III. Ta procédure du l>ib«inal
CHAPITKE PRKMIEK, Le KtxNtre de rim|iil<«itioii de PamierK.
AiTictR Premier.
XaÎHrt et imporUwce du mauuêcriL
Ijd Re^ii»lre l'ooservé h la Bibliothèque du Vatican est le ieiil qui Di>us reste des volumes du ppreffe ioquisitorîal de PumieiB. lieux autres aaxqnelg il em fait allusion dans ce nmnnstrit nuL-me sont perdus pour nous. L'un contenait leii «entenecs
(l) iMfCumeHif pour âtrtir à VhitMr4 de rit^uiaition danf U Vnn^ ^méoe (Société de THbt. d* FrattceK 1900. 1. 1^ pp. ciu-cxiir.
<2) I>*n» Archirr* ifrx MiuionA i^,ùMifi^u4M ti UiUtnirt$y t XIV.
(S) PliiMiofii> proté» oat élé extraitu par lam^ du Be^r. dn Vat. et puWléS daM lee AmiaJn de SafMt-IxmiM-^k$'Ff«iff^ai9, t. Uh IV (1890, inO(>i« ooose piéc» jaMiflcAtiTM dt» Mteiiinï« intitulés: L'Rutiuie dtA FftAtourtaux cm 1320; Vut^ fecU 4t SpirUn à Pamiert cm î^iSO; JU po^uêmiU dew lépttnx en l$2i.
LE TRIBUNAL D^JNQUISITION DE PAMlKKS g
du tribunal. Il était le complément nécessaire du Iteg. 40.S0 qui y fait de Wniucnts renvoi»: « Queratur KiMitcntia in Libro Sententiarum hcrctice pravitatis ». On peut juger de ce quMI devait être par le Lihfr Smtmtiarum d<' Mernard Uui, qui ne renferme également <juc des procès- verbaux d'actes de foi. L'autre, proche parent du manuscrit que nous étudions, y est ainsi signalé, dans un interrogatoire de 1825: * Confessio facta et scripta in Libro <pii intitulatur: Primus Liber de dyocesi Appamiarum seripùi et recepta Hub anno Domini 1318, die noua aprilif^. . » (1).
Nou;i ivlcverons phu* loin la n»ention de deux volamcf de rinquir<îtî<in de Pamienf. ayant appartenu à Benoît XII, et que Toii enserrait, em lîJ^λ, dans la BiblîotW'que Pontificale d'Avînioii. Jïgnore «'il faut les identifier avec le los. 4030, qu'ils ont pu funuer en se fondant en an seul volume: ou ni l'on doit y rxxHinnaltre le« deux registres j)çrxJus dont il s'ugît ici: ou enfin si c'étaient des documentïn distincts de ceux qui pnV cèdent.
Quoi qn'il en soit ^ et le« Registres XXVïl et XXVIII de D^niX, comme le lÀhtr Seni^ntiarmu de KkTuanl Gui en témoignent fï^qiiemioent — les dossiers de l.»caucoup d'hértrtiqucs, justiciablea de Jacques Founiirr, et dont nous coonaiseons les sentences, ont totalement dtê])arn.
Tel qu'il est cci^cmlant le Repstrc du Vatican, ne laisse paé de présenter une imfKjrtance de premier ordr^î. Dimis to«t de suite qp il a'^^ufcrme des pn>ctVvcrb«ux d'interroicatoirx» dans leur rédaction définitive, c'wt-àdire mis au net. parce que de*. Hnfe à dcmeui\>r dans les archives de Tlnquisition. Tout y est^ de la procédure, sauf la conclusion, dont Tacte, aî-}e dil, fi;;u rait dans un a-cucil spécial. A oct égard, daa» le classement
(1) M». 4<tîû, r» 311 0.
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méthodique des sources originales de Tlnquisition, le Kegistre de Jacques Fournier peut être placé à coté des Enquêtes de Bernard de Caux et de Jean de Saint-Fierre (1245-1246) (1), du grand Procès contre les gens d'Alhi (1299-1300) (2), et du Beffistre de Geoffroy d'Ahlis (1308-1309) (3), qui ne se composent, aussi, que des actes de la procédure précédant la sentence. Puisque j'en suis à « situer » mon volume dans les Archives de rinquisition méridionale, il m'est défendu de le mettre sur le même rang que ce curieux Manuscrit du Tribunal de Carcassonne (1250-1258), publié naguère par Mgr Douais (4), et qui, dans le négligé et le pêle-mêle de ses notes brèves, de ses analyses prises au vol. en cours de séance, nous livre le secret de la vie journalière et des procédés de l'Inquisition (5). Au contraire, le Registre du Vatican offre, dans le froid appareil des formules de greffe, un texte ample, de haute tenue, et à jamais fixé. Aussi bien, est-ce par la prolixité des interrogatoires, l'abondance et la variété des renseignements, non moins que par leur intérêt, que ce volume me paraît se distinguer des autres et, sans conteste, l'emporter sur eux.
Il contient les procès-verbaux d'environ cent interrogatoires, dont quelques-uns atteignent une longueur démesurée (6). Celui de Pierre Maury occupe vingt-sept folios de grand format, celui de Jean Maury, quinze, celui de Raymond de la Côte, dix-sept, celui d'Arnaud Sicre, quatorze, et ainsi de plusieurs antres. Ce n'est plus la brièveté un peu sèche et monotone des registres
(1) Ms. 609 de la Bibliothèque de la ville de Toulouse. Cf. Molinier, L'Inquisition dans le Midi de la France (Paris, Fischbacher), pp. 163-196; Douais, op. cit.j t. I, p. cliii-clv.
(2) Bibl. Nat., ras. lat. 11847. Molinier, op, cit., pp. 79-105.
(3) Bibl. Nat., ms. lat. 4269. Molinier, pp. 107-161.
