PASCHALIS E P P
FIER,! 2 IVSSIT (ornement cordiforme).
1 . Cette fable ovale est assez semblable à celle qui est figurée dans fEvangéliairedePriim. Cf.L. Delisle, Les évangiles de l'abbaye de Prüm (extr. du Journal des Savants . année 1 902), p. 1 1 et planche.
2 . La pâle noire a été retirée des lettres de ce mot, qui est devenu par suite lisible sur la photographie (pl. IX), au lieu que les autres sont confondus avec le fond.
Go( e
Au-dessus a été attachée une poignée de fer mobile, postérieure à la fabrication. Dans l'angle rentrant compris entre le bras gauche et la tige, sont deux anneaux, fixés l’un au couvercle, l’autre à la boîte elle-même, et dans lesquels devait être passéé le cordon du sceau. A l'extrémité de la portion du couvercle recouvrant la tige est une agrafe plate, à redans, suspendue à un anneau.
La partie supérieure de la boîte est bordée par une cordelette en relief, semblable à celle du coffret rectangulaire. Comme cette dernière, cette cordelette diffère de celle des coffrets de Saint-Nazaire de Milan \ de Brivio et du vase d'Emèse*, en ce quelle consiste en une tresse simple et non double.
Le Christ est toujours représenté imberbe et avec un nimbe crucifère. Son visage est régulier, mais exécuté sans recherche véritable d’esthétique. Il porte des sandales, et tient fréquemment un rouleau dans la main, comme dans l’Evangile de Sinope (Bibl. nat., suppl. gr. 128b).
Les personnages sont souvent mal proportionnés. Les vêtements et leurs plis, doublés de traits creux, sont exécutés avec habileté, mais sans grand sentiment artistique. Le voile des « saintes femmes » est décoré d’une petite croix sur la partie frontale, comme celui de la Vierge sur le coffret hexagonal du Musée Britannique. Saint Pierre a très souvent les mains voilées.
Dans la cérémonie de la Cène, sur la face de l’autel est une croix, cantonnée de cercles avec points aux extrémités de ses branches. Cette dernière particularité est en général un élément important pour dater 3 , mais ici elle ne nous fournit qu’un terminus a quo inutile en l'espèce.
Il faudrait déterminer de quel pape Pascal il s’agit dans l’inscription. Est-ce de Pascal I er (817-824) ou de Pascal II (1 099-1 1 18)? La solution de cette question n’est pas aisée à donner, parce que l’art
1. F. de Mély, Le coffret de Saint-Nazaire de Milan , loc. cit., pl. VIII.
2. Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France . année 1892 , p. 23 q- 2^6 (communication de M. Héron de Villefosse).
3. W. de fîriineisen, La (jrande croce di Vittoria nel Foro Costantiniano (extr. du Bullettino délia Società /ilolofjica romana , n° 8 , Pérouse, 1906 ), p. 3.
MONUMENTS' ET MÉMOIRES
de la ciselure n'a guère évolué en Italie, et spécialement à Rome, durant cette période. Il existe des ressemblances très grandes entre ce coffret cruciforme et le rectangulaire décrit plus haut. Ces ressemblances, néanmoins, ne suffisent pas à les faire déclarer contemporains. Les ciselures du cruciforme sont d'une facture moins archaïque : le costume y a perdu toute allure antique, et les silhouettes des personnages ne sont plus entourées d’un trait creux. Il se pourrait fort bien que l’auteur du coffret cruciforme se fût inspiré du coffret rectangulaire.
On fera valoir, il est vrai, pour le dater du ix c siècle, la fréquence des représentations de la Résurrection sous Pascal l or x d'après le Liber pontificalis. On remarquera que nous y trouvons encore saint Pierre, avec la tonsure scotique. On observera, enfin, que la relique de la Circoncision est une relique qui ne paraît qu a l'époque carolingienne. Ces objections méritent en effet d’ètre prises en considération. Cependant il est facile d’y répondre: i° que la fréquence des scènes de la Résurrection que nous connaissons sous Pascal 1" peut être fortuite et que rien n’empêche une semblable fréquence sous Pascal II ; 2 ° que la tonsure scotique de saint Pierre paraît bien avoir été copiée de celle du cofîret rectangulaire ; 3° que, si la croix de la Circoncision est carolingienne, il n’est pas nécessaire que le coffret d’argent qui la renferme soit contemporain.
