‹ Le trésor du Sancta SanctorumChapitre 23 sur 48 · Ces sigles ont élé corrigés postérieurement en |HC · texte numérisé non relu

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2. II semble que ce soit le début de l’Évangile de saint Jean : Hv iç,yi j Le nom de saint Luc,

gravé après coup sur l’or, est donc peut-être Je résultat d’une mauvaise identification, caron s’attendrait plu lot à lire: ’E r.v.rq r.zp ttsaacc ■ ■ début de l’Évangile de saint Luc.

LE TllÉSOR Dl SANCTA SAN CT ORL M

foncé, qui parait à peine sur son épaule droite mais recouvre tout son côté gauche, sa ceinture et sa jambe droite. Le trône, sur lequel il est assis, a un dossier semi-lunaire très développé, dont la partie apparente est blanche avec des ornements noirs en forme de cœurs. L’encadrement, fort étroit, est rouge avec des pois bleus. Aux deux extrémités du haut du dossier, sont deux boules bleu foncé, ornées d’un pois blanc sur deux pois bleu clair plus petits. Le coussin du trône ( sramnile ) est rouge uni, avec deux larges bandes jaunes agrémentées de bordures bleues et blanches. Les pieds ou montants du trône ( sramnum ) sont également jaunes avec des losanges noirs, et une bordure rouge à pois blancs. Entre ces montants, on aperçoit de nouveau le fond blanc, orné de cœurs noirs. Le tabouret ( suppedaneum ), sur lequel reposent les pieds du Christ, est bleu clair ; il est placé au-dessus d'un degré bleu foncé, entouré d'une bordure rouge à pois bleus. Le nimbe crucifère du Christ est bleu, avec une croix blanche bordée de rouge, tandis que la Vierge a un nimbe bleu et saint Jean-Baptiste un nimbe vert translucide, entouré d’une bordure rouge.

A la droite du Christ, conforme au type byzantin, est une Vierge avec le costume traditionnel des orantes, le voile bleu ou violet foncé sur une robe lilas. Ce voile, qui lui retombe assez bas sur le corps, porte, du côté droit, les habituelles petites attaches pendantes jaunes et blanches, divisées au milieu, et des ornements trèfles jaunes sur l’épaule et la poitrine. Elle tend vers le Christ ses mains ouvertes, le pouce séparé des autres doigts joints.

A la gauche du Christ est saint Jean-Baptiste, à barbe et cheveux très longs, divisés en mèches ondulées qui se terminent en pointes. Son geste est le même que celui de la Vierge. 11 porte un manteau bleu foncé, sorte de planeta, que ses bras soulèvent par devant, laissant voir une tunique de dessous lilas.

Ces émaux sont évidemment antérieurs au coffret. Ils ont été arrachés à quelque monument plus ancien pour être utilisés à nouveau, preuve de la rareté relative de l'émail à cette époque. De plus, il

MONUMENTS ET MÉMOIRES

semble bien que le couvercle ait été fait en vue d’utiliser les émaux en question, car ceux-ci s’y trouvent placés de la façon la plus harmonieuse.

Ces émaux offrent de l'analogie avec ceux qui ornent la « Pala d’Oro » de Venise 1 , le « Paliotto » de Milan, la croix de Nonantola, etc., mais ils ressemblent surtout d’une façon frappante à ceux de l’icône Khakouli du Sauveur Pantocrator, conservée dans le couvent de Ghélat, en Mingrélie, et à ceux delà croix géorgienne de l’église de Nikortzminda en lméréthie (Russie), publiés par Kondakow 2 et par M. le baron de Baye *. Je dois à M. G. Schlumberger d’avoir pu examiner de près des photographies de grandes dimensions de ces émaux de Ghélat. La ressemblance de certains d’entre eux avec nos émaux est frappante : ainsi le même type de Christ avec le blanc des yeux très développé, le même trône orné de cœurs noirs sur fond blanc s’v retrouvent. On date en général les émaux de Ghélat du x r ou du xi c siècle.

Le coffret d’argent est donc postérieur à cette époque ; peut-être faudrait-il le dater du xi c siècle environ. Les silhouettes allongées des saints qui ornent ses parois, rappellent beaucoup, au point de vue de fart, celles du triptyque de Harbaville et du triptyque du Palais ducal de Venise 4 . De même les croix, avec les quatre boules ((rxpoyyuXoi aux extrémités des branches, et les cœurs qui ornent les petits côtés, nous reportent au xi° siècle ’.

Ce coffret renfermait une tête momifiée sans authentique, qui semble porter des traces de brûlures.

1 . Antonio Pasini, II tcsoro di San Marco ilfustrato ; tavolc (Venise, i 885 , in-fol.), pl. XY-XX. Yoy. aussi les émaux des reliures, ibid., pl. VI-XI.

2. N. Kondakow, Hist. et monuments des émaux byzantins (Francfort-sur-le-Mein, 1892), p. 129, 162 et 211. Cf. G. Schlumberger, L’épopée byzantine, t. I, p. i3y ; t. H. p. i7;Tolstoï, op. cit., p. 88 et suiv., fig. 71 et suiv.

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