DEUXIÈME PARTIE
grave pour le faire. Voici différentes raisons qu'il pourra leur donner : 1° La difficulté avec laquelle le Souverain Pontife dispense, surtout pour certains degrés, quand on «st pauvre, et qu'un pur caprice est presque l'unique raison qu'on a de se marier ainsi ; 2° le retard et les dépenses que cette dispense occasionne; 3° le grand nombre de péchés auxquels donne lieu la familiarité même qu'il y a entre eux, en raison de leur parenté; 4<> les tristes résultats que produisent ces unions entre parents, surtout entre cousins germains (1). — Que le curé tasse surtout son possible pour les porter à renoncer à ce mariage, si les contractante se trouvent au second degré, ou du premier au second degré d'affinité, consanguinité, compaternitéou filiation spirituelle; car, s'il n'y a pas un motif très-grave, le Saint Siège n'accorde pas ordinairement de dispense dans ces cas.
* Mais supposons qu'ils persistent à vouloir contracter
mariage, il faut alors demander la dispense. Autrefois, les curés ou les parties adressaient leur supplique directement h Rome, pour obtenir dispense même d'un empêchement public* Aujourd'hui, il est assez généralement établi, du moins parmi nous, ou de faire rédiger la supplique à la chancellerie de l'évêché, ou de la faire viser par l'évêque.
(I) Le docteur Bemis de Kentucky a découvert, parla statistique, qu'aux Etats-Unis, dans les établissements destinés à recevoir des infirmes de tout genre, sur cent sourds-muets, on en compte le dixième qui sont nés de mariages entre cousins germains; sur cent aveugles, il y en a le cinquième; sur cent idiots, il y en a le quinzième. Dans le Massachussets, il y a dix-sept familles de ce genre, qui comptent quatre-vingt quinze enfants. Parmi eux quarante-quatre sont idiots, quatorze scrofuleux, et trente-sept seulement ont une santé médiocre. Dans l'Ohio, de huit cent soixantetreize mariages entre cousins germains, sont nés trois mille neuf cents enfants, dont deux mille quatre cent quatre-vingt-dix sont affligés de graves difformités, ou sont complètement imbéciles. On cite le cas d'une famille composée de neuf enfants ; les neuf sont idiots. (DrDouay ; Traité de l'hygiène des familles). Le Dr Boudin, dans son mémoire sur les sourds-muets, prouve, avec des données irrécusables, que le nombre des sourds-muets de naissance issus de mariages contractés entre parents, s'élevait à vingt-cinq pour cent à Lyon; de vingt-huit pour cent à Paris, et de trente pour cent à Bordeaux.
Pour les empêchements secrets, les curés ou les confesseurs peuvent encore adresser leur supplique directement à la Pénitencerie. Mais il y a plus de sûreté et de facilité pour eux de l'adresser à l'évèché ; on évite ordinairement des frais, et on est moins exposé à faire des suppliques nulles. D'ailleurs, il peut arriver que l'évèque ait la faculté, de droit ordinaire ou par induit, de dispenser de l'empêchement, ce qui abrégerait le temps et diminuerait la dépense. S'il n'a pas cette faculté, il aura lui-même recours à Rome. Cependant, si le confesseur avait lieu de craindre, eu égard aux circonstances, de porter indirectement la moindre atteinte au sceau de la confession en écrivant à l'évèché, il devrait alors recourir directement au grand pénitencier, à moins qu'il n'eût obtenu du pénitent la permission expresse de s'adresser d'abord à l'évèque. — (Mgr. Gousset). *