DEUXIÈME PARTIE
On formulera ainsi la souscription d'une lettre adressée à son propre souverain :
Je suis Avec le plus profond respect, Sire, De Votre Majesté Le très-humble et très-obéissant serviteur et fidèle sujet.
A un haut employé du gouvernement :
Agréez l'expression de la respectueuse considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être,
Monsieur le Préfet, Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
A un Evêque :
Daignez agréer l'hommage du profond respect avec lequel j'ose me dire ou j'ai l'honneur d'être,
Monseigneur,
de Votre Grandeur le très-humble et très-obéissant serviteur.
A un supérieur dans l'ordre hiérarchique :
Agréez les sentiments de respect avec lesquels j'ai l'honneur d'être,
Monsieur l'Archidiacre M. le Vicaire général M. le Doyen M. le Curé Votre très-humble et très-obéissant serviteur,...
Composition des lettres. Le premier soin d'un homme sérieux et réfléchi qui se dispose à écrire une lettre, est de se bien rendre compte des objets qu'il doit y traiter, de l'ordre qu'il convient d'y suivre, de la forme et du genre de style qu'il lui faudra employer. En ce qui concerne l'objet même de la lettre, il est important, d'abord, qu'avant de prendre la plume, on l'ait mûrement déterminé dans son esprit, et qu'on se soit fait une énumération exacte de tous les points dont on aura à parler. Faute de cette précaution si simple, on sera exposé a omettre beaucoup de choses, à en traiter plusieurs autres d'une manière incomplète, à ne pas garder
l'ordre convenable. Il faut faire en petit, quand on veut écrire une lettre ce qu'on fait plus longuement et avec plus de réflexion? avant de composer un livre ou un discours i .
Testament.
« Fac te-tamentum tuum. dum sanus es, dum tiras es; in infirmitate positus. blanditiis aut minis ducens -uo tu non vis. » Si le grand S. Augustin donne ce consen au -impie chrétien, combien nai-je pas raison de vous dire, à vous, vénérables prêtres, qui lisez ces lignes : Faites votre testament, tandis que vous êtes en bonne santé, et que vous avez le plein usase de vos facultés ; car, si vous attendez la maladie, les caresses et les menaces vous porteront a faire ce que vous n'auriez pas voulu! Et puis, ne sembie-t-il pas que la plus srande partie des prêtres est destinée a mourir subitement "2 ? Et malgré cela, il n'y a rien de plus difficile que de les amener à faïre leur testament. Sont-ils malades? Quel spectacle pitovable de voir venir, de toutes parts, en même temps, les parents et les alliés pour se jeter sur ses biens, comme deséperviers qui se di-putent une proie!
F dites votre testament d'une manière digne d un ecclésiastique. Comme tel vous êtes l'homme de la paroisse, 1 homme de l'Eglise ; vous n'êtes plus l'homme de votre famille c'est pour cela que. à l'exception de certain- cas particulier-, le- héritiers naturels de vos biens, au moins de ceux quf proviennent de votre ministère, ce sont les pauvres, lé*li-e, le séminaire, les écoles et les maisons religieuses Rappelez-vous ces paroles de Jésus-Christ : « Si vous vouiez être parfait donnez vos biens, » non à votre servante, a votre sœur, à votre cousine, comme quelques-uns ie font, mai=, « aux pauvres » (3). Et alors, qu'amve-t-il ? Avec ces testaments dictés par des affections déréglées, le prêtre devient la fable du peuple, son âme n'obtient de sesparois-
(1) Ceci est extrait de l'ouvrage intitulé Politesse et convenances ecclésiastiques, par un supérieur de Grand-Séminaire, et édité à Paris
(2) Voyez page 452 du premier volume. [3] Matth. xix, l\.