‹ Le trésor du prêtreChapitre 131 sur 311 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

sainte Vierge, et les petits garçons une image expressive et charmante de l'Enfant Jésus.

La rénovation des promesses du baptême qu'on fait le soir en France a aussi quelque chose de très-intéressant. Puis vient la consécration à la très-sainte Vierge, et une exhortation chaleureuse aux parents dans le but de leur recommander d'avoir le plus grand soin de l'éducation de ces chers petits enfants. Il y a dans l'Exode un beau passage : la fille de Pharaon voit Moïse pleurant sur le Nil ; touchée de compassion, elle l'adople pour son enfant, le prend et le rend a sa mère en lui disant : « Accipe puerum istum, et nutri mihi : ego dabo tibi mercedem tuam(4). » Le prédicateur en s'inspirant de cette scène, biblique et de ces paroles, dont l'application est si naturelle en cette circonstance, produira un effet touchant et admirable. Cette cérémonie remue toujours si profondément le cœur, elle produit une si vive impression dans les âmes, que plusieurs curés belges la renouvellent une fois dans l'année, en consacrant les, petits enfants à la très-sainte Vierge (2).

Écoles dominicales.

Une première communion bien faite ne suffit pas : il est nécessaire de prendre nn moyen pour assurer la persévérance. Quel sera ce moyen? Les belges, aussi zélés que féconds en industries pour instruire et sanctifier la jeunesse, en ont inventé un qui est excellent : celui des écoles dominicales. Voyons en quoi il consiste.

Son objet. L'objet de cette association est de donner aux enfants et aux adultes qui en font partie, le bienfait d'une éducation et d'une instruction chrétienne adaptée à leur âge, à leur sexe et à leur condition. L'éducation comprend l'enseignement du catéchisme, les conseils et les avis capables de graver dans leur cœur encore tendre la sainte crainte de Dieu, l'horreur de toute espèce de vice, l'amour de la vertu joint au fréquent usage des sacrements. L'instruction se borne à la lecture, à l'écriture et au calcul. Ces

(1) Exod. il, 9.

(2) On trouvera dans notre Manne du Prêtre une formule spéciale pour bénir les petits enfants : elle est approuvée par Pie IX.

écoles se tenant le dimanche vers le soir, alors que l'enfer tend le plus de pièges à la jeunesse imprévoyante, il est facile de voir le nombre considérable de péchés qu'elles empêchent, et le précieux mérite qu'ont devant Dieu les membres d'une pareille association.

Les membres de l'association. Une association de dames s'occupe des filles ; une association de messieurs prend soin des garçons ; et, dans chaque association, il y a des membres actifs et des membres honoraires. Quelques-uns, en effet, contribuent à une œuvre si sainte en enseignant eux-mêmes; d'autres lui prêtent leur concours en faisant seulement de pieuses libéralités ; enfin, plusieurs y coopèrent de Tune et l'autre manière. Ceux qui soutiennent l'école par leurs aumônes sont les membres honoraires; les autres sont les membres actifs.

Règlement de V association. Cette association comprend d'abord un conseil composé du président, du secrétaire et du trésorier. C'est à eux qu'il appartient d'administrer les fonds, de recevoir dans l'association ceux qui méritent d'y être admis, et de faire tout ce qu'ils croient convenable et avantageux au bien des éccles.

Voici l'ordre à suivre dans ces écoles dominicales : on commence par un cantique et une prière; c'est par là que s'ouvre la ciasse. Aussitôt après, la leçon de catéchisme a lieu : afin que les élèves profitent 'davantage, on a soin de les diviser en groupe de dix et au-dessus, si on le juge convenable. Il vaut mieux que ce soit un prêtre qui explique la doctrine chrétienne; il devra toujours le faire d'une manière brève et intéressante. Puis vient la leçon de lecture, d'écriture et de calcul ; et on termine par une prière et un cantique. Tout cela ne doit pas durer plus de deux heures.

Pour exciter l'émulation, on donnera des billets qui attestent l'assiduité à la classe, l'application et la bonne conduite ; de temps en temps on accordera des récompenses et vers le milieu de juillet, on couronnera le cours par une distribution de prix un peu plus solennelle. Il sera bon de faire une communion générale tous les trois mois.

Est-il rien de plu* édifiant que de voir tant de dames, appartenant presque toutes à la classe la plus élevée, se consacrer avec un zèle héroïque à cette sainte œuvre, à Madrid, a Séville, à Saragosse, à Yalladolid, à Salamanque, et dans

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