‹ Le trésor du prêtreChapitre 59 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

connaître et souvent à exagérer leurs défauts, il se livre à des intrigues et travaille pour déconsidérer ces hommes devant le peuple et l'évèque lui-même, serait-il possible avec une pareille conduite, qu'il conservât la paix et qu'il produisît aes fruits de sanctification ?

D'autres au contraire, sont trop condescendants; comme les humbles valets de l'autorité civile et des fabriciens, ils se laissent gouverner selon leurs caprices. Offices, clefs de l'église, bancs, chaises, cloches, chandeliers, baldaquins, tapis et autres ornements de l'église, tout est à la disposition de tous, excepté à celle du curé; et ce qui est pire, c'est que ces objets servent alors quelquefois pour les cérémonies civiles et profanes ; et Dieu veuille que même le produit du louage ne soit pas également employé à des divertissements et à des choses étrangères à la sainteté de la religion. Malheur au curé indolent qui, en ouvrant la porte à de pareils envahissements, donne aux impies un motif de fouler aux pieds les droits de l'Eglise! Notre siècle est déjà assez porte à s'élever contre tout ce qui est sacré ; si le curé ne garde pas avec prudence et fermeté le saint dépôt que le ciel et 1 Eglise lui ont confié, il sera la cause de très-grands maux, auxquels plus tard, ni les curés, ni les évêques, avec tout leur savoir et leur zèle, ne pourront jamais remédier.

2° Autorités ecclésiastiques. S'il est nécessaire d'entretenir avec tout le monde la plus parfaite harmonie, combien ce bon accord est juste, indispensable dans les rapports du prêtre avec l'évèque; et que ne faut-il pas faire pour le maintenir ? « Il est nécessaire, dit S. Augustin, que l'inférieur se soumette au supérieur, afin que tous ceux qui sont au-dessous de l'inférieur se soumettent à lui. Observez l'ordre si vous cherchez la paix. Soumettez-vous à Dieu, et la chair se soumettra à vous. Y a-t-il rien de plus juste et de plus beau? Vous obéissez au plus grand, et le plus petit vous obéit. »Un prêtre qui sème la zizanie entre le supérieur et les inférieurs, est comme une hache qui sépare la tête du corps. Le malheureux, sans y penser, éloigne de lui ceux qui sont au-dessous de lui. Car en critiquant le Prélat, en inteiprétant mal les décrets de l'Eglise, en méprisant et souvent en condamnant le supérieur, parce qu'il ne lui ordonne pas ce qu'il voudrait, il apprend tacitement aux fidèles et à ceux qui lui sont soumis, à le juger, à le critiquer, à le condamner»

Est-ce qu'un simple curé ou un prêtre mériterait plus de respect et de soumission qu'un évèque9 ' V Quel malheur! Jésus-Christ vous obéit avec tant de promptitude ; à votre voix, il descend du ciel sur 1 autel, et il transforme par sa grâce le pénitent que vous absolvez. • Obediente Domino voci hominis vl . » Et vous résisteriez à la voix du vicaire de Jésus-Christ ; et vous vous révolteriez contre celui à qui vous avez promis 1 obéissance, au moment où les saints ordres vous étaient confères, ou votre ben-fice vous était donné, et vous n'écouteriez pas celui a aui Dieu adresse ces paroles formelles. « Qui vos audit me audit; qui vos spernit me spermt 2 ? »

Ne iamais juger Vêvêque. Faites attention, messieurs, que pour iu-er sainement les dispositions du supérieur, il vous manque0 trois choses : une connaissance exacte des sujets, une vue de tout l'ensemble des circonstances, et la grâce de la vocation. Cette grâce. Dieu la donne avec une grande plénitude au prélat afin qu'il gouverne avec sagesse; mais il la soustrait au présomptueux qui s'arroge le pouvoir de citer l'évèque à sa barre et de le condamner. Faites attention que les statuts diocésains, lors même qu ils n imposent aucune peine, sinon d'une manière comminatoire, peuvent être de véritables lois et non des conseils (3. Faite* attention que souvent Dieu châtie avec moins de rigueur la transgression de ses propres préceptes, que 1 in raction aux ordres des supérieurs; et qu'il parait plus jaloux du respect dû à ses ministres que de celui qui est du a son infinie majesté. Que de fois Israël murmure contre Dieu dans le désert! Et cependant avec quelle patience le Seigneurie supporte! Mais Marie murmure contre Moïse; elle a beau être sa propre sœur ; Dieu la couvre de lèpre : elle demeure sept jours éloignée du peuple, et il ns lui est permis de revenir, que sur les instances de Moïse et de toute la multitude >ï\ Coré. Dathan et Abiron murmurent et se prononcent contre le conducteur du peuple d Israël : la terre entrouvre ses abîmes, et les engloutit vivants avec leur; tentes et leurs biens [5). « Je pourrais cure la même chose de Saul et de tant d'autres.

M) Jos. x, 14. [2} Luc. x. 16. (3) Conc. Trid. sess. 22. (4 Num. nx, (ô) Nwn. xvi.

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