É. Molinier, Les ivoires, p
2 . GU avori dei musei profano e sacro délia Dibliotheca vaticana . . . , con introd. e catal. del barone R. Kanzler, t. I (Rome, 1903, in-fol.), tav. II.
3 . Dalton, Calai, of early Christian antiquities, p. 48 (n° 289), et pl. IX (n° 297).
4 . Kônigliche Museen zu Berlin, Beschreibung der Bildwerke der christlichen Epochen (2® éd. , 1902, in-fol.), n° 1.
o. Abbé E. Chartraire, Inventaire du trésor de V église primatiale et métropolitaine de Sens (Paris, 1877, pet. in-8°), p. 52 , n° 1 4 o (pyxide avec chasse, IV®-VI® s.); Yenturi, Storiadell* arte italiana, 1. 1 , p. 44 1-43.
v c siècle environ; depuis
Fig. 12. — -Pyxide d’ivoire antique (fragment vu de côté).
MONUMENTS ET MÉMOIRES
C’est exactement de la même façon qu’était fixé le fond de la pyxide qui nous occupe. Il n’en subsiste que des débris et notamment un morceau de o m ,o95 de long, qui nous fournit le diamètre de l’objet entier. Le bord supérieur est décoré d’une rangée de petits oves. Sur la paroi est sculptée une scène bachique : trois personnages, d’aspect jeune et presque enfantin, vêtus d'une tunique courte, serrée à la taille, sont représentés en train de danser coude à coude, en face d’un quatrième personnage barbu et vêtu d'une longue robe. L’un des danseurs, dont le haut du corps est gracieusement rejeté en arrière, tient dans sa main droite levée une sorte de couronne. Ce groupe a beaucoup de mouvement. La silhouette des bras et des jambes est dessinée d’une main très habile. Les têtes des danseurs, surtout de celui du milieu, sont expressives ; les yeux et les cheveux en désordre, interprétés par des traits creux ont de la finesse. Seuls les plis des vêtements laisseraient un peu à désirer, dans le détail. Derrière ce groupe, sont figurés deux personnages, d’aspect plus âgé, dont l’un, barbu, tient de la main gauche une aiguière, au-dessus d’une sorte d’amphore. Dans le fond on aperçoit un arbre (figuier?), avec le tronc légèrement courbé, se divisant en deux rameaux à feuillage maigre. Celte partie de l'ivoire est très détériorée et toute brunie. Parmi les autres morceaux, on reconnaît le corps d’un cheval et diverses autres figures.
Ce coffret appartient à une époque où les artistes s’inspiraient encore de sujets païens. S’il est antérieur à la pyxide de Berlin, à laquelle il ressemble, il l’est de bien peu. On est ainsi amené à le dater du iv e ou du v e siècle.
Bas-relief d’ivoire (pi. XIII). — Un petit bas-relief d’ivoire mérite une mention toute spéciale. 11 mesure o m ,i 22 de haut sur o m ,o6 de large. II est taillé dans une plaque d’ivoire d’une épaisseur maximum de o m ,oi5. Le haut est orné d’une frise très fouillée, imitant des replis de feuille. Au-dessous, un arc surbaissé entre deux petites feuilles d’acanthes aux impostes, comme sur les diptyques consu-
laires 1 et sur une des pyxides du Musée Britannique 2 , couronne une composition très belle dans sa simplicité : la Guérison de l’aveugle de Jéricho, scène qui orne une pyxide du Vatican que nous citions un peu plus haut 3 . Le Christ imberbe, d’allure juvénile, les cheveux ceints d’une bandelette, vêtu d’une loge aux plis harmonieusement traités, et chaussé de sandales, touche du bout des doigts les yeux d’un homme de petite taille, appuyé sur un bâton et légèrement voûté, quoique d'aspect jeune. Derrière ce dernier, est un troisième personnage, plus grand, dont les cheveux et la barbe sont frisés ; il tient dans le bras gauche un livre à fermoir et, du bras droit, fait un geste d’admiration des plus expressifs.
Le relief assez fort, bien étudié et fouillé avec art, l’allure encore classique des costumes, le type des figures, le geste sobre dont l’ampleur est néanmoins suffisante, enfin l’arc surbaissé avec les acanthes aux impostes, tout tend à indiquer une date voisine de l’antiquité classique. La sandale du Christ est identique à celle de l’ange qui est figuré sur le feuillet du diptyque de la collection Trivulzio à Milan (v e siècle) 4 . C’est le même style que celui des diptyques consulaires et des sarcophages chrétiens. Cet ivoire appartient à l’art occidental, et sa fabrication doit être placée entre le v c et le vi c siècle 8 .
Cassette d’ivoire rectangulaire (fig. i3). — Ce coffret mesure o m ,28 de, long sur o m ,i4 de large et o m ,o8 de haut (sans le couvercle). Les plaques d’ivoire ont une épaisseur de o n, ,oo 2 à o ra ,oo3. Il est muni d’une serrure de cuivre de o m ,o8 de large sur o m ,o5 de haut. Son couvercle, à quatre pans inclinés avec une partie centrale plane, est lui-même haut de o m ,o6.
1 . Cf. É. Molinier, p. 35 et suiv., notamment le diptyque du musée de Valère à Sion.
2. H. Graeven, Frühchrislliche und mittelalterliche Elfenbeinwerke, série I (A us Sammlungen in England ), pl. XIV-XV1I (Musée Britannique); Dalton, op. cit. , p. 54, n° 297, pl. IX.
3. On peut aussi citer une scène semblable, figurée sur un ivoire du Musée archéologique de Milan (Graeven, op. cit., Italien , n° 4i), mais l’exécution en est plus grossière.