DEUXIEME PARTIE
tention de donner les jours suivants. Il n'y eut que sept petits garçons et huit petites filles qui se présentèrent au jour indiqué. Le Père commença donc les exercices, égayant ses instructions et ses exhortations par des cantiques variés et des histoires. Le dimanche, il ouvrit la mission ; il eut le matin un peu de monde, à cause de la messe et de la communion des enfants ; mais dans l'après-midi, et les quatre jours suivants, il ne put réunir plus de sept personnes, y compris le curé et le petit clerc. Il ne laisse pas pour cela de prêcher le matin et dans l'après-midi, ajoutant aux sermons des cantiques charmants. Le cinquième jour de la mission, l'auditoire commence à devenir plus nombreux ; il y avait dix hommes et vingt-et-une femmes autour de sa chaire. Dix personnes seulement communièrent le dixième jour : c'était apparemment beaucoup pour une paroisse si indifférente, car le curé, ne pouvant contenir sa joie en rentrant au presbytère, s'écria : « 0 prodige de la grâce! qui aurait jamais pensé que je verrais tant de communions dans ma paroisse, en dehors du temps pascal? » Dieu permit qu'un homme vînt se confesser : c'est de cet incident que dépendait le succès de la mission. Le Père le reçut et le traita avec toute la bonté possible ; et le pénitent en fut si touché, qu'il parcourut les maisons et les cabarets, exhortant tout le monde à suivre la mission. « Vous trouverez un très-bon confesseur ; n'ayez pas peur ; allez à lui, allez-y avec une entière confiance. » Le triomphe ne pouvait pas être plus grand : tout-à-coup l'église commença à se remplir et à devenir trop petite ; il y avait du monde à l'intérieur et au dehors. Bientôt le jour ne suffit plus au missionnaire pour entendre les pénitents qui se présentaient à lui; et la majeure partie se composait d'hommes qui ne c'étaient pas confessés depuis un grand nombre d'années. La mission dura quatre semaines, parce qu'il fallut reprendre par la base l'instruction religieuse, et que les douze premiers jours avaient été complètement stériles. Mais grâce au zèle persévérant de ce Père imper urbable, et à la bonté avec laquelle il avait reçu le premier homme qui vint se confesser à lui, il y eut deux communions générales, une de femmes, l'autre d'hommes, et cette dernière fut la jrfus nombreuse. Pour vaincre plus parfaitement le respect oumain, il fit placer à terre au milieu de l'église un cru-
cffix, exhortant tout le monde à le vénérer et à l'adorer, comme cela se pratique le Vendredi-Saint; et il y eut des homme, qui le firent cinq ou six fois, pleurant publiquement leurs péchés! Il voulut que les hommes et les femmes firent ensuite une communion générale ensemble ; tout le monde chercha à le . détourner de ce dessein parce que, disait-on, communier deux fois l'année, était une chose inouïe dans ce pays ; et cependant il persista, et les eom-
' munions furent si nombreuses qu'il y eut pre, de mi le ho<tie< de distribuées durant la mission. Il établit deux con-résations. l'une pour les jeunes gens, 1 autre pour les jeunes "filles, afin de les préserver des dangers du monde, d'apurer la fréquentation des sacrements, et avec elle la conservation des fruits de la mission. Les cures ne pouvaient croire ce qu'ils vovaient de leurs propres veux, et le, expressions leur manquaient pour remercier le Père ; ils disaient tous que. si le peuple croupissait dans 1 indifférence et dan- Ignorance cela tenait à leur grande négligence, à leur manque d'industrie et au peu d'ardeur de leur zèle.