Cf. Ibid., n*6i5o
MONUMENTS ET MÉMOIRES
La croix d’or gemmée de la Circoncision, qui paraît identifiable avec celle que Charlemagne donna au pape Hadrien I er , est un monument de premier ordre. La pyxide et le bas-relief d’ivoire, ainsi que les coffrets d’argent, principalement le coffret cruciforme du pape Pascal I er , la « capsella » et le coffret byzantin, avec les émaux de son couvercle et l’anneau du Pêcheur de Nicolas III, n’offrent pas moins d’intérêt. Les tissus de soie, ornés des scènes de l’Annonciation et de la Nativité, sont les seuls exemples connus de ces tentures des anciennes basiliques de Rome au ix” siècle, dont il est question dans le Liber pontijicalis. Le feuillet d’un Tite-Live, en onciale du v e ou vi e siècle, conservé par hasard pour envelopper des reliques, est l’unique épave d’un manuscrit disparu. Ces pièces capitales de mémorable provenance constituent, avec tout ce qui les accompagne, un ensemble sur lequel on pourra disserter longtemps encore. Les questions et lés problèmes quelles soulèvent sont nombreux et variés ; nous n’avons pu que les effleurer, et si le présent travail fait naître de nouvelles recherches, il aura pleinement atteint son but.
Il me reste à remercier tous ceux qui ont bien voulu s’intéresser à cette publication et la favoriser*. Le contenu de l’« arche de cyprès » de Léon III, qui sollicita leur attention, apporte une précieuse contribution aux études d’archéologie médiévale.
Nous pouvons répéter ce que De Rossi écrivait, en 1899, en publiant la mosaïque de la chapelle du Sancta Sanctorum : « Ce n’est pas sans des peines infinies que nous avons pu vaincre les difficultés qui s’opposaient à l’exécution. » Le Sancta Sanctorum a pris quelque chose du Dêbir ou Saint des Saints du Temple de Jérusalem, dont le voile mystérieux n’était soulevé que de loin en loin par la main du grand prêtre 2 .
Août-Septembre 1906.