(4) Documents, etc., t. II. Cf. Molinier, op, cit., pp. 261-451.
(5) Molinier, p. 267.
(6) Voir, plus loin, les analyses.
similaires. Aussi, que de détails curieux et d'importance n'y trouve-t-on pas!
Par sa date, ce recueil se place après la réforme de l'Inquisition tentée par le Concile de Vienne (1312), dont l'objectif principal était l'organisation de tribunaux mixtes, dans lesquels la magistrature des juges monastiques serait contrebalancée et contrôlée par l'autorité des évêques diocésains. Nous pouvons étudier ici, de très près, le fonctionnement d'une de ces institutions et constater les heureux résultats produits par la fusion de deux juridictions jadis rivales. Je ne manquerai pas de noter, en particulier, les bienfaits appréciables d'une détente qui semble se produire dans les rigueurs de la procédure, et qui est attribuable au décret de Vienne non moins qu'à la longanimité du juge principal. Ces observations sont d'autant plus précieuses que le Registre de Jacques Fournier est le seul document original où l'on puisse les faire avec quelque suite et sur un champ assez vaste.
Ce document est de plus grande importance encore et présente un intérêt plus vif pour l'histoire du Catharisme qui^ au commencement du XIV^ siècle, et avant de disparaître pour toujours, connut quelques heures de renouveau, nourrit de suprêmes espérances et tenta un retour offensif. Dès l'an 1308, Geoffroy d'Ablis, inquisiteur de Carcassonne, et Bernard Gui, inquisiteur de Toulouse, déciment l'hérésie qui menace dans les vallées de l'Aude et de l'Ariège et dans le pays toulousain, mais ils ne peuvent suffire à la besogne. En particulier le pays de Foix, sauvage, impraticable cache dans ses hameaux inaccessibles de nombreux adeptes de l'erreur. C'est contre eux que Jacques Fournier institue son tribunal. Ils y comparaissent, et le juge sait provoquer leurs confidences. Ils ont tous fréquenté les chefs de l'entreprise néo-cathare; ils les ont suivis dans leurs courses, qu'ils décrivent; ils ont assisté à leurs cérémonies,
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qu'ils racontent; ils ont entendn leurs catéchèses, qu'ils rapportent fidèlement ; ils savent les localités entamées par l'erreur, les familles et les individus qui ont pactisé avec elle. C'est un tableau fort vivant de Tétat religieux de ce pays qui se déroule dans les longs procès-verbaux du Ms. 4030; et je dois remarquer qu'il est, jusqu'à ce jour, imparfaitement connu (1). J'ajouterai que ce n'est pas seulement l'histoire de l'hérésie cathare qui trouvera à prendre dans ce volume, mais aussi, et avec non moins de profit, celle des mœurs paysannes, des coutumes, des superstitions, des croyances en honneur dans le milieu très humble des artisans ruraux, des cultivateurs et des pâtres du moyen âge. Le folklore lui-même s'y enrichira de données curieuses.
Mais il est un point de notre histoire religieuse que les procès de Jacques Fournier permettront d'éclairer d'un jour nouveau, qui contrastera avec l'obscurité relative dont on s'était contenté jusqu'ici. Je veux dire les systèmes « théologiques » et moraux, les pratiques religieuses, la vie et la conduite des ministres albigeois. L'évoque de Pamiers, à en juger par la place qu'occupe la doctrine dans son enquête, semble avoir pris à tâche de pénétrer les secrets de la secte, à cet égard. Lorsqu'un accusé se présente, qui paraît être particulièrement informé, il provoque ses aveux et réveille ses souvenirs. Ainsi, certains « croyants » admis jadis dans l'intimité des « bonshommes », apportent des renseignements nombreux sur la manière de vivre de leurs chefs ; d'autres, dont la mémoire est singulièrement fidèle, s'étendent sur les « sermons » des hérétiques, dont ils font d'abon-
(1) Le Registre de Geoffroy d'Ablis et le Liber Sententiarum de Bernard Gui, qui renferment les résultats de poursuites semblables faites dans le même pays, contre la même erreur, sont loin de présenter la même abondance de détails. Ils complètent pourtant le Registre de Pamiers sur bien des points. Cf. Molinier, L'inquisttioft, etc., pp. 107-161.
^ants comptes rendus; enfin, pour ceux d'entre eux qui sont particulièrement compromis, on dresse un catalogue des erreurs qu'ils devront abjurer et on l'adjoint, sous le titre : ArticuU haereticales, aux actes du procès. Nous possédons ainsi une série de témoignages, qui, contrôlés les uns par les autres et, en somme, peu divergents, constituent une source excellente et peu ^suspecte pour l'étude des doctrines du néo-dualisme.
Je dois ajouter que les dix-sept premiers folios du manuscrit, consacrés à la transcription du procès d'un diacre vaudois, ne sont pas moins importants en ce qui concerne les crovances et les pratiques de cette secte, sur laquelle on ne possède encore que des informations vagues et incomplètes.
Enfin le Registre du tribunal d'Inquisition de Pamiers mérite d'être étudié d'autant plus attentivement que le premier rôle, dans la procédure appaméenne, appartient à un personnage appelé à de hautes destinées. Ce volume est, en somme, le document capital de l'histoire épiscopale du futur Benoît XII, €t, mieux qu'aucun autre, il peut aider à tracer le portrait de eet homme austère, zélé et juste.
Je ne m'attacherai, dans les pages qui suivent, qu'à reconstituer la physionomie du tribunal présidé pendant plus de sept années par le futur pontife, et à décrire sa procédure; me réservant d'exploiter bientôt son registre aux autres points de vue indiqués.
Article 2.
Description du Manuscrit Vat. lat. 4030.