A la vérité, la forme du Sépulcre figuré sur le coffret, avec un toit en dôme, formé de grosses tuiles arrondies comme des fuseaux, est celle que l'on rencontre sur un ivoire, antérieur au ix c siècle, conservé au Musée de Cluny 1 et dans les miniatures carolingiennes. Mais on le trouve encore plus tard ainsi représenté, par exemple dans le Ménologe grec i6i3 du Vatican (xi c siècle). Il est donc difficile de trancher définitivement cette question. Notons encore la présence, dans ce coffret, de deux monnaies d’argent, du xn° siècle et du début du xui c ; elles pourraient y avoir été placées, selon la coutume, peu après l'achèvement, à moins cependant que ce ne soit
1. Yoy. Yen tu ri, Storia deli arlc italiana, t. II, p. 1 9 5 .
une simple offrande glissée là, par hasard, longtemps après. L’une de ces monnaies (fig. 3i, n° i) est de l’archevêque de Cologne. Philippe de Heinsberg (i 167-1191), qui séjourna en Italie et même y dilapida ses biens 1 . L’autre (fig. 3i, n° 3) est une monnaie champenoise qu'on peut attribuer à Thibaut IV (1201-1 253)*.
Toutefois, le coffret cruciforme différant essentiellement du reliquaire de Conques, dit de Pascal II 3 , on est incité à le considérer plutôt comme fait sur l’ordre de Pascal I er . L’allure un peu moderne des scènes et des personnages provient peut-être de leurs petites dimensions. Celte apparence s’expliquerait encore si le travail était dû à un artiste étranger, franc ou ,ynglo-saxon , par exemple, appelé à imiter des modèles romains, comme les cassettes de l’Esquilin.
Coffret ou « capsella » d’argent ovale (pl. XII, 3). — Ce coffret d'argent (avec traces de dorure), de forme ovale allongée, a dans le sens de la longueur un diamètre de o m , j q 3, sur une largeur maxima de o m ,o65. Il est haut de o m ,o55, sans le couvercle. Celui-ci bombé, à charnière soudée, a aussi une hauteur de o n, ,o55 à sa partie centrale, la plus élevée au-dessus du plan de ses bords.
Le fond du coffret est formé d’une plaque elliptique rapportée. On y rencontre les marques suivantes en relief, frappées au marteau : deux trèfles, dont l’un à quatre pétales, suivis des lettres has dans un cadre rectangulaire, avec dentelures arrondies ; enfin une croix de saint André avec les lettres a et H (=Co) attachées aux extrémités.
1 . Engel et Serrure, Traité de numismatique du moyen âge , t. II, p. 6 o 4 ; II. Cappe, Bcschreibung der cülnische Miinzen des Mittelalters (Dresde, i 858 , in-8°), pl. IX, n° 1 46 .
2 . Caron, Monnaies féodales françaises (1882, in-8°), p. 342-343 ; Pocy d’A\ant, Monnaies féodales de France (1858-1862), t. II, pl. CXXXVIII, 17. M. de la Tour, à l’obligeance de qui je dois cette identification, me communique la lecture suivante de la légende : + RIEDVMIS CAT. — R : OEMISCIV S SEEI. — L ue autre monnaie d’argent a aussi été retrouvée dans le Trésor : c’est une bractéate du type de celles qui ont été en usage dans l’Ouest de l’Autriche, au xm c siècle (voy. fig. 3 1 , n° 2).
3 . E. Molinicr, L'orfèvrerie, p. 1 1 3 - 1 1 4 ; A. Bouillet, L'église et le trésor de Conques (Mâcon, 1892, in-16), p. 55 ; A. Bouillet et L. Servières, Sainte Foy (Rodez, 1900, in-fol.), p. 2 i 5 . La formule de l’inscription Paschalis episcopus... au lieu de Paschalis IL papa (du reliquaire de Conques) nous reporlc aussi plutôt au ix* siècle.
