‹ Le trésor du prêtreChapitre 254 sur 311 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

der aucune grâce, pensant à des choses indifférentes, — tell» est hélas trop souvent l'attitude de ceux-mêmes qui passent pour dévots ; — tous y assisteraient pour le plus grand avantage de leur âme, et reviendraient de ce nouveau calvaire, comme le centurion, pénétrés du plus vif repentir de leurs péchés.

Comment obtenir ce résultat? J'ai composé à cet effet une lecture qui, grâce à Dieu, produit des elîets très-salutaires, non-seulement dans les missions et les neuvaines, mai» encore tous les jours de l'année; car c'est un sermon dissimulé, qui ne fatigue pas ; et comme il ne fait pas perdre de temps aux auditeurs, ceux-là mêmes qui n'aiment pas le» prédications, l'écoutent volontiers et en retirent un grand profit. Je veux parler de la manière de bien entendre la messe qui se trouve dans Y Ancre du salut.

Quelques curés voyant la ferveur et le plaisir avec lequel le peuple assistait à la messe, quand on lui expliquait ces mystères pendant la mission, ont introduit l'usage de cette lecture durant une des messes les jours de fêtes d'obligation. Cinq minutes avant, le prêtre monte en chaire, et lit avec onction le préambule que j'y ai placé : Il n'y a pas iïœuvre; etc. Quand il arrive à l explication des mystères qui sont représentés à la messe, le célébrant monte à l'autel, et commence à se revêtir des ornements sacrés en présence du peuple. A cet effet, on a préparé les ornements sur une crédonce; le calice est déposé sur l'autel ainsi que le' missel, etc., afin qu'il n'y ait pas d'interruption; le célébrant évite de se précipiter, et le lecteur fait sa lecture de façon à ce que les explications qu'il donne, correspondent à ce que fait le prêtre.

Grâce à ce zèle, j'ai vu dans des neuvaines et des mois de Marie, auxquels précédemment presque personne n'assistait, l'église ne plus pouvoir contenir le peuple, même les jours de travail, quand cet exercice avait lieu ; et beaucoup de curés ont vu disparaître, sinon en totalité, au moins en grande partie, tous les manquements dont se rendaient autrefois coupables les fidèles en assistant à cet auguste Sacrifice.

Mais quelque bonne et exquise que soit une nourriture, si on la sert tous les jours, elle arrive à engendrer le dégoût. Ue même, quelque pieux et agréable que soit un exercice

religieux, si on ne sait pas y mettre de temps en temps de la variété, il finit par fatiguer et par faire peu d'impression sur Tâme. Pourtant, celui qui voudrait avoir différentes méthodes pour nourrir la dévotion des fidèles, et mettre de plus en plus à leur portée le trésor infini des grâces renfermées dans un si admirable sacrifice, pourra les trouver dans les dernières éditions du livre de piété dont je parle à la page 4 03. Là où il n'y a pas de prêtre pour faire la lecture durant la messe, je ne vois pas d'inconvénient à charger de ce soin pieux un ecclésiastique in sacris, ou même un des notables de l'endroit dans les populations peu nombreuses.

Le carême, l'avent et la neuvaine des âmes du Purgatoire paraissent être les époques les plus favorables pour mettre ce moyen en pratique. On pourra encore s'en servir aux fêtes supprimées; et il est possible que cet usage attire ces jours-là au saint Sacrifice une ailluence considérable.

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