‹ Le trésor du prêtreChapitre 277 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

gione confessiones exceperint ; idque in gratiara eorum qui Missionis tempore non potuerint absolvi, postea vero emendati ad eumdem redeant confessarium.

Ut II!, ac Rev. Dom. Episcopus, si id utile judicaverit, unum vel alterum sacerdotem qui matrimonia nulla ob occultum criminis aut affinitatis impedimentum ex copula illicita revalidare possit, constituere dignetur.

3» Confessarii. Gurandum maximopere , ut sufficientes numéro praesto sint confessarii. Ut autem numerus ille ex pœnitentium multitudine dimetiatur, attendendum est tertio tantum aut quarto die initium dari confessionibus audiendis, et pœnitentes vix ultra 40 vel 50 uno die audiri posse, propter multipliées quae tum fieri soient confessiones générales. Porro plures, quam opus videtur, petendi sunt confessarii; ne postea desint. si forte aliqui non adveniant, aut ante tempus praefixum discedant. ldcirco exposcat Parochus, si confessarios advocandi cura ipsi demandetur, ut responsum certum dent invitati, accedantque diligentes, magnammi et prompli ad laborem.

Licet Missionis tempore pœnitentes bene plerumque dis-

{)onantur, et hinc gaudio abundare soleant qui sacro conessarii ministerio funguntur : tamen diffitendum non est mimsterium istud solito tune esse difficilius; quapropter confessarii infirmi aut minus idonei, laxista3 vel rigoristae, nullatenus advocandi sunt.

4° Parentur animi. Juvabit pkirimum duabus aut tribus hebdomadis antequam inchoetur, populum de futura Missione certiorem facere, ei exponendo quae et quanta esse soleant in illa occasione divinac largitatis bénéficia, quas facultates confessariis, quas indulgentias universo populo largiatur Ecclesia : ut ita, renovata fide, omnes in Domino gaudeant, et spe et desiderio consequendae miscricordiae peccatores erigantur. Imprimis autem adhibenda erit oratio fervens et assidua : quapropter octiduo ante Missionem quotidie cantentur laudes vespertinae, sub quibus etiam recitetur Rosarium pro felici Missionis eventu : moneatur insuper populus, ut quisque ad eumdem finem privatim oret : et omnes a peccatis studiosc abstincant : quo sic misericordia motus ingentem Missioni futurae Deus benedictionem infundat.

5© Alia paranda. Juvabit nonnihil ornare ecclesiam. Gon-

fessionalia sint numéro sufficentia, et habeant crates duplices, aut saltem sedem versatiles) ita ut ab utraque parte confessiones excipi possint. Crux etiam Missionis paretur spectabilis universo populo et modeste décora, quae ante initium confessionum in ecclesia a missionariis benedicatur et erigatur : huic adjungantur ex utraque parte lancea et arundo cum spongia; in medio figantur insignia Summi Pontificis, et circa haec, ex quatuor partibus. clypeoli quatuor, insciiptis vocibus: mors, judicium, infernus.'çloria. Insuper tempestive imprimantur chartulae in memonam Missionis, et quae pro pacto contra blasphemias requiruntur. Quibus parandi? nimiae expensae nequaquam fiant.

Petat etiam R. D. Parochus ab 111. ac Rev. Dom, Episcopo indulgentiam 40 dierum pro parochianis, quoties hi chartulam in memoriam Missionis traditam relegerint ; et totidem dierum indulgentiam pro iis, qui ante Missionis crucem oraverint : qua de causa crux praedicta in loco patenti ecclesiae affixa remanebit.

6o (Jualis mensa. Rogatur R. D. Parochus ut sobriam mensam hospitihus missionariis caeterisque sacerdotibusparari jubeat : ideoque ad meridiem duae tantum sint species earnis, duo olera, vinum in mensam veluti fit in conferentiis sacerdotum : nisi forte ex nimio labore major orta esset lassitudo. Ad cœnam una tantum sit caro et unum olus vinum autem aut nullatenus, aut' parce detur. Bellaria praeter butyrum. caseum et fructus arborum, nec vespere, nec meridie apponantur. RR. DD. Sacerdotes, qui aliunde pro confessionibus auuiendis ad Missionem accèdent, si forte apud laicos hospitio excipiantur, cibum, scilicet jentaculura prandium et cœnam, apud R. D. Parochum sumant

Rogatur R. D. Parochus ut quae hic commendantur, attente perlegat, fideliterque exequatur : caetera, si quae sint, ore tenus poterint commendari. »

Méthode qu'on peut suivre dans une mission générale.

