DEUXIEME PARTIE
je lui conseillerai de fixer une heure à cet effet car il ne doit pas être de pire condition qu'un homme de bureau ordinaire. Pour ne rien faire brusquement, il insinuera avec douceur aux fidèles de ne venir qu'à l'heure assignée pour la délivrance de ces certificats, leur faisant entendre que, en dehors de ce travail, il a encore une foule d'affaires dont il doit s'occuper pour le bon gouvernement de la paroisse.
Certificats.
* Le curé est souvent dans la nécessité de délivrer à ses paroissiens, des certificats, destinés à être présentés à l'autorité ecclésiastique ou civile. Sans doute, il ne doit rien avoir tant à cœur que de dire ici la vérité ; mais, comme il n'est pas toujours facile de la découvrir, et qu'il y a parfois des inconvénients graves à l'exprimer, la question des certificats, encore qu'elle soit renfermée en France dans des limites assez restreintes, est une affaire épineuse. Voici quelques principes qui pourront guider le curé. *
\o Si la chose est évidemment juste, le curé doit délivrer de suite la pièce. — Supposons en effet que le certificat soit demandé par un paroissien modèle, connu du curé et de tout le monde, depuis longtemps, pour sa probité et sa vertu : loin d'être injuste, sa prétention est très-raisonnable, et par conséquent il a droit au certificat.
2° Le curé, ne doit pas se fier aux personnes qu'il ne connaît pas. Jamais la prudence et la ruse du serpent ne fut
plus nécessaire au prêtre que dans ce siècle pervers
' 3o Que le curé s'abstienne de s'immiscer dans tout ce qui
n'est pas de sa compétence Qu'il évite de s'occuper de
tout C3 qui ne le conccine pas rigoureusement, de tout ce qui est étranger à sa mis-ion purement évangélique. Il rencontrera assez de difficultés, en restant dans sa sphère, et plus d'une fois il lai sera demandé des certificats qu'il ne pourra pas donner °n conscience, et qu'il ne pourra pas prudemment refuser. Gomment procéder alors?
40 S'il ne peut, en aucune manière, se débarrasser de la position difficile où il se trouve, qu'il donne un certificat
Trésor II. 10
purement négatif, attestant qu'il n*a rien appris sur la conduite de N *.
5o II peut, en certains cas, faire venir des témoins, afin de dégager sa responsabilité ; mais, quelque absolues que soient leursaffirmations, s'il ne les croit pas vraies, naturellement il ne peut pas les certifier comme telles.
* Il mettra donc en tout cela, la plus grande circonspection; et ceux auxquels les certificats sont présentés, devront avoir égard à sa position difficile, et ne laisseront jamais voir aux intéressés, par une indiscrétion fâcheuse, que c'est le certificat peu favorable du curé qui les détourne de leur accorder la Faveur demandée, etc. ; car il est de la dernière importance que le curé n'indispose pas contre lui ses paroissiens qui, se croyant dans ces cas lésés, le regardent :omme leur ennemi et lui déclarent la guerre *.
Réception des témoignages.
Il arrive plus d'une fois que le curé est chargé par l'évoque ou par le tribunal eccl Mastique de faire une enquête sur la légitimité de la naissance, ou sur la conduite d'un ordinand ; sur la vérité des motifs allégués à l'appui d'une supplique pour obtenir dispense* d'empêchements de mariage, etc. ; et il doit ainsi recevoir des témoignages.
Il est clair que, plus la chose est délicate, plus il doit y mettre de soin et de sincérité. Le curé appellera donc deux ou trois personnes de bonne vie, dont le témoignage est valide devant la loi. Après leur avoir prescrit le secret, il recevra leur serment, et écrira leurs dépositions, interrogeant à part chaque témoin et le faisant signer. Il joindra a cette pièce la lettre de l'évêque qui le charge de l'enquête ; il écrira sa propre attestation munie de sa signature, et il enverra le tout à l'évêché.
Nous plaçons ici un modèle qui pourra être utile aux jeunes prêtres [\).
(i) L'enquête donnée comme modèle, dans le texte, est relative à on ordinand qui se présente au sous-diaconat. Nous lui substituons eelle qu'on va lire, comme devant être plus utile.