Le Registre de l'Inquisition de Pamiers est un volume in-folio de 375 X 260 millim., relié sur bois et veau, avec empreintes et traces de fermoirs. Au dos, on lit l'inscription à demi effacée: Processus contra hereticos Valdenses, qui est, d'ailleurs fort
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A,XÏ..I
LE TRIBUNAL d'iNQUISITION DE PAMIEBS
inexacte. Sur le plat, une cote ancienne: B n. 14. Le vélin est fort, grossier par endroits, et présente entailles et lacunes. L'écri-^ ture est une gothique moyenne; quelques lettres initiales sont ornées, toujours en noir.
I^ volume compte 325 folios et est écrit sur deux colonnes par page (1). Le foliotage, contemporain de l'écriture, est en chiffres romains. Il ne commence qu'au f"* 6, pour se terminer au r cccxiv (2). Au deuxième folio, une table des matières,, écrite en caractères cursifs, porte les titres des procès avec l'indication des folios initial et final de chacun d'eux. Les quatre folios suivants (non paginés) portent des documents étrangers à l'Inquisition. Ce sont trois lettres de Gilles Aycelin (3), archevêque de Narbonne, à Bernard Saisset (4), évêque de Pamiers, et au clergé de son diocèse, portant communication (le 5 mai 1309> de divers documents pontificaux: d'abord, de la bulle de Clément V, Regnans in Celis (12 août 1308), convoquant le concile de Vienne (5); ensuite, des Constitutions Faciens miser icordiam, Cmn nos, et Ad omnium fere notitiam (6), concernant les Templiers, leurs biens, et leurs procès. Ces documents occupent les P* 4 et 5 du manuscrit (7).
(1) Il y a donc quatre colonnes par folio; nous les distinguerons ici par les lettres A, B, C, D. — Seuls, les f«« 2 (non numéroté) et €ccxiv C-D sont écrits sur une seule colonne.
(2) Il y a donc, outre les six du commencement, cinq autres folio* non paginés. Deux sont placés entre les f- cxii et cxiii; un entre lea f"" cxcviii et cxcix: et deux à la fin du volume.
(3) Gilles Aycelin, archevêque de Narbonne, de 1290 à 1311 ; archevêque de Rouen, de 1311 à 1318 (Eubel, Hierarchia catkoïica medii aeviy t. I, pp. 373, 447).
(4) Bernard Saisset, premier évêque de Pamiers (1295-1314). EubeU op. cit^j p. 94.
(5) Regestum démentis PP. V (éd. Bened. Cassin.), n. 3626, 3628^ 3629. , f
(6) Op. cit., n. 3400, 3401, 3402.
(7) Voir Molinier, Etudes sur quelques manuscrits^ etc., dans Archives dés Missions, t. XIV, pp. 221-222.
LE TBIBUNAL d'iNQUISITION DE PAMIEBS 9
Au r 6 A (f ^ I de la partie foliée), commence le registre de l'Inquisition de Pamiers qui occupe le reste du volume.
Tous les folios sont entièrement écrits, excepté les f- cxii b v^ (non numéroté) et ccxxxix A, dont une partie est restée blanche.
Chacun des procès est précédé d'un titre énonçant le contenu du document: Confessio Pétri Sahaterii de VariUis. — Processus contra Ramundam uxorem Bamundi Buscailh qmndam de Pradis in Alione defunctam hereticatam. Une rubrique semblable sert de titre courant à chaque page. En marge, on lit parfois des indications brèves qui facilitent la lecture du i^TLiQ] tantôt des noms d'accusés: Contra Simonem Barra; — Contra rectorem de Monte Alionis; tantôt les mots Sermo. en regard d'une prédication d'hérétique (1); abjuratio (2\ k côté d'un texte d'abjuration; Articidi hereticales, en tète d'une liste d'erreurs (3).
Au bas de certaines pages on trouve des réclames, quelquesunes encadrées dans un dessin : figure géométrique, animal ou caricature humaine. Au T 69 B, l'inscription qui termine la confession de Guillemette Clerc de Montaillou: Finito libro sit laus, gloria Christo, marque peut-être la fin de la première partie du volume. De même, au fl56 D, les mots Alter sermo, mis en marge, indiquent sans doute que les prévenus dont les procès suivent parurent dans un acte de foi (sermo) différent de celui où furent condamnés ceux dont les confessions précèdent.
Le manuscrit présente au moins trois écritures (4). Du f** i au f^ cxxviii D le texte est régulier, et l'encre, d'un noi>
(1) Par ex.: ff. 249, 250, 252 D, 'J55, etc.
(3) La confession de R. de la Côte, diacre vaudois, présente en marge (t- 14, 16, 17) l'indication des erreurs exposées dans le texte- Jirrores contra Sacramentum ordinis; - contra Purgatorium.
(4; On en trouvera cinq si on tient compte de la table initiale et des documents pontificaux dont nous avons parlé; et six avec celle dont Il est question dans la note qui suit.
foncé (1). Du f ° cxxix A au f ° cxxxiv D, l'écriture est plus compacte, plus aiguë; du r cxxxv à la fin du Ms. elle est pâle, mais normale. Au point de vue calligraphique nous diviserions
donc le Ms. 4030 en deux parties principales (chacune d'elles
étant l'œuvre d'un copiste différent), séparées par quelques
feuillets d'une troisième main.
Il n'est point inutile de rechercher quels ont été ces trans-
«ripteurs, et à quelle époque et dans quelles conditions ils ont
«xécuté leur copie.
