‹ Le trésor du prêtreChapitre 250 sur 311 · TROISIÈME MOYEN · texte numérisé non relu

TROISIÈME MOYEN

ANNONCER LES FETES A i/aVANCE.

Voilà un moyen facile et très-conforme à l'esprit de l'Eglise. Cette mère ingénieuse et remplie de sollicitude poup notre salut entretient et excite notre ferveur, par le doux .souvenir des saints mystères de notre rédemption; et ce qu'elle se propose de faire revivre en nous, ce n'est pas encore tant cps souvenirs, que les effets admirables produits dans le monde par les mystères de la vie de Jésus-Christ sur la terre. Quel chrétien pourrait donc ne pas se sentir tout ému, quand il considère de si douces, de si consolantes -choses! Ainsi, le curé zélé retirera les plus précieux avantages, en annonçant à l'avance ces ditférentes fêtes, avec les indulgences accordées par l'Eglise à ceux qui les célèbrent dignement, et en s'efforçant de prévenir les excès auxquels les chrétiens ont coutume de s'abandonner dans •ces solennités. On ne saurait dire combien de communions et de fruits il obtiendra, en lisant seulement d'une manière claire et distincte ce que porte le rituel du diocèse, et en ajoutant que ce jour-là et la veille, il se rendra de bonne heure au confessionnal. Afin de faire comprendre ces choses d'une manière plus pratique, nous allons parcourir les principales fêtes et époques de l'année, et nous noterons les avis qu'il convient de donner à l'occasion de chacune d'elles.

Le nouvel an. Il est juste que le pasteur souhaite à ses brebis une année heureuse et prospère, une année sinon remplie de biens temporels, et exempte de peines et d'adversités, du moins féconde en mérites et en biens célestes. Il exhortera donc tout le monde à se féliciter mutuellement à cette occasion, et à oublier tout ressentiment, toute haine. Et ici, que de réflexions pleines d'à-propos il pourra faire, en considérant les immenses bienfaits dans l'ordre de la nature et de la grâce, accordés par Dieu à chacun, durant l'année qui commence : ie prix inestimable de l'année présente, le mauvais usage de tant d'années écoulée?, l'incertitude où l'on est qu'une autre année sera accordée! Que de puissantes raisons à apporter 1

Epiphanie. Ce mystère plein de suavité nous rappelle la grâce incomparable que le Seigneur nous a faite en nous appelant au christianisme, comme les saints Rois : a De tinebris vos vocavit in admirabile lumen suum (4). » Nous devons donc, à l'imitation des rois mages, obéir aux inspirations divines : \° promptement; « vidimus et venimus »; 2o généreusement; ils laissent tout et ils bravent tout; 30 avec constance; rien ne peut les arrêter, ni la disparition de l'étoile, ni la crainte d'Hérode, ni la pauvreté de l etable; et ils ne se donnent pas de repos qu'ils n'aient consommé leur sacrifice en offrant des dons au Seigneur.

Septuagèsîme et carnaval. Ce temps est destiné a préparer les Bdèles à la pénitence du carême. Au jour fixé, le curé lit le mandement de Tévêque, expliquant s'il est besoin, le dispositif relatif à l'abstinence et à tout ce qui est prescrit pour la sainte quarantaine (2). Il s'efforce aussi d'empêcher les scandales du carnaval, en célébrant quelque office pour la réparation des injures que ieçoit Notre Seigneur dans le sacrement de son amour; et il exhorte enfin les udeles a visiter durant ces jours, avec ferveur, Notre-Seigneur Jesus- Chrst présent dans l'Eucharistie. On trouvera dans 1 Ancre du salut, un grand nombre d'actes d'amende honorable.

Ç«*-ême, Cendres. Ce jour nous fait souvenir de ce que nous a>uns été; de ce que nous sommes; de ce que nous serons; « Quid superbis, terra et tinis » (3). Le cure rappellera l'obligation de l'abstinence, et il tâchera de prémunir les fidèles contre les scandaleux excès qui ont lieu alors au sein des grandes et même des petites populations.

Ecce niuic tempus acceptabile, ecce nunc dies salutis Ki). C'est maintenant le temps de raviver le zèle. 4* Le .curé donnera des explications sur le jeûne, montrera combien 1 est agréable à Dieu, et indiquera les personnes qui sont obligées de l'observer... Vous ne pouvez pas jeûner?... Au moins vous oouvez vous abstenir du péché; jeûner de ces mauvais regards, de ces paroles, de ces actions deshonnetes, de ces médisances, de ces calomnies, etc. — 2° Demander

(2! Nouslubsti tuons ces lignes au texte qui fait mention ici d'usages particuliers à l'Espagne.

(3) Eccli. 1, 9. (4) 2 Cor. vi» 2.

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