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Ce coffret contenait des débris d'ossements humains enveloppés dans des étoffes, un fragment de crâne entouré d’un morceau de soie jaune, un Agnus Dei en cire (décrit plus loin, p. io4) et divers débris tombant en poussière impossibles à déterminer.
Le style des gravures, tracées d’une main de praticien habile mais peu artiste, et les ligatures des caractères des inscriptions nous reportent à une époque assez basse, en comparaison des autres monuments qui nous occupent ici. Ce coffret est du xn e siècle; il en présente tous les caractères, jusque dans les moindres détails, par exemple la tresse qui borde son couvercle. Le disque solaire est orné d’une étoile intérieure à six branches ; la lune est figurée par un croissant. Le suppedaneum est très développé. Sur le « titulus » est l’inscription ic XC- La croix elle-même est fixée par deux cales sur un Golgotha, que représente un monticule avec un crâne
gravé. La Vierge porte la main au visage en signe de douleur, tandis qu’en face, saint Jean, vêtu de la tunique et du manteau, tient le livre de la main gauche et, de la main droite étendue en avant, atteste la justice divine. Tout cela nous reporte bien au xn e siècle.
Coffret de cuivre ètamè. — Ce coffret rectangulaire mesure o m ,28 de long sur o m ,2i5 de large et o m ,o4 de haut. II est d’une seule pièce comme le coffret d’argent de la croix d’émail auquel il ressemble
Fig. ii. — Fragments de boite en bois, avec les images peintes des apôtres Pierre et Paul.
par sa disposition. Les parois sont repliées en gouttière sur trois côtés. Le couvercle à glissière a de même une extrémité repliée, avec un anneau.
A l’intérieur ont été trouvées deux planchettes de bois, couvercle et fond d’une ancienne boîte, ainsi que le prouvent les restes de la base des parois (fig. n).
Ces planchettes présentent, chacune d’un côté, un creux rectan-
MONUMENTS ET MÉMOIRES
gulaire peint. Sur un fond grenu de vieil or se détachent, en gris verdâtre et en traits noirs, d’une part le buste de saint Pierre et, d'autre part, celui de saint Paul. Les revers de ces panneaux sont enduits d’une couche de peinture orange.
Les apôtres ont leur type traditionnel. Ils sont vêtus chacun d’une tunique blanche, dont le clavus doré se voit sur l’épaule. Ce sont ces images des apôtres qui sont déjà mentionnées, on la vu, dans l’inventaire publié par Panvinio.
Ce coffret renfermait, en outre, des étoffes enveloppant des ossements, parmi lesquels, d’après les authentiques, des os de saint Jean- Baptiste et de saint Jérôme. Un sachet de soie, avec un Samson terrassant le lion (pi. XVIII, 3), contenait des ossements sans nom .
Enfin il y a lieu de signaler, parmi les reliquaires de métal, trois petits reliquaires ronds et plats , en cuivre, fermés sur une face — comme nos montres actuelles — d’un verre épais, laissant apercevoir les reliques (pierres). Ces reliquaires sont ornés chacun d’un anneau sur la tranche, et l’on aperçoit au revers les têtes des clous qui maintiennent l’ensemble en place. Leur diamètre varie entre o m ,o4 et o m ,o43.
Citons seulement pour mémoire une boîte de plomb arrondie de o m ,07 de diamètre, profonde de o m ,o3 à o m ,o4- Les reliques y étaient enfermées dans trois sachets de soie rouge (fig. 9 ).
Ivoires.
Pyxide d’ivoire antique (pl. XIII et fig. 12 ). — Cette pyxide ne nous est malheureusement parvenue qu’en morceaux. Le plus important est un fragment de paroi avec bas-relief. C’est une section d’arc de cercle mesurant o m , i3. La distance des deux extrémités ou corde de l’arc est de o m , 09 . L’épaisseur de l’ivoire varie de o m ,oo 2 à o ,n ,oo9.
Cette pyxide diffère de toutes celles que nous connaissons en
LE TRÉSOR DU SANGTA SANGTORUM
ce que, de grande dimension comme les pyxides antiques, et décorée d’une scène d’inspiration païenne, elle est d'un relief relativement plat, indiquant une époque assez basse. On sait que ces objets, qui appartenaient primitivement au mobilier féminin, sont devenus le type des boîtes à hosties à partir di cette époque, des scènes chrétiennes se déroulent sur leurs parois 1 . Il suffît de rappeler les pyxides des Musées du Vatican 2 , du Louvre, de Cluny, celles du trésor de Sens, du Musée Britannique 3 et du musée de Berlin 4 . Les sujets les plus souvent représentés sont la Bésurrection de Lazare, David dans la fosse aux lions, la Guérison de l’aveugle, etc.
Les pyxides chrétiennes sont en général basses, souvent d’une seule pièce, et leur relief grossier est très accusé.
Quelques-unes sont fort petites. Leur aspect est lourd et massif. Citons comme exemples celles du Louvre, du Vatican, de Sens, de Florence et de Pesaro 8 . La pyxide du musée de Berlin fait exception. Elle est grande, de belles proportions, décorée d’oves à la bordure supérieure, et la scène chrétienne, qu’on y observe, est traitée tout à fait à la manière antique, dans un style élégant. De plus, le fond est rapporté et fixé à l’aide d’attaches de fer, dont les extrémités plates et arrondies sont percées de clous.