DEUXIEME PARTIE
honnêtes, les plus convenables, les moins exposées au péché. Toutefois, si la chasse est bruyante, c'est-à-dire, si elle se fait avec des chiens, des faucons et un attirail considérable, on doit la mettre au nombre des choses les plus fortement défendues aux ecclésiastiques. Et quand bien même les conciles d'Agde (1), et d'Aix (2) entre autres, les déclarations de la Sacrée Congrégation, les Théologiens, les Canonistes, et le grand pontife Benoît XIV ne seraient pas entièrement d'accord ici, la seule considération que, ordinairement, le clerc ne peut se livrer à ce genre de divertissement, sans manquer à la plupart des devoirs de son état, devrait suffire pour lui faire abhorrer la chasse.
10 L'ecclésiastique chasseur quitte ordinairement la soutane, si recommandée par les Canons ; et un prêtre sans soutane, avec des habits séculiers, quelle figure fera-t-il, et quel respect pourra-t-il inspirer pour son état, pour les fonctions augustes qu'il exerce, et le ministère dont il est chargé?
2° A la chasse, on porte nécessairement des armes, ce qui est défendu aux ecclésiastiques. Il y a en outre, ici, l'inconvénient d'être exposé à encourir l'irrégularité par inadvertance, ainsi que l'a déclaré la Sacrée Congrégation, et comme cela est arrivé bien des fois.
3° En dehors de la perte du temps, de la négligence de l'étude, et de tant d'autres graves défauts dans lesquels tombent ceux qui se livrent à la chasse, — ce que nous avons dit du jeu, trouve également ici son application — qui ne voit pas que l'excessive lassitude dissipe l'esprit, et nuit à ses fonctions, ou au moins, le rend notablement incapable de remplir les devoirs sacrés du ministère, avec toute la perfection nécessaire?
11 n'est assurément pas rare de trouver des gens qui se font les avocats de ce divertissement, et qui apportent de justes motifs, comme la raison de santé, pour légitimer une chasse paisible et modérée. Mais, avec Saint Jérôme et le concile de Nantes, je dirai : « Nullum venatorem invenimus sanctum. » Des chasseurs d'âmes, et non des chasseurs d'oiseaux, voilà ce que le Seigneur veut. « Utinam huic venationi velitis operam dare, longique temporis jacturam quod
(1) Dist. 34, c. 3. (2) Conc. Aquil. de vit. hom. Cleric.
in vanitates evanuit. fructu vitae melioris et eruditione po« puli compensare ! »
Les femmes suspectes. Il serait inutile de rappeler ici, que toifte cohabitation, tout rapport avec des femmes suspectes, est interdit à l'ecclésiastique; et l'âge avancé ne peut être ici une raison. Deux prêtres. l'un de soixante ans, l'autre de soixante-quatre, vivaient avec des servantes, dont l'une avait quarante ans, l'autre soixante-six. Comme ces femmes avaient une conduite suspecte, l'évêque ordonna aux ecclésiastiques de les renvoyer. Mais les prêtres, fâchés de cela, refusèrent, et recoururent à la Sacrée Congrégation, qui leur enjoignit d'obéir au Prélat, car il n'v a pas d'âge qui soit suffisamment à" l'abri des attaques d'un ennemi aussi rusé et aussi opiniâtre. Le prêtre, sauf le cas de nécessité urgente, ne peut confesser les femmes, dans les maisons particulières, à moins que ce ne soit dans les oratoires visités et approuvés par l'Ordinaire ; et cela, sous peine d'excommunication latœ sententiœ (4).
Festins. Quand ils sont honnêtes, le prêtre peut y assister, comme le faisaient autrefois les Lévites, par ordre de Dieu, afin d'empêcher toute espèce d'excès. Les saints eux-mêmes célébraient des banquets, et se réjouissaient en la présence de Dieu 2 . Mais le prêtre ne peut, sans scandale, prendre pa: t aux festins profanes, où l'esprit malin intervient et préside, aux repas où régnent l'ivresse, la luxure et les autres désordres. Il lui est encore- moins permis d'entrer dans les tavernes, dans les cabarets, et dans d'autres lieux semblables, pour manger et boire, à moins que ce ne soit en cas de nécessité, comme en voyage, ou lorsqu'il se trouve à trois ou quatre heures du lieu de sa résidence 3 .
En un mot. les saints canons défendent aux clercs les divertissements profanes qu'on tolère dans les laïques. Les travestissements, les bouffonneries jusqu'à un certain point permis à ceux-ci, « levia etiam deiicta, quae in ipsis maxima essent ». ne peuvent convenir en aucune manière à des prêtres qu<r>n voit chaque jour à l'autel, revêtus des insignes
f1| Voyez t. I, page 322.
(2) Pr. lxiv, 7, Exod. xvm, Tob.; Judith.
(3) Conc. Laodjc. Caa. Son oportet. dist. 44. — Conc. Cartb. CaD. Clcrid. dist. 44.