On n'ignore pas qu'avant d'être fixés dans leur forme définitive les actes de l'Inquisition subissaient au moins trois transformations. Le greffier du tribunal relevait d'abord, en séance, le sommaire des interrogatoires. C'était le protocole, ou brouillon, qui servait de base à la rédaction définitive. Dans le Ms. 4030 il n'est fait allusion à cet acte préparatoire qu'à propos des séances auxquelles le notaire attitré, Guillaume Pierre Barthe, n'a pu lui-même assister et où il s'est fait représenter par ses collègues. L'un de ces derniers. Bataille de Lapenne, supradiciam citationem et etiam dictant sententiam . . . recepit et in suo protocoUo
scripsit Un autre, Guillaume Grassi, predlcta recepit et in
3m protocollo scripsit; tameii Guillelmus Pétri Barta, notarius dicti domini episcopi, predicta mnnia de dicto protocollo dicti mag. G, Grassi ahstraxit et in originali transcripsit et posuit; vice eujus ego Joiuinnes Jahhaudi. clericus, eadem de originali transeripsi fideliter et correxi (f^ 146 C). Nous transcrivons en entier cette conclusion de procès où il est clairement fait mention des deux dernières transformations subies par l'acte pour arriver à sa forme définitive.
(1) Remarquons toutefois que les folios non numérotés qui suivent le f" ex II ont été écrits par une main qui n'est celle d'aucun des autres copistes.
LE TRIBUNAL d'xNQUisitiON DE PAMIERS H
Sur le canevas tracé séance tenante, le notaire rédigeait la minute selon la forme officielle du saint-office, et il l'écrivait sur un registre en papier (1). C'est G. P. Barthe qui, dans le cas qui précède, à l'aide du protocole du notaire Grassi, compose, transcrit et « fixe >. l'original (2). Cette rédaction faisait foi; on en donnait lecture à l'accusé qui devait en approuver ou en modifier la teneur.
Enfin un scribe, juré de l'Inquisition, avait la charge d'écrire sur parchemin une copie de l'original, afin d'assurer à ce dernier une plus longue durée et de lui permettre de prendre place dans les archives de l'Inquisition.
Le Ms. 4030 est un exemple de cette dernière rédaction. Quels en ont été les auteurs?
Ils étaient au moins deux, ai-je dit. Jean Jabbaud, dont récriture commence au f cxxxivD, au milieu de l'interrogatoire d'Aude du Merviel (3), a décliné ses nom et qualité au bas d'un grand nombre d'actes : Vice cujus [notarii] ego JoJiannes Jabbaudi, clericus de Tholosa, ea de originali transcripsi fideliter et correxi (folios 161 D, 162 B, 171 A).
C'est aussi un reviseur du nom de Jabbaud, Raynaud (4), qui a corrigé sur l'original la copie de la première partie du' Re-
,n o^x?^ "^f^'* ^'^ 'P^^^^'^^ ^'' ^' ^^^ ^« ^^tre volume: Vice cujus ICt. F. Barta] ego ArnaUus Baimundus Falconis,.. in libro de papiro transcripsi, registravi,
(2) Le ms. de la Bibl. de la ville de Clermont (n. 136 a du catal. gênerai) et le ms. lat. 4269 de la Bibl. Nationale qui renferment, l'un le registre du greffier du tribunal de Carcassonne, l'autre les interrogatoires de Geoffroy d'Ablis. sont des rédactions sur papier. Voir Douais, Documents pour servir à l'Histoire de V Inquisition doMS le Languedoc, t. I, p. ccLxvrii: Ch. Molinier, V Inquisition dans le Midi de la France, pp. 111-114, 262, 267.
/foi^r.^^'i''''"'"'^ finale de l'interrogatoire d'Aude est ainsi conçue ^l ] r. .^^ 'Tohannes Jabbaudi, clericus, predictas confessiones supradicte Aude de originali in parte transcripsi fideliter et corexi
■ ^^l ^T^r^'' Raymond, comme a lu M. Ch. Molinier, Arch, des Mis-sums, t. XIV, p. 219.
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LE TRIBUNAL d'iNQUISITION DE PAMIEBS
gistre : Et ego Eainaudm Jahhaudi, clerictis de Tholosa, cum orlginall fideliter correxi (f* 86 A). Jean et Eaynaud Jabbaud étaient peut-être un seul personnage. Leurs écritures se ressemblent un peu ; Tencre dont ils ont usé est également pâle ; tous deux sont clercs de Toulouse et jurés de l'Inquisition. Mai^ nulle part leurs prénoms ne se trouvent réunis.
Il serait plus important de connaître le copiste des cent trente premiers folios dont Raynaud Jabbaud a été le correcteur. L'expédition de l'acte sur le registre en papier était toujours faite par le notaire ordinaire, Guillaume-Pierre Barthe, qui nous ea informe lui-même dans les souscriptions de divers actes (1). Dans la copie définitive que nous étudions, pour ce qui concerne les documents de la première partie (P' scribe), cette remarque du notaire-rédacteur n'est suivie que de la signature du correcteur. Raynaud Jabbaud, sans nulle mention d'un notaire transcripteur, ainsi qu'on la trouve au bas des pièces de la deuxième partie (2* scribe). Ne pourrait-on pas conclure que Barthe lui-même a exécuté la mise au net? Cette hypothèse sera confirmée par les remarques que nous allons faire à propos de la date de ce dernier travail.
D'abord il est bien sûr que cette transcription n'est pas absolument contemporaine de la procédure. On sait que l'Inquisition menait de front un certain nombre de causes, plusieurs^ traînant des mois et des années, et exigeant de fréquentes comparutions de l'accusé; d'autres, expédiées en une ou deux séances. Dans la même journée on entendait différents prévenus, aux dossiers desquels le greffier ajoutait, à mesure, ce qui leur revenait, des actes expédiés. Ainsi, la compilation du registre original procédait chronologiquement.
(1) Ainsi dans celles des actes que nous numérotons plus loin- XVIII, XXIV, XXV, XXVI, XXVII, XXVIII, XXX, XXXI, XXXIL XXXIII, etc.
