JOAN
du curé, toutes les fois qu'elle est susceptible d'être inter» prêtée dans le bon sens ; mais s'il ne peut remédier à la chose, ni l'expliquer favorablement, il n'a qu'à la iais-er suivre son cours, nous supposons que sa responsabilité n'y est pas engagée.
Dans les temps malheureux que nous traversons, il arrive plus d'une fois que, contrariés relativement à quelque prétention injuste qu'ils avaient, un maire, des ouvriers, un maître, même des personnes soit-disant pieuses, s'unissent avec certain ecclésiastique du voisinage, se prononc nt contre le curé, et forment un schisme dans la paroisse. C'est alors qu'on va flatter et caresser le vicaire ou un autre ecclésiastique sans expérience, pour l'attirer à son parti. Mais malheur à celui qui accueillerait et qui appuhrait les plaintes des paroissiens conjurés contre leur curé! De quels maux de semblables indiscrétions seraient la cause ! Loin user ainsi, que le vicaire étudie les goûts et les inclinations du curé, ses habitudes et les nuances de son caractère ; et dans tout ce qui ne heurte pas les convenances, qu'il s'applique à agir toujours de concert avec lui. Qu'il ne s'absente jamais de la paroisse, et qu'il n'entreprenne pas de voyage sans sa permission; qu'il n'établisse aucune pratique de dévotion, et qu'il ne fasse rien dans l'église sans l'avoir prévenu, et sans y être autorisé par lui.
2° Le curé, d'un autre côté, doit considérer le vicaire comme un collaborateur que l'Eglise lui donnu; qu'il l'instruise donc avec amour et patience dans l'administration des sacrements, et dans tout ce qui concerne le saint ministère. Quelle récompense il recevra de Dieu, s'il parvient à formerun digne ministre de l'Evangile ! Qu'il se déûe de cet esprit de domination que parfois l'autorité inspire, et qui porte à vouloir que tout nous soit soumis, que tout soit à nos pieds, a Rectorem te posuerunt? Noli extolli ; esto in illis quasi unus ex ipsis (1) » : tel est le conseil que donne le Sage. Le curé ne doit pas vouloir obliger le vicaire de s'adapter à ses goûts particuliers. Qu'il prenne en considération son peu d'expérience, et qu'il dissimule ses manquements ; et loin d'augmenter par une trop grande sévérité, sa timidité et
(i)Eccli. xxxn, I.