‹ Le trésor du prêtreChapitre 97 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

siens, pour tout suffrage, que les plus tristes murmures; son successeur hérite d'une bonne partie des sarcasmes dont on poursuit sa mémoire; sa servante et sa nièce bénéficient d'une succession qui ne pourra ni les enrichir ni les sanctifier; et tous souvent encourent l'indignation de Dieu et des hommes. Toutefois ceci ne s'oppose pas à l'accomplissement des devoirs dictés par la charité et la reconnaissance.

Instruction sur les testaments * On distingue trois sortes de testaments • le testament olographe, le testament par acte public, et le testament mijslique.

Nous parlerons seulement du testament olographe, qui est le plus simple.

Le testament olographe doit, à peine de nullité, être écrit en entier, daté et signé de la main du testateur ; mais il n'est assujetti à aucune autre formalité. La date consiste dans renonciation de l'an, du mois et du jour où l'acte a été passé. Elle p^ut se mettre en chiffres, mais il vaut mieux l'écrire en toutes lettres ; la place n'est pas déterminée, il suffit qu'elle soit avant la signature qui valide tout. Il est nécessaire que le testament soit signé; autrement, ce ne serait plus qu'un projet de testament, sans aucune valeur.

Formules de testaments olographes. Le testateur peut adopter telle formule qu'il voudra, pourvu qu'il se conforme exactement à ce qui est prescrit par la loi. Il doit avoir soin d'exprimer clairement ses volontés; et, comme ce qui est clair pour celui qui écrit ne l'est pas toujours pour le lecteur, il est prudent de communiquer son testament à un ami, à un homme discret, mais éclairé, instruit, afin de prévenir les difficultés et les procès qu'entraînent souvent les dispositions testamentaires. On peut garder son testament et le tenir secret, ou le déposer cacheté, soit chez un notaire, soit chez toute autre personne. Ce dépôt ne demande aucune solennité; il suffit que le testament se trouve à la mort. En rapportant ici quelques formules, nous avons moins en vue de donner des modèles à suivre, que de faire connaître la manière dont on peut rédiger un testament. *

I. — Je, soussigné, Pierre-Antoine Olivier, propriétaire à Reims, déclare que le présent écrit est mon testament, que je veux être fidèlement et ponctuellement exécuté après ma

raorl. Je charee pour cet effet Nicolas Bertin, demeurant dans la dite ville de Reims, d'y veiller exactement, et d'en prendre soin comme pour lui-même.

Je donne et lègue tous mes biens meubles et immeubler et Généralement tout ce que je laisserai à ma mort, i Claude Joseph Richard, propriétaire à Châlons-sur-Marne.

Je casse et révoque tous les testaments que je pourrais avoir faits précédemment, voulant que celui-ci soit, le ieul exécuté comme contenant seul ma dernière volonté.

Je veux que mon corps soit enterré à Reims^ et qu'on fasse célébrer cent messes pour le repos de mon àme.

Fait à Reims, le sept mai de l'an mil huit cent quarantetrois.

Pierre olivier

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