Préparatifs. Il n'y a rien qui nuise tant au fruit de la mission et à la réforme d'une paroisse, que la vie peu réelôe du prêtre; au contraire, rien ne dispose davantage !i« peuple à une sincère conversion, rien ne contribue plus à

l'heureux succès d'une mission que la réforme du clergé. Il serait à désirer que l'on pût commencer la mission, par un des exercices généraux donnés au clergé du diocèse ou de la contrée qu'on désire régénérer. Les fidèles, voyant les prêtres recueillis et occupés à la méditation des mêmes vérités qui vont leur être annoncées à eux-mêmes, se trouvent impressionnés. Cet imposant spectacle du clergé ainsi réuni, est un sermon éloquent, qui dit au pécheur, quelque coupable et incrédule qu'il puisse être : « Cela n'est pas un mensonge ; ces vérités doivent avoir une grande valeur. Si les prêtres eux-mêmes les méditent, c'est qu'ils sont persuadés de leur importance. » Ainsi, les préventions se dissipent, et les armes que l'impie avait préparées contre la religion et ses ministres lui tombent des mains. C'est ce qui eut lieu à Jaca, Ciudadela, Castellon de la Plana et surtout à Barbastro, où, dans le Dut de mieux assurer et affermir de si heureuses dispositions, on admit le public à la clôture de la retraite du clergé. La même cérémonie qui fermait les exercices, ouvrait la sainte mission. Le clergé alla recevoir le vénérable pasteur de ce diocèse, et les Pères missionnaires en manteau et en barrette, le crucifix sur la poitrine s'étaient joints au cortège. Après avoir entonné le Bened ictus Dominus Deus Israël, tout le monde se dirigea processionnellement vers la cathédrale, et cette cérémonie si imposante attira un concours extraordinaire. On ne put retenir ses larmes, quand, après que les devoirs du peuple envers le prêtre et les devoirs du prêtre envers le peuple eurent été expliqués, on vit l'illustre chapitre et les autres prêtres renouveler, deux à deux, aux pieds du Prélat, les promesses faites à leur ordination, tandis que les chantres entonnaient le psaume 15, Conserva me Domine, et que, à charpie strophe, tout le monde répétait le verset : Dominus pars hœreditatis meœ et calicis mei, tu es qui restitues hœreditatem meam mihi. Ainsi la mission n'était pas encore commencée, et déjà la ville de Barbastro se trouvait si remuée qu'on se serait dit au milieu de la retraite.

Il faut avertir officiellement les autorités. Il n'est pas possible d'ouvrir une mission avec un pareil éclat dans tous les pays ; cependant, il faut toujours la commencer de façon à ce que le peuple conçoive une haute idée de la grâce extraordinaire dont Dieu va le favoriser. Aussi, l'Evêquo

devra adresser une circulaire à toute la contrée, invitant les curés à assister à la mission, et les exhortant à faire en sorte que les fidèles y viennent de leur côté. ïl est en outre d'usage (1) d'envoyer deux lettres officielles pleines d'égard : une à l'autorité civile, l'autre au curé ou à l'archiprêtre, afin de leur annoncer la venue des missionnaires et les prier de coopérer au succès de cette précieuse entreprise, et par leur exemple, et par tous les moyens qui seront en leur pouvoir. Je regarde cette formalité comme étant d'une importance souveraine.

Il est aussi bien nécessaire que le curé à l'avance, prévienne, du mieux qu'il peut, le peuple en faveur des missionnaires. A cet effet, il fera ressortir aux yeux des fidèles le bienfait extraordinaire que Dieu leur accorde ; il pourra aussi mettre en jeu leur amour-propre, en disant qu'ii espère que tous prouveront à l'Evèque, aux missionnaires et aux étrangers qu'ils sont intelligents et religieux, comme en tant d'occasions déjà on a pu le remarquer.

Arrivée des Missionnaires. A l'arrivée des Missionnaires, on sonne ordinairement les cloches, et le clergé de la contrée, avec les autorités et les principaux personnages, va au-devant d'eux pour les recevoir. A Maella, le curé et le seigneur de l'endroit avaient eu l'heureuse idée de venir à notre rencontre en procession avec des enfants qui, portant dans leurs mains des branches d'olivier, et chantant des cantiques faits pour la circonstance, nous rappelaient naturellement l'entrée de Jésus à Jérusalem, le dimanche des rameaux. Et il n'y avait pas moins de neuf cents personnes qui donnaient par leur présence un nouveau lustre à cette réception triomphale. Si on ne peut pas empêcher que les gens simples se mettent à genoux, on leur donnera la bénédiction avec un crucifix.

Les missionnaires se dirigent vers la maison de Dieu pour faire une visite au Saint-Sacrement, et pour se rendre compte de l'état de l'Eglise et tout arranger de la meilleure manière. On a soin d'annoncer l'heure de l'ouverture de la retraite, et d'inviter les autorités et les différentes administrations à prendre part à la procession qui aura lieu plus tard, avec le grand crucifix vénéré dans la paroisse.

Commencement de la mission. Triste mission que celle

(1) En Espagne.

Page 1