MONUMENTS ET MÉMOIRES
Des torsades ornent les bords de ce coffret, sur les parois duquel sont ciselés des médaillons avec les ligures suivantes ( imagines rlipealæ). Sur un des grands cotés, les bustes des apôtres Pierre et Paul nimbés, le premier portant la tonsure en couronne, séparés par un arbuste à grandes feuilles allongées. Deux petites plaques en forme d amande, munies Tune d'un crochet et l'autre d'un anneau, sont soudées vis-à-vis, sur le côté du coffret et sur son couvercle. Sur le côté opposé, où deux charnières ont été attachées, sont trois médaillons séparés par deux arbustes : le Christ, avec un nimbe crucifère et une barbe arrondie, bénissant à la mode grecque, entre deux saints nimbés et tonsurés, portant la barbe taillée en pointe; tous les trois tiennent un livre, dont on aperçoit la partie supérieure à leur gauche. Sur les petits côtés, aux deux extrémités, d’une part un saint, avec une couronne de cheveux et imberbe, de l'autre un saint avec barbe. Peut-être faut-il y reconnaître saint Jean l'Kvangéliste et saint Jacques, comme sur ta coffret du Musée Britannique 1 .
Ce qui caractérise toutes ces figures, ce sont tas yeux en relief, avec un point creux au centre et tas pommettes saillantes.
Le couvercle, bordé dune torsade, est divisé en quatre registres par une croix en relief, orné de cercles et de rectangles concentriques imitant tas gemmes. Dans tas registres i et 2 , la main symbolique bénissant à la mode grecque et la colombe aux ailes déployées, avec un anneau au bec. Dans les registres 3 et 4- deux anges d’apparence féminine, nimbés et vêtus de robes talaires flottantes à nombreux plis, serrées au genou, portant des bandelettes dans tas cheveux et des ailes de dimensions assez développées, dont tas plumes sont traitées avec soin. Ces deux anges, légèrement penchés en avant, tas mains presque jointes, sont tournés l’un vers l’autre et semblent voler.
Le coffret contenait des fragments d’os, une petite ampoule de verre et divers débris de pierre. Il est tout à fait du même type que
I. Cf. Dalton, Calai. <>J’ Christian antiquilies . ]>. 87, cl pl. \I\.
ta célèbre « capsella argentea africana » , trouvée dans la basilique d’Henchir-Zirara (Numidie), offerte par le cardinal Lavigerie à Léon XIII et publiée à diverses reprises par De Rossi 1 . La forme en est cependant un peu moins massive.
Un autre coffret du même genre, provenant de Brivio (Italie), est conservé au Musée du Louvre. Il porte l’inscription felician. i. 2 .
Garrucci, dans 1a Storia deiï arte cristiana \ a publié sous le nom de « pyxide de Grado » une capsella de même forme, ornée de médaillons à bustes de personnages comme ceux que nous avons décrits.
Il convient enfin de mentionner ici le reliquaire d’argent, trouvé près de Sébastopol, actuellement au Musée de l’Ermitage, à Saint- Pétersbourg, qui est orné d' imagines clipeatie du Christ et des apôtres dans le genre de celles de 1a capsella \
Ce qui différencie 1a capsella du Sancta Sanctorum des autres capsellæ, du coffret de Saint-Nazaire de Milan et du coffret polygonal de l’Esquilin, c’est 1a torsade des bords qui est simple, au lieu d’être double. Le relief général en est aussi un peu moins accusé que celui de la capsella d’Henchir-Zirara, que De Rossi datait du v c siècle environ. On pourrait arguer de ces particularités pour lui assigner une date légèrement plus moderne.
Coffret d'argent byzantin (pi. X). — Ce coffret d’argent, avec traces de dorure, a o m ,24 de longueur sur o ,n ,i 9 de largeur. Sa hauteur est de o ,u ,i5. Son poids (sans les couvercles) est supérieur à un kilogramme et demi. Les quatre parois sont formées de plaques d’argent d’un millimètre environ d épaisseur, les petits côtés enveloppant légèrement, de l’extrémité de leurs bords, les grands côtés.
1 . Bullettino di archeoloyia cristiana , année 1887, P- 11 et pl- VII-IX ; La capsella argentea africana , Rorna, 1889, in-fol. M. Jules de Laurière en a donné une traduction française dans le Bulletin monumental, 1889.
2 . Venturi, Storia deW arte ilaliana, t. II, pp. 522 - 025 .