N** LXXIV
(3) N" V, LXXIII, LXXV, LXXVI, LXXXIII, XCI, XCII, XCIII, XCVII. Raymonde Lézère (folio 237 A) obtient un répit de cinq jours pour réfléchir; l'évéque lui ordonne «quod intérim non exeat de terminalibus civitatis Appamiarum et Mansi sancti Antonini » (conf. Jacobae den Carot, folio 24 A).
(4) N° XXI, folio 76 C : « Predicta confessus fuit . . . non incarceratus, licet esset detentus per dictum dominum episcopum et posset ire per civitatem Appamiarum et terminos ejus».
(5) N° LIX, folio 186.
(6) N^ LXXXVIII, folio 299B. Il en est de même de Bernard Franc de Goulier, qui « potuit ire per totam domum episcopalem » (folio 71 C, n° XIX).
(7) Folio 80, n° XXIII: << Post Pascha eductus de carcere castri de Alamannis et ductus ad Mansum sancti Antonini ut libère ibi posset stare, et fuisset ei preceptum quod de dicta villa et douio episcopali non recède ret, etc. ».
(8) Folio 87 A.
164 LE TEIBUNAL d'iNQUISITION DE PAMIEBS
seyre, de Lordat, malade, gardé dans une chambre dn palais (1). On se demande s'il y a une différence entre la situation de ces deux derniers individus et celle de prisonniers véritables.
Bernard Gui fait allusion à la consigne imposée aux inculpés, et ce qu'il en dit achève de faire comprendre les mesures de ce genre prises par le tribunal de Pamiers. < Au lieu, dit-il, de les mettre en prison, on oblige ces prévenus à stationner à la porte du palais de Tlnquisition, tous les matins, jusqu'à l'heure du dîner et tous les soirs jusqu'à celle du souper. Ils ne doivent s'en éloigner qu'après y avoir été autorisés par l'inquisiteur » (2). Du reste, il ne dépendait que de ce dernier d'adoucir la rigueur du régime. Constatons que Jacques Fournier, s'inspirant des circonstances, de la justice et de la nécessité, avait su graduer l'échelle de ses moyens pour venir à bout des obstinés et résoudre le problème de leur surveillance (3).
Bernard Gui constate que ce régime produit souvent un résultat tout opposé à celui que l'inquisiteur en attend. Au lieu de s'amender les inculpés s'endurcissent. Se trouvant en compagnie les uns des autres, ils complotent, s'excitent mutuellement, s'encouragent à la résistance et parfois prennent la fuite (4). Raymonde, femme de Bernard Guilho, de Vernaux, subornée par d'autres, tente de faire de fausses dénonciations (5). Béatrix Gleizes, Bernard Bénet, Arnaud Tisseyre, de Lordat, s'échappent (6).
Lorsque l'inquisiteur trouve un accusé récalcitrant, qui nie, dès sa première audience ou dans la suite, des faits tenus pour
(1) Folio 158 B.
(2) Practica, p. 302.
(3) Le Begistre du greffier de V Inquisition de Carcassonne offre des cas qui ressemblent fort à la pratique dont il vient d'être question. Voir Douais, t. II, p. 165, n° XCIV. Permission est donnée à Guillaume Pages, de Rupefera, retenu captif dans la Ct<c de s'établir dans le Bourg de Carcassonne pour y soigner sa maladie. Voir aussi, p. 284, le cas d'un certain Vital de Tauliniano, captif dans la maison du Maréchal, à Carcassonne.
(4) Practica f loc, cit.