DEUXIÈME PARTIE
mariage, par une résidence de six mois dans la pat >isse où il demeure actuellement, s'il est venu d'une autre paroisse du diocèse ; ou par une résidence d'un an, s'il est venu d'un autre diocèse. Les mineurs n'ont pas d'autre domicile pour le mariage que celui de leurs parents; et, s'ils ont un autre domicile de fait, ils doivent y faire publier leurs bans, aussi bien que dans la paroisse de leurs père et mère ou de leur tuteur. * Et comme en ordonnant ces publications le saint Concile se propose d'empêcher les mariages clandestins, qui causaient autrefois de graves perturbations dans les familles et la perte de beaucoup d'âmes, il ne faut pas être facile pour en accorder dispense, sans raison légitime, et on doit les faire « tribus continuis diebus festivis inter Missarum solemnia (1). »
2° A l'occasion de la suppression de certaines fêtes en Espagne, on a soulevé cette question : Pourrait-on faire validement ces publications les jours de fêtes supprimées, sans aller contre l'esprit et la lettre du Concile de Trente (2)? La congrégation du Concile avait déjà résolu ce doute en répondant à l'évêque de Brunn en Allemagne, et à celui de Todi dans l'Ombrie : An in diebus festivis abrogatis fieri possint matrimoniorum denuntiationes? Négative, nisi de licentia episcopi, cum condilionibus ad formant. Brunnen. (8 juillet 4780). Ainsi, on ne le peut pas, sans la permission de l'évêque ; mais, dans le cas où il y aurait des motifs graves, si le concours du peuple à la messe en ces jours est tel, qu'il soit possible de rendre public, comme aux jours de fêtes de précepte, ce projet de mariage, et de découvrir les empêchements qui seraient susceptibles d'exister, l'évêque pourra dispenser in singulis casibus, selon qu'il le jugera convenable.
3o Les trois publications étant faites, on ne procédera pas immédiatement à la célébration du mariage; mais on laissera s'écouler un jour : il ^era même prudent d'en laisser
(1) Le temps le plus favorable pour faire les publications sen,ble être entre l'Evangile et l'< offertoire de la messe; mais, si le curé les avait oubliées, il pourrait y suppléer durant le reste de la messe, pourvu que ce ne soit pas pendant le Canon, ni de la Préface à la Postcommunion.
(2J Conc. Trid. sess. xxiv, c. 1.
passer trois, s'il y a eu dispense de deux publications (1), bu si elles ont été faites en trois jours consécutifs.
4° Pour terminer les avis que nous donnons au curé sur les publications, nous ajouterons que, quand elles se font par ordre du supérieur ecclésiastique, on ne peut les suspendre sans recevoir de lui un contre-ordre, à moins qu'on ne découvre un empêchement certain ; en ce cas. le Rituel romain lui-même prescrit de ne pas aller plus loin : « Si quid obstat, parochus non ultra procédât. » Dans ce cas. il donnera immédiatement avis de l'empêchement à la com ecclésiastique. — « Si vero infra duos menses post factas denuntiationes matrimonium non contrahatur, denuntiationes repetantur, nisi aliter episcopo videatur.
IV. Que fera le cure quand il découvrira V empêchement? Je ne puis pas entrer ici dans les détails, ni m'étendre. par exemple, sur la formation de l'arbre généalogique, pour compter les degrés de parenté ou d'affinité, fous les auteurs donnent ces notions.
Promesse de mariage. * L'empêchement prohibitif qui résulte des fiançailles, n'est pas susceptible de dispense, puisqu'on ne peut en dispenser sans le préjudice du tiers. Il ne cesse que par le consentement mutuel d°s parties. Le curé doit donc, quand il découvre cet empêchement, faire tous ses efforts pour porter le fiancé à tenir ses promesses, ou a obtenir un désistement de la personne intéressée. Mais si la chose n'est pas possible, et que les parties persistent à s'unir ensemble, malgré cet empêchement qui les lie, le curé procédera à la célébration de leur mariage ; car il est à craindre qu'un mariage fait sans inclination, n'ait des suites fâcheuses. Il ne faut pas oublier ici, que, dans le cas ou quelqu'un voudrait se marier à une parente de sa fiancée au premier degré, il ne le pourrait pas, sans dispense, à cause de l'empêchement dirimant connu sous le nom d'honnêteté publique.
Voir page 368, note.
Parents, Si des informations il résulte que les futurs époux sont parents, le curé devra le leur dire, car têt ou tard ils le sauront aussi. Il s'efforcera de les détourner de s'unir ensemble, tomes les fois qu'ils n'auront pas un motif
(1) Berar. t. ni, dist. 3.