DEUXIÈME PARTIE
Archives. * Il est nécessaire qu'il y ait, en double, dans chaque paroisse, des registres composes d'un nombre suffisant de feuilles pour y inscrire tous les actes de baptêmes, mariages, et sépultures qui se feront dans le cours de l'année. Quoique ces registres n'aient plus parmi nous toute l'importance qu'ils avaient autrefois, on ne pourrait excuser d'une faute grave le curé qui négligerait quelques actes, du moins pour ce qui ïrgarde le baptême et le mariage. Il serait également répréhensible s'il laissait perdre en tout ou en partie, les registres de la paroisse dont il est le dépositaire, surtout avant d'en avoir envoyé un double au secrétariat de l'évêché.
Pour faciliter aux curés la rédaction des registres, et les rendre autant que possible conformes dans tout le diocèse, il serait à propos que l'évêché fournît, aux frais de la fabrique toutefois, les cahiers qui doivent contenir les actes de chaque paroisse. Ces cahiers étant remplis, on en conserve le double dans les archives de la fabrique, et l'autre est envoyé à la fin de l'année au secrétariat de l'évêché, pour être déposé aux archives du diocèse.
Les curés qui n'ont pas d'archives dans leur église, doivent s'entendre avec le conseil de fabrique, et faire faire un coffre fermant à clé, dans un endroit sec et aéré de la sacristie ou du presbytère, pour y conserver les registres de baptêmes, de mariages, et de sépultures, ceux de la fabrique, des titres de fondations, l'inventaire du mobilier de l'église, les lettres et décisions de l'autorité supérieure ecclésiastique et civile ; les mandements, ordonnances et lettres pastorales de l'évèque; et, généralement toutes les pièces concernant l'administration temporelle et spiiituelle de la paroisse. Les mandements, ordonnances et lettres pastorales de l'évèque, n'appartiennent pas aux curés, mais bien aux églises particulières auxquelles ils sont adressés * (1).
* A la fin du Rituel romain, sous le titre Formulée scribendœ in libris habendis à parochis, il y a les formules pour la rédaction des différents actes, dont pourront toujours se servir ceux qui n'auraient pas encore des formules uniformes et réglées. *
(i) Mgr Gousset.
Matricule des Paroissiens.
Le devoir du pasteur est de connaître ses brebis. Le curé doit donc dresser un rôle exact de tous ses paroissiens, avec l'indication des rues, des maisons, des familles, des états et du sexe. Le Rituel romain l'ordonne, et c'est un point de discipline générale.
La matricule paroissiale, dit un sage auteur, est le document le plus utile au curé, et celui qui l'aide davantage à trouver les renseignements dont il a besoin pour ie gouvernement d^ sa paroisse. Sans elle, il ne pourra pas faire un pas avec assurance, obligé qu'il est d'y recourir chaque jour pour délivrer les nombreux certificats qui lui sont demandés ; c'est là qu'il trouvera la vérité beaucoup mieux que dans le? déclarations de témoins souvent incertaines, parfois fausses et obscures. Comment, sans matricule, connaîtrait-il les limites et les rues de sa paroisse, le nombre des maisons, des habitants, des personnes qu'elle renferme; la condition, l'âge de ses paroissiens, les circonstances dans lesquelles chacun se trouve? Aussi beaucoup de Rituels ordonnent-ils de faire, au commencement de chaque année, la matricule paroissiale avec la plus grande exactitude.
On doit dresser cet état par ordre de rues et de places, de numéros des maisons et des habitations, non alternativement mais de suite; indiquant les prénoms et les noms de famille de chaque individu, son âge, son état, son emploi, sa profession; depuis combien de temps il réside dans la paroisse ; s'il est pauvre, riche, ou de médiocre fortune îoutes ces indications sont placées dans des cases séparées, et, dans une autre case réservée, on a soin de mettre certaines notes qui indiquent la moralité de la famille, si telle, habitation est une maison de prostitution, de jeu, une maison suspecte sous quelque rapport ; si on y remplit le devoir pascal, etc. Qu'on ajoute à cela une table alphabétique des rues et des places, et on verra quel immense travail s'é-