur jeune âge, en sont empêchées par des difficultés qui surviennent. Pour les enfants, il est requis seulement qu'ils soient baptisés; leurs'parents devront les présenter avec des vêtements dont l'ajustement et la propreté soient en harmonie avec la grandeur et la sainteté de l'acte et du lieu. Pour ce qui regarde les adultes, le curé doit les exhorter : 4° à se mettre en état de grâce ; cet Esprit de toute pureté ne peut habiter dans un temple souillé, que celui donc qui veut être orné et enrichi de ses dons précieux, lui prépare une demeure convenable et digne de sa majesté; 2° à ne pas se contenter de laver leurs fautes dans le bain salutaire de la pénitence; avec quelle complaisance le ciel verrait les confirmands, consacrer, à l'imitation des apôtres, quelques jours à la ♦etraite, comme cela se pratique en Belgique, adressant au Seigneur de ferventes prières, et jeûnant la veille, autant

que leurs forces pourraient le leur permettre 1 Au moins ceux qui ont déjà été admis au banquet Eucharistique na devraient pas manquer de communier.

2° Des choses que le prêtre doit préparer pour la Confirmation. Il doit prévenir les parents d'apporter des bandelettes pour ceindre le front de leurs enfants, après qu'il a été oint du saint chrême [A] ; il aura soin de préparer du coton pour essuyer Fonction, de la mie de pain, afin que l'évêque se purifie lés doigts, de l'eau dans un vase, et un essuiemain pour le prélat, après la Confirmation, Tout ce qui aura touché le saint chrême devra être brûlé, et il faudra jeter les cendres dans la piscine. Quant aux bandelettes, il suffira qu'un prêtre les lave, et qu'elles ne servent plus à des usages profanes.

Pour les parrains, le pontifical romain demande qu'un seul tout au plus serve pour deux confirmands. Toutefois, afin d*obvier aux inconvénients résultant de la parenté spirituelle que l'on contracte, en étant parrain à la Confirmation, l'usage permet qu'il n'y ait qu'un seul parrain pour tous les confirmands du sexe masculin, et qu'une marraine pour les confirmands du sexe féminin. Les parrains doivent avoir l'usage complet de la raison; il faut qu'ils soient confirmés et instruits des mystères de la religion, et qu'ils aient de bonnes mœurs. Ainsi, s'ils ne pouvaient pas être admis pour parrains au Baptême, ils devraient être refusés comme tels pour la Confirmation. Les pères et mères ne peuvent pas non plus être ici parrains de leurs enfants, et ceux qui ont servi de parrains au Baptême ne peuvent pas être de nouveau parrains de leurs filleuls. Il ne peut pas non plus y avoir un parrain et une marraine à la fois ; mais il y aura un parrain ou une marraine selon le sexe du confirmand. Si ceux qu'on présente à la Confirmation sont des petits enfants, on les tient sur le bras droit ; si ce sont des adultes,

(1) Autrefois, c'était l'usage de ceindre le front du confirmé d'un bandeau qu'il conservait plusieurs jours; cette pratique, en témoignant le respect dû au saint Chrême.' annonçait aux fidôles le soin avec lequel ils doivent conserver la grâce de la confirmation. Aujourd'hui, on ne se sert plus de bandeau, du moins dans la plupart des diocèses de France ; un prêtre essuie immédiatement après l'onction, le froot des confirmés, avec du coton. (Mgr. Gousset.]

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