‹ Le trésor du prêtreChapitre 130 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

C'est pour cela que S. Charles ordonne à tous ses curés : t Ut ad communionem idoneos reddant pueros, statim ac ad decimum annum pervenerint » (lib. 9). Je n'approuve pas davantage qu'on accorde facilement la permission de communier aux enfants de sept à huit ans.

Exercices. Il conviendra de donner à la première communion la plus grande solennité possible. A l'approche de ce jour, le pasteur zélé ne manquera pas de dire aux parents d'envoyer leurs petits garçons et leurs petites filles aux exercices qu'il a l'intention de faire durant trois, quatre ou cinq jours (1). Une instruction, un catéchisme séparés par la sainte messe, pourront remplir la matinée; une autre instruction et un autre catéchisme séparés par le saint ro-

qui n'apportait pas chaque semaine au moins trois peseta (monnaie d'argent qui vaut 50 cent.), recevait une forte correction. Que pouvaient attendre la religion et la société de semblables dispositions? Or, si un jour Dieu, à son tribunal, devait dire au curé négligent : Ces enfants que tu vois si dépravés auraient été des modèles d'innocence, si tu les avars instruits, confessés souvent ; si tu leur avais donné la communion à dix, à onze ans, et à douze au plus tard; qu'aurait à répondre l'infortuné prêtre à un semblable reproche?... Quelle responsabilité !

(1) La multitude de choses que cet ouvrage embrasse ne me permet pas de proposer au curé une série d'instructions et de catéchismes pour les exercices de la première communion. Je me contenterai de dire que, plus le curé est simple en cette circonstance, plus il se met à la portée de ces tendres intelligences, plus il recueille de fruits. On doit laisser de côté les textes latins, l'agglomération des autorités, de la patrologie et toute espèce de prétention. 11 ne faut pas craindre d'apporter des exemples, de se servir de comparaisons familières, d'interpeller les enfants, de leur demander s'ils ne sont pas désolés d'avoir offensé un Dieu si bon... de l'avoir crucifié tant de fois... s'ils diront tous leurs péchés au confesseur... s'ils recommenceront à désobéir à leurs parents... s'ils iront encore avec de mauvais compagnons, etc., etc. Qu'il les laisse répondre : Oui, mon père..., n>n mon père; et il verra quel enthousiasme il excitera, et combien de larmes il fera ainsi couler des yeux des parents et des adultes qui se trouveront là.

— Voir à la même librairie les deux ouvrages intitulés : La Première Communion, et l'Ange Conducteur de l'enfant en retraite pour la première communion, par M. l'abbé Llgrndre, ainsi que le Cours complet d'instructions pour la retraite et le jour d'une première communion, par M. l'abbé Duugalé.

saire, occuperont les enfants dans l'après-midi; et on fera toujours en sorte de rendre ces exercices agréables, par le chant d'un cantique au commencement et à la fin.

Le curé aura soin surtout que les enfant? fassent avec étendue, et en différentes fois, une confession générale de toute leur vie, insistant particulièrement sur la nécessité de ne rien cacher par honte au confesseur. Le jour de la communion, on ne va plus au saint tribunal que pour se réconcilier ; tous doivent avoir fait leur confession auparavant, et il faut qu'ils soient parfaitement instruits sur la manière de se présenter à la communion, et sur l'ordre à observer en ce moment fortuné.

Solennité de la communion. Le jour de la première communion, les enfants demanderont pardon à leur père et à leur mère, et recevront leur bénédiction ; ils se présenteront avec des vêtements neufs, s'il est possible, et accompagnés de leurs parents. On attache en Belgique une telle importance à cet acte si religieux, que, dans une paroisse où la première communion n'avait lieu que tous les deux ans, à cause du petit nombre d'habitants, je trouvai douze prêtres qui allaient en procession, chantant le Veni Creator, pour chercher douze jeunes communiants. En France, pour que la cérémonie soit plus nombreuse et plus solennelle, ceux de l'année précédente \ prennent part.

Le curé fera un discours plein de ferveur avant et après la communion, et, au moment de la distribution du pain Eucharistique, on chantera un cantique pieux, et les enfants porteront à la main un cierge allumé, symbole des vertus théologales qui doivent orner leur âme innocente. Rien n'est émouvant comme le cérémonial dont se servent en cette circonstance les Pères Scolopes (1), et que la sacrée Congrégation des Rites a approuvé le 48 février 1843. La solennité se termine par une procession magnifique que ces Pères ont coutume de faire avec les enfants. Assurément cette dernière cérémonie ne manque jamais d'être attendrissante et féconde en impressions salutaires, surtout si, comme cela se pratique à Barbastro, les petites filles en blanc portent sur leurs épaules une gracieuse statue de la

(1) Congrégation de prêtres réguliers fondée par S. Joseph lt Calasanzio.

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