Les copistes de notre manuscrit ont eu, évidemment, la préoccupation de suivre autant que possible la chronologie des causes. Ils y ont parfois réussi: en juxtaposant les procès terminés à la même date. Mais, souvent, l'ordre est rompu par une ou plusieurs pièces en retard ou en avance sur leurs voisines (1). Cttt^ double remarque appelle une double conclusion: Si le copiste a pu grouper certains procès clôturés le même jour, c'est que sa transcription n'a été faite qu'après cette conclusion. Si, exceptionnellement, quelques pièces se trouvent en avance sur celles qui voisinent avec elles dans la même page, c'est que la copie de l'ensemble du volume est postérieure à la liquidation des procès qu'il renferme. Les exemples de pièces trop tôt transcrites, au sens d'une rigoureuse chronologie, sont assez fréquents et répandus dans toutes les parties du volume pour que nous puissions formuler cette déduction.
Est-il possible de préciser encore la date de ce travail? Les notaires-transcripteurs affirment l'avoir entrepris sur l'ordre de l'évêque-inquisiteur, Jacques Fournier: de mandata dicti domini episcopL Or le correcteur Raynaud Jabbaud a laissé échapper quelque part (f 133A) un mot qui constitue un précieux renseignement : Et ego Raynaudus Jahhaudi,.. de mandata domini episcapi Mirapiscensis... correxi. Jacques Fournier était déjà
(1) Exemples de pièces en retard: Le n*» VIII (voir le sommaire) se termine le 3 décembre 1320, taudis que les no» V, VI, VII se terminent le 8 mars 1321. Du n^ XXXV au n« XL les actes se clôturent tous le 8 mars 1321, tandis que les n- XXII et suivants finissent le 2 août 13 n Enfin le procès d'Aude du Merviel (XLII), qui est des mois de juillet et août 1318, se trouve placé entre deux dossiers de 1322.
D'autres pièces sont, au contraire, en avance: le n^ XVIII qui ne finit que le 2 août 1321, est égaré au milieu de procès terminés le 2 mars précédent; les nos xxiX, XXXII, LV, LVI, qui contiennent des actes portant une date postérieure à celle des dossiers suivants. Ainsi, au n LVI, une audience est datée du 7 août 1321, tandis que les onze procès qui viennent après s'étaient terminés plus d'une année avant
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éveqne de Mirepoix lorsque Raynaud a fait la révision du ma> nuscrit. Sa translation à ce siège étant du 26 janvier 1326, il faudrait retarder jusqu'après cette date la correction de la première partie et peut^tre la transcription de la seconde.
Si Ton admet que G.-P. Barthe a exécuté la copie de la première, toutes les remarques déjà faites concordent avec la date de sa mort qu'un document nous permet de placer approximativement à la fin de 1325 ou au début de 1326. Le tome XXII des Begistres d' Avignon de Jean XXII (f 508) porte la collation faite, le 13 août 1326, à Jean Strabaud, recteur de Prades, notaire de Pamiers, de la paroisse de Vira, vacante par la mort de Guillaume-Pierre Barthe. Cette mort expliquerait la brusque disparition de l'écriture du premier scribe, au T 128 A du manuscrit, non loin de la page 133 A, où le correcteur Jabbaud nous apprend (jue Jacques Fournier était éveque de Mirepoix à répoque de sa receusion.
Barthe avait dû commencer sa copie avant la fin de Tannée 1325; il la poursuivit jusque dans les premiers mois de 1326, époque de sa mort. Alors Téveque en fit faire la collation par Raynaud Jabbaud, et confia à Jean Jabbaud le soin de continuer la transcription.
Ce volume, exécuté par son ordre, Jacques Fournier le mit dans sa bibliothèque personnelle, cjui se fondit plus tard dans celle des papes. Il passa dans la Bibliothèque du Vatican, quand la Librairie pontificale d'Avignon fut ramenée à Rome. Un catalogue (1369) de la Librairie du palais d'Avignon signale deux manuscrits de procès faits aux hérétiques du diocèse de Pamiers, par l'ancien éveque devenu pape: «Item processus domini Benedicti pape contra hereticos, dum erat episcopus Appamiensis, coopertus corio albo, qui incipit in secundo folio post tabulam errorum (Uctus et finit in penultimo folio m crimine ». — « Item processus contra hereticos cooperti corio
viridi qui incipiunt in secundo folio sumn et finiunt in penultimo folio capellanos » (1).
Article 3.
Sommaire analytique du Registre de l'Inquisition
de Pamiers.
I. — « Confessio (2) Ramundi de Costa (3), heretici Valdensi»
et dyaconi in illa secta ». -- Folios 1A-17C.
Jours d'audience: 17,18,21,29,31 décembre 1319; 2, 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 14, 15, 16, 19, 23 janvier, 24 avril 1320. Jean de Beaune assiste à la séance du 24 avril.
L'accusé, vaudois obstiné, est livré au bras séculier et brûlé, le l'^'^ mai 1320, avec Agnès Franc. (4).
II. — «Confessio Agnetis, uxoris condam Stephani Franco,, heretice, seu secte Pauperum de Lugduno, [de Vermela] (5)^ diocesis Viennensis ». — Folios 17 C-18 C.
Jours d'audience: 10 août 1319; 18, 21, 23 janvier; 25, 30 avril 1320 (J. de Beaune).
(1) Ehrle, Historia hibîiothecae Rom. Pontif., I, p. 338, n. 661p. 358, n. 925. ' '
(2) Les sommaires qui vont suivre portent d'abord le titre original du procès; puis, les jours d'audience, les noms des témoins, la nature du crime imputé, l'issue de l'instruction.
