CHAPITRE VII
DE LA BONNE INTELLIGENCE DU CURE AVEC LES AU- TORITES CIVILES ET ECCLÉSIASTIQUES.
4o Autorités civiles. Les administrateurs de l'œuvre ou fabrique de l'église, et les différentes confréries établies dans la paroisse, le maire et les autres autorités civiles, seront un puissant appui pour le curé, s'il peut être en bonne intelligence avec eux ; mais si cette précieuse harmonie vient à faire défaut, ces hommes seront pour le prêtre un véritable cauchemar, et un des plus grands obstacles au bien qu'il voudrait faire.
Ainsi, pour éviter un si funeste malheur, le ministre de paix éloignera tout ce qui serait capable d'altérer les bons rapports qui doivent régner entre lui et les personnes notables du pays. Qu'il visite de temps en temps les autorités; qu'il les invite à sa table, surtout si son prédécesseur avait coutume de le faire; qu'il ne se montre ni i'adulateur. ni l'ennemi de la noblesse; reconnaissant ses bonnes quaiilésrj qu'il dissimule et parfois même qu'il excuse ses défaut- ; e) s'il doit reprendre les grands, qu'il lefa.-se avec une exlrèmï prudence, en temps opportun. Si la charité et la réligtoj exigent qu'on agisse delà sorte avectout le monde, à combien plus forte raison, la sagesse lui conseillera d'useT dl ces égards à l'endroit des personnes de distinction.
Si les fabriciens ne sont pas des hommes de bonne composition; s'ils sont attachés à leurs habitudes,, et entêtés, d
s'efforcera de gagner leur confiance, et il procédera avec beaucoup de tact. Pour tout ce qui se rapporte à la comptabilité, aux tarifs, aux réunions, etc. il se conformera aux prescriptions du règlement et aux décrets de l'évéque ; et il persuadera à ces dignitaires, que Dieu donne toujours plus qu'on ne lui offre ; que la véritable économie dans l' administration des biens de l'église consiste dans une sainte libéralité pleine de confiance en Dieu, et que le but principal de ces biens est de faire des chrétiens. Il verra s'il peut arriver à ce que ceux-ci lui proposent ce qu'il y a à faire, soit en les consultant, soit eo feignant de s'opposer a leurs plans; et si ce moyen n'amène pas l'effet désirable, qu'il en parle à l'évéque, afin que le prélat insinue ou décrète ce qui sera le plu- convenable; enfin, s'il arrive que tout cela soit inutile, qu'il se rappelle la maxime de S. François-Xavier : Quand on ne peut pas faire ce qu'on veut, il faut vouloir ment ce que l'on peut.
Ecueils à éviter. Deux écueils sont également à craindre ici : 4° 11 peut arriver que le prêtre inflexible ne veuille pas faire de sacrifice ou de concession ; â« qu'il soit trop condescendant, au détriment de son autorité et dis droits sacrés de 1 Eglise. Il y a en effet des hommes qui sont si intraitables, si imprudents, si irréconciliables, qu'ils ne veulent jamais céder de leurs prétendus droits par amou:- pour la paix ; et combien de fois, pour n'avoir pas voulu sacrifier un pouce de terrain, ils ont dû 'perdre immensément ! Dès le principe, au moyen d'une petite déférence, en s'entendant avec le maire ouïe président d'une corporation, lecurt aurait fait tomber toute prévention ; beaucoup de difficultés se seraient aplanies; les deux autorités auraient agi de concert : et ainsi, que de maux auraient été évités, et que de bons projets auraient été réalisés ! Mais si le curé, regarde comme un attentat à son autorité, toute espèce d'explication amicale; si, se considérant non-seulement comme supérieur, mais comme à peu près infaillible et tout-puissant, il évite le maire et tous ceux qui ne sont pas de son propre parti; si, les rencontrant, il éclate en injures et en reproches à leur adresse; s'il leur fait honte du haut de la cnaire par des allusion- il des personalités très-pernicieuses à son ministère mettant en relief l'indignité de leur conduite et l'injustice de leurs prétentions; si enfin, se prenant à faire