‹ Le trésor du prêtreChapitre 34 sur 311 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

j au milieu de cette portion de fidèles qui s'appellent ses paroissiens, et qui forment le troupeau que le ciel lui a confié. Tel est, l'objet de la Thèologin Pastorale.

\o Théologie Pastorale. Elle est. ainsi que son nom même l'indique, la science, ou la partie de la théologie, qui traite la qn si ion des devoirs d'un bon curé. Car, pour remplir dignement les fonctions élevées du ministère paroissial, il faut connaître à fond la sainteté de cet état, les qualités qu'il réclame, les devoirs qui y sont attachés, les vertus qu'i? exige, tas défauts et les vices qui doivent être évités. Ei ainsi la science qui enseigne tout cela, est nécessairement une des plus sublimes et des plus importantes, puisqu'elle couronne la science théologique, acquise avec tant de peine par l'ecclésiastique, durant sa longue carrière. Il ne suffit pas, en effet, d'avoir réalisé un certain capital de science; il faut savoir la mettre à profit; il faut en communiquer les. fruits à nos frères , et c'est à ce résultat que conduit l'étude et l'exercice pratique de la théologie pastorale.

Son objet est très-noble. Il ne s'agit de rien moins ici que de former de dignes ouvriers de la vigne du Seigneur, et de donner au peuple chrétien de véritables ministres, de zélés pasteurs des âmes, dont on puisse dire : « Spiritus Sanctus posuU vos regere Ecclesiam Dei (1). » Il s agit de transmettre aux fidèles la science que le? lèvres du prêtre doivent garder (2), et de continuer à leur profit, jusqu'à la fin des siècles, la mission sublime confiée au Sauveur par le Père céleste. Et s'il est vrai, comme nous l'avons vu dans un des livres précédents, que gagner des âmes à Dieu et coopérer au salut de quelques-uns de nos frères, est le plus noble des ministères, et d'après S. Denys l'Aréopagite, la chose la plus divine, parmi tout ce qu'il y a de divin sur la terre (3), que sera-ce donc, quand on accomplira ces grandes fonctions par devoir, parce qu'on est revêtu du caractère officiel de délégué de l'Eglise, de représentant et de lieutenant de Jésus-Christ ?

2° Origine des Paroisses. Il est si vrai que le ministère paroissial a toujours été regardé comme une fonction tréssublime, et d'une importance considérable, que plu-sieurs

(lfAct. xx, -28. (21 Mal. ii. 7. (3] Dionys. aréop. deCœle$r Hier. 27. "

ont voulu appeler les curés, les successeurs des soixantedouze disciples du Seigneur. Mais cela parait être une exagération; car. comme le font observer le P. Thomassin et le savant cardinal de la Luzerne, il n'y avait dans les premiers siècles de l'Eglise, ni paroisses, ni curés titulaires; alors, l'Eglise était placée sous la vigilance de PEvêque, et confiée à sa sollicitude immédiate. Mai? à mesure que le nombre des fidèles s'accrut, il devint nécessaire de multiplier au-si les églises, et de leur donner des ministres pour célébrer les saints offices, et administrer les sacrements. Sur la fin du ive siècle, selon les uns. du m*, selon les autres, i'évêque, ne pouvant plus pourvoir tout seul aux besoins nombreux des fidèles, on commença à ériger des paroisses en Italie et dans Alexandrie, surtout parmi les grands centres de population, et dans les campagnes environnantes.

Bingham avoue même, que dans les grandes villes, les \ aroisses ne furent pas desservies au commencement par des curés titulaires, mais par desprêtres que l'Evèque choisissait parmi son clergé, et qu'il changeait à volonté. Dans les campagnes, au contraire, la grande distance qui séparait les fidèles de l'évoque, étant un obstacle à ce qu'ils pussent facilement recourir à iui, il devint nécessaire de déléguer des prêtres expérimentés, afin de pourvoir aux besoins spirituels des localités, dans une certaine étendue de territoire. Le lieu où le curé exerce le-s fonctions de pasteur spirituel à l'égard des fidèles qui l'habitent, est ce que nous appelons une paroisse; et le prêtre chargé de prendre soin des âmes de ces fidèles, est ce que nous appelon- le Curé, dn mot latin Curator, qui équivaut dans notre langue, à celui d'administrateur, de pourvoyeur.

Cette simple exposition de l'origine des paroisses, nous amène à conclure, avec le cardinal de la Luzerne que, comme il ne peut y avoir de curé sans paroisse, et que les paroisses n'ont pas été instituées par Jésus-Christ, mais par les évêques, les curés ne sont rigoureusement parlant, ni les successeurs des soixante-douze disciples, ni d'institution divine : mais on doit les compter parmi les membres les plus respectables de la hiérarchie ecclésiastique, après les évêques.

3o Influence du Curé dans la société. Personne n'a des titres plus grands que le curé pour exercer sur les peuples

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