(3) La Côte- Saint- Andr€(Isère\ arrond. de Vienne, patrie de Raymond, dont le vrai nom est Raymond de Sainte-Foy. C'est une faute que de lire, comme l'a fait M. Ch. Molinier {Etude sur quelques manuscrits, etc. dans Arch, des Missions, t. XIV, p. 322, note 5), au f M A du ms., « archidiaconatus de sancta Fide » au lieu de « alias dictus de sancta Fide, diaconus, etc.»; et de donner comme lieu d'origine de ce personnage, la commune de Sainte-Foy, cant. de Semur-en-Brionnais, arrond. de Charolles (Saône-et-Loire).
(4) Voir les interrogatoires de Bérenger Scola, de Foix (f° 27 D) de G. Austatz, d'Ornolac (f o. 82 D, 83 A, 35 Aj, et de Huguette de la
(5) Vermelle (Isère). Les membres de phrase placés entre crochets, sont introduits par nous dans le texte des en-têtes, d'après les indications du manuscrit.
LE TRIBUNAL D*INQUISlTION DE PAMIERS
Nourrice et sectatriee dn précédent, elle partage son sort. Sentence et supplice: 1" mai 1320.
IXi. — « Oonfessio Arnaldi Egidii, alias vocatus {sic) Botheller, de Manso sancti Antonini (1), Appamiarum, heretici conyersi». — Folios 18 C-21 C.
Audiences les 23, 26, 28 février, 3, 25 avril 1320. L'accusé, nécromancien et « spirite > avoue et abjure. Sentence: le V mai 1320 (2). On ignore quelle elle fut (3).
IV. — « Processus contra Petrum Sabaterii de Varillis (4), Appamiensis diocesis, preventum super heretice pravitatis (sic) ». Folios 21 D-23 A.
Audiences: 23 octobre, 6, 21, 30 novembre 1318, 20 avril 1320
(J. de Beaune).
Accusé d'avoir tourné en ridicule les prières et cérémonies de l'Eglise, dénigré les clercs et les moines, il abjure la vaudoisie et toutes autres hérésies.
Sentence, le 1" mai 1320 (5). Le dispositif en est inconnu.
Y, __ .<( Testes contra Jacobam den Carot, de Ax (6), super crimine heresis ». — Folio 23.
Le 3 mars 1320 (n. st.): Barthélémy Gleize {de Ecclesia), prêtre de Sorgeat (7); Guillem Caussou, meunier, d'Ax; Gaillarde, fille de Pierre de Canals, de Saurat (8); Pierre Rougé, recteur de Mérens (9).
(1) Le Mas- Saint' Anionin, hameau prés de Pamiers.
(2) Devant l'église des Allemans (Ms. 4030, folios 21 A, 23 A).
(3) Nous avons publié ce procès dans notre Mémoire : Une secte de ^pirites à Pamiers. (Rome, Cuggiani, 1899), pp. 29-46.
(4) Varilhes (Ariége), chef-lieu de cant., arrond. de Pamiers.
(5) Ms. 4030, folios 21 A, 23 A.
(6) Ax (Ariége), chef-lieu de cant., arrond. de Foix.
(7) Sorgeat (Ariége), cant. d'Ax.
-(8) Saurat (Ariége), cant de Tarascon, arrond. de Foix. (9) Mérens, cant. d'Ax.
« Oonfessio Jacobe den Carot, de Ax ». — Folios 23 D-24 D.
Citée par lettres de l'évéque, elle comparaît les 4, 7 mars, -2 avril, 3 mai, 21 juin 1320, et le 7 mars 1321 (n. st.). Jean de Beaune conclut le procès ce dernier jour.
Cette femme est accusée d'avoir nié l'existence de la vie future et la résurrection des corps; elle est convaincue de sortilège et de maléfice. Elle s'obstine d'abord à nier, puis avoue et abjure.
Sentence, le 8 mars 1321 (1), dans le cimetière de Saint-Jean, à Pamiers (2). On ignore la peine édictée.
VI. — « Testes contra Arnaldura de Savinhano, de Tarascone (3), super crimine heresis». — Folios 24 D-25 B.
Le 20 avril 1320: Bertrand Cordier, de Pamiers, domicilié à Tarascon; Pierre de Maisselac, de Tarascon, de la paroisse de Quié (4). — Le 22 avril: Jean Ifort, surnommé Buèbre, de Tarascon. .
« Confessio Arnaldi de Savinhano, heretici conversi de Tarascone ». — Folios 25C-26D.
Audiences: le 9 mai 1320, à Tarascon; le 11 mai, à Verdun (5) ; le 15 juillet, à Pamiers. Le 5 septembre, Arnaud est incarcéré aux Allemans (6). Audiences nouvelles: 25 octobre 1320, 7 mars 1321 (J. de Beaune).
Il nie la création et la fin du monde; croit cependant à l'annihilation de toutes choses, les anges et les saints exceptés. Il finit par abjurer l'hérésie vaudoise.
Par sentence du 8 mars 1321, il est condamné au mur. Cette peine lui est commuée, le 4 juillet 1322, en diverses œuvres de
(1) Le ms. porte: 7 mars 1319; le contexte impose la lecture: 7 mars 1321 (n. st.), veille de Vacte de foi,
(2) Ms. 4030, folio 24 D.
(3) Tarascon (Ariége), arrond. de Foix.
(4) Quié, cant. de Tarascon.
(5) Verdun (Ariége), cant. des Cabannes, arr. de Foix.
(6) Les Allemans (Ariége), cant. de Pamiers, où se trouvaient les prisons de Tlnquisition.
^0^Sml:.iaiA.
pénitence, port de croix, pèlerinages {Liber Sent, p. 294). Une nouvelle procédure commence contre lui en novembre 1322 (cf. n. LXVIII).
YII, Testes contra Berengarium Scola, de Fuxo ». — Folios
Le 6 mai 1320: Gentille, femme de Pierre Scola. --Le 4 mai: Fabre de Montaut, notaire de la chatellenie des Pujols (1) ; Guillaume Bauzeilh, procureur du recteur de Ventenac (2);: Geflfroi L'Ecrivain (Scriptor), de Ventenac.
« Preventio contra Berengarium Scola et ejus confessio ». — Folios 27C-28B.
Audience: 6 mai 1320.
Partisan du vaudois Kaymond de la Côte (I), brûlé par l'Inquisition le l"-^ mai; il abjure l'erreur. Sentence le 8 mars 1321. 11 est condamné au mur. Son élargissement est prononcé le 4 juillet 1322; il reçoit, en échange, des croix simples {Lih. sent, p. 294), qui, en 1324, lui sont enlevées (Doat, XXVIII, folio 62).
Yin. — « Confessio Baruc [teutonici], olim Judei, modo baptizati et postmodum conversi ad judaismum ». — Folios 28B-31B.
Audiences les 13, 14 juillet, 13 août, 25 septembre 1320 (abjuration solennelle).
Pour échapper à la mort, lors de l'invasion des Pastoureaux (3), à Toulouse, ce juif avait dû recevoir le baptême; mais, le danger disparu, il était retourné aux pratiques judaïques, tenant pour
(1) Les Pêéjols, cant. de Pamiers.
(2) Ventenac, cant. de Lavelanet, arr. de Foix.
(3) Voir, sur les excès des Pastoureaux dans le Midi: Hist. de Languedoc (éd. Privât), tome IX, pp. 402-406; Vidal, L'Emeute des Tastoureaux en 1321; Lettres du pape Jean XXII; Déposition du juif Baruc devant Vlnquisition de Pamiers (Rome, Cuggiani, 1898). On trouvera dans cette dernière brochure le texte même du procès qui nous occupe^ pp. 38-58.
nul le sacrement reçu dans ces conditions. L'évêque lui prouve le contraire et l'instruit sur les vérités chrétiennes. Réduit par une discussion serrée, il foule aux pieds le judaïsme.
Sentence, le 3 décembre 1320, « in caméra episcopali ». La teneur nous en est inconnue (1).
IX. — « Testes contra Guillemmum Austatz, de Ornolaco (2), super crimine heresis ». — Folios 31 B - 36 B.
Les 11 et 16 mai 1320: Gaillarde, femme de Bernard Ros, d'Ornolac. — Le 26 mai : Alazaïs, femme de Pierre Monier. — Le 25 juillet: la même; Raymond Barrau, clerc; Alazaïs, femme de Pierre de Lasbordes; Julien, d'Ornolac; Barsalona, femme de Bertrand de Lasbordes. — Le 28 juillet: Pierre de Lasbordes. Tous ces témoins sont d'Ornolac.
« Confessio Guillemmi Austatz, de Ornolaco, heretici conversi >. — Folios 33 A - 36 B.
Audiences: 15, 16 juillet, 11, 28, 29, 30, 31 août, 1«', 3 septembre 1320, 7 mars 1321 (J. de Beaune).
Il a professé les erreurs suivantes: V Dieu ne crée pas une âme pour chaque corps humain. Les âmes émigrent d'un corps dans un autre. 2° Dans la résurrection générale, l'âme ne reprendra pas son corps. 3'' Les gens heureux dans ce monde ne peuvent qu'être malheureux dans l'autre; ceux qui sont malheureux ici-bas seront heureux dans le ciel. En outre, Guillem Austatz a fait l'éloge de Raymond de la Côte. On I6nit par lui faire avouer ses relations avec Pierre Autier et Prada» Tavernier. Il abjure.
Sentence, le 8 mars 1321, édictant l'em mûrement. Cette peine est adoucie en celle des croix doubles, le 16 janvier 1329 (n.st.) (3).
(1) Vidal, op. cit. y pp. 57-58.
(2) Ornolac, cant. de Tarascon, arr. de Foix.
(3) Doat, XXVII, f ° 148.
20 f^E TRIBUNAL d'inquisition DE PAMTERS
X. — « Testes contra Beatricem, uxorem Othonis de Ecclesia quondam, de Adalone » (1) ; [habitatricis de Varillis]. — Folio 36 B-D.
Le 19 juin 1320 : Giiillem Roussel, de Dalou ; Guillem de Montant, recteur de Dalou.
« Confessio Beatricis, uxoris Othonis de Ecclesia quondam, de Adalone ». — Folios 36 D - 45 A.
La lettre citatoire de Tévêque détermine cette femme à prendre la fuite. Ramenée de Mas-Saintes-Puelles où elle nvait été arrêtée, elle comparaît les 1", 7, 8, 9, 12, 13, 22, 25 août 1320, et le 7 mars 1321 (J. de Beaune).
Instruite par Pierre, Guillem, et Jacques Autier, qu'elle a fréquentés à Montaillou (2) et à Dalou, elle avoue nombre d'erreurs cathares. Elle est, en outre, inculpée de pratiques de sorcellerie et accusée d'avoir été la concubine, d'abord de Pierre Clerc, curé de Montaillou, et puis de Barthélémy Amilhat, prêtre d'Urgel. Elle abjure, et, le 8 mars 1321, est condamnée à l'emprisonnement. Cette peine est commuée en celle des croix doubles, le 4 juillet 1322 {Lib. sent,, p. 294).
XL — « Confessio Bartholoraei [Amilhati, de Ladros (3), diocesis Urgellensis], presbiteri, super fautoria et celatione heretice pravitatis ». — Folios 45 A - 47 B.
Audiences: les 11, 12 septembre, 8 novembre 1320; 5 et 7 mars 1321 (J. de Beaune).
Accusé de complicité dans la fuite de Béatrix Gleïzes, et d'avoir partagé ses erreurs et ses désordres. 11 abjure.
Sentence, le 8 mars 1321, édictant la peine du mur. Il est mis en liberté le 4 juillet 1322, avec l'obligation d'accomplir une autre pénitence {Lib. sent, p. 294).
(1) Daïauy cant. de Varilhes, arr. de Pamiers.
(2) Montaillou, cant. d'Ax, arr. de Foix.
(3) Lladrosy dans le pays de Palhars, province de Lérida.
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XII. — « Contra Guillemmam, uxorem quondam Bemardi Benêt, de Ornolaco ». — Folios 47 B-D.
Le 11 mai 1320: Alazaïs, femme de Pierre Monier; Gentille, fille de feu Guillem Kos; Raymond Bénet, tous d'Ornolac.
* Confessio Guillemme, uxoris quondam Bernardi Benêt supradicti ». — Folios 47 D - 49 A.
Audiences: 16 juillet, 11 août, 3 septembre 1320; 5 mars 1321 (J. de Beaune). Elle refuse de parler et, après la première audience, est incarcérée aux AUemans.
Accusée d'avoir cru et enseigné que l'âme humaine n'est autre chose que le sang qui anime le corps, et qu'il n'y a ni Paradis, ni PJnfer. Elle finit par avouer et abjure.
Sentence, le 8 mars 1321, édictant l'emprisonnement, remplacé, le 4 juillet 1322, par des croix doubles {Lib, sent, p. 294).
XIII. — « Contra Ramundum Vayssiera. de Ax, super crimine heresis ». — Folios 49 A - 50 A.
Le 7 octobre 1320: Jean Barte et Bertrand de Gaillac, d'Ax. Le 24 octobre: Pierre de Gaillac (1), de Tarascon.
« Confessio dicti Ramundi Valsiera super crimine heresis ». — Folios 50 A - 53 C.
Audiences: 24, 26 octobre, 15 novembre 1320, 7 mars 1321 (J. de Beaune).
Fervent adepte du catharisme, disciple des Autier, déjà condamné par l'Inquisition, sous Geoffroy d'Ablis (2). Accusé de nier la présence réelle, d'avoir médit des inquisiteurs, tenté d'assassiner un homme qui voulait le dénoncer, commis un in-
(1) Voir M. Ch. Molinier, L'Inquisition dans le Midi de la France, p. 115. Un procès avait été intenté à P. de Gaillac par Geoffroy d'Ablis; le texte original est dans le Registre de cet inquisiteur: Ms. lat. 4269 de la Bibl. Nat., f»" 46-50.
(2) Ms. lat. 4269 de la Bibl. Nat., f«« 20-21; Molinier, op. cit., pp. 115 et 152, note.
LE TBIBUNAL d'iNQUISITION DE PAMIERS
ceste, etc., il rejette toutes ces accusations, mais dénonce plusieurs partisans de l'hérésie: Simon Barthe, Eaymonde Cap- Blanc, d'Ax; Pierre Clerc, curé de Montaillou; Sibille den Baile, d'Ax;' Arnaud Tisseire, de Lordat (1); Guillem Bayard, de Tarascon; Stéphanie, de Château-Verdun (2); Palharesia, de Luzenac (3) ; Guillem Roussel, d^Ax ; Guillem Andorra et sa mère,
d'Ax * etc*
Sentence le 8 mars 1321. Vayssière est condamné à Pera-
murement dans la prison des Allemans (4).
Xlllbis. — «Sequntur depositiones aliquorum testium contra aliquas personas nominatas per Ramundum Valsiera in sua precedenti confessione et aliquas alias super crimine heresis ». — Folios 53 C - 56 C.
Le 13 novembre 1320: Guillemette, femme de feu Pradas JSavignac, d'Ax, dépose contre Simon Barthe, Arnaud Autier (5), Esclarmonde, femme de Raymond Autier, Gailharde, femme de l'hérétique Guillem Autier.
Le 31 décembre suivant: a) Guillem Mathieu, d'Ax, dépose contre Sicarde, femme de Raymond Gouzy, notaire de Pamiers, et, en premières noces, de Simon Barthe, d'Ax; contre Mersende, femme de Bernard Laurent, d'Ax; P. Clerc, recteur de Montaillou et son frère Bernard (6). — b) Gaillarde, femme de feu G. Autier, hérétique, contre Bernard Clerc et sa femme (7) ; contre Sibille, femme de Pierre Autier, dit Pauc, d'Ax; Mengarde, femme de Pons Clerc ; la mère du curé de Montaillou.
Le 29 janvier 1321 (n. st.) : Esclarmonde, femme de Raymond Autier, d'Ax, témoigne contre Simon Barthe, Mersende Laurent, Arnaud Carot, d'Ax; Guillem Roussel et Sibille Autier.
(1) Lordat, cant. des Cabannes, arrond. de Foix.
(2) Chdteau-Verdun, cant. des Cabannes.
(3) Luzenac, cant. des Cabannes.
(4) D'après plusieurs passages du ms. 4030: f«"63C, 142, 143 B.
(5) Voir sa déposition, n** LXXXI, f** 285.
(6) Voir son procès, n« LVI, fo" 173 B - 181 A.
(7) Voir n« LXXXV, f-' 293 C - 296 B.
Le 30 janvier: Baymond Autier (1), frère des hérétiques, dépose contre Arnaud Carot et Simon Barthe.
Le 7 février: Bernard Gombert (2) accuse Simon Barthe.
Le 3 avril: Pierre de Gaillac (3), de Tarascon, accuse le même.
Le 8 novembre 1320: Rixende Palharesa, de Luzenac, dépose contre Alazaïs, de Montaillou, et Ray monde, de Luzenac.
XIV. — « Confessio Grazide, uxoris Pétri Licerii quondam, de Montealionis ». — Folios 56 C - 58 A.
Audiences: P% 9, 21 août, 16 novembre 1320; 7 mars 1321 (J. de Beaune).
Accusée de catharisme, elle nie que Dieu ