DEUXIÈME PARTIE
an prédicateur zélé, sinon pour tout le carême, au moins pour huit ou quinze jours; si on ne pouvait en trouver un, il faudrait au moins donner un sermon tous les dimanches dans l'après-midi, et faire le chemin de la Croix le vendredi, à la chute du jour, etc. — 3° Exhorter les pécheurs à abandonner leurs mauvaises habitudes, afin de se disposer à la communion pascale; leur dire de ne pas attendre les derniers jours pour faire leur confession. 4° Appeler un confesseur étranger, après en avoir donné avis au peuple. On évitera ainsi plus d'un sacrilège. Voyez page 333 de ce volume.
Semaine Sainte. Quelle salutaire impression les cérémonies qui se font en ces jours sont de nature à produire dans les âmes, surtout si on les explique bien, et si on les fait avec le respect, la majesté et la dévotion que l'Eglise demande.
Pâques. Le curé souhaitera à ses paroissiens de bonnes fêtes pascales; et il leur exposera les espérances et les consolations renfermées dans le dogm? de la Résurrection. Il s'appliquera à les prémunir contre La dissipation qui s'insinue si facilement dans l'àme et qui est capable de leur faire fjerdre en quelques jours le peu de ferveur acquise durant e carême. Il les remerciera du zèle avec lequel ils ont assisté aux prédications et accompli leurs devoirs. Quel malheur, pourra-t-il-dire, qu'il y en ait encore qui n'ont pas rempli cette obligation sacrée! Mais il est toujours temps... Et il les invitera à venir.
Fête-Dieu. Voilà une octave très-favorable pour obtenir des communions. On excitera les fidèles à s'approcher du sacrement d'Eucharistie en publiant les indulgences nombreuses qu'on peut gagner en ces jours. On donnera à à la procession toute la pompe et la splendeur possible; on fera en sorte que le cortège, léchant, les lumières, l'ornementation des rues et des balcons, les reposoirs, tout soit digne de cette divine majesté qui, par un effet de son ineffable bonté, veut bien se laisser porter en triomphe dans les rues. Tout cela pioduit un enthousiasme extraordinaire, ranime la foi des bons et couvre les méchants de confusion (1).
Fête du saini Patron. Voici ce que le curé peut dire à ses
(1) Nous omettons ici quelques lignes relatives à ri£bpagae,
468 TRÉSOR DU PRÊTRS
paroissiens le dimanche précédent : Gomme vous profite! si bien des conseils que je vous donne, je vais aujourd'hui vous adresser un avis à mes yeux très-important. Tel jour est la fête de votre saint Patron ; je vous prie, pour l'honneur du pays, pour le bien de vos âmes, et pour ia gloire de ce grandsaint, d'employer ce jour d'une manière convenable. Sovez gais, divertissez-vous, mais ne vous livrez pas à des jeux défendus, à des rixes, à des choses scandaleuses, à l'ivrognerie; récréez-vous, mais n'offensez pas Dieu. Ne déshonorez pas, n'outragez pas un si saint patron le jour même de sa fête. Il est arrivé au ciel en pratiquant la prière, la pureté et la pénitence; et vous ne pouvez pas penser l'honorer et vous attirer sa protection en vous abandonnant à tous les excès de la table, à l'impudicité, et en tombant dans les désordres qu'il a le plus abhorrés et condamnés durant sa vie.
Jubilé de la Portioncule. C'eût été un grand malheur si, avec la suppression des religieux de l'ordre séraphique, le peuple chrétien avait vu disparaître une indulgence si authentique, si extraordinaire, si abondante en fruits de salut. Les curés et les prêtres zélés sauront donc que, là où ont été supprimés les couvents de cet ordre, Rome accorde trèsfacilement de transférer dans l'église paroissiale ou dans une autre, le jubilé de la Portioncule; même pour leséglises qui appartenaient autrefois aux Pères Franciscains, il sera nécessaire de recourir au Souverain Pontife, si on veut gagner ces indulgences. Voyez L. X, ch. iv, appendice.
Jour des Morts, 2 novembre. Quelles graves leçons ce jour apporte avec lui! Mortels, nous disent ces défunts, « Memor esto judicii mei : sic enim erit et tuum; mihi heri, tibi hodie (4). » Ranimer la précieuse dévotion aux âmes du Purgatoire, par les moyens qu'on croira les plus favorables, durant le cours de l'octave (2).
Autres époques de Vannée. Premier et troisième dimanche du mois. En Belgique, et en certains endroits de l'Espagne, les curés zélés qui ont dans leur paroisse les confréries du Rosaire et du Saint-Sacrement, annoncent le dimanche pré-
(',) Eccli. xxxvni, 23.
(2) L'auteur rappelle ici le privilège particulier à i : Espagne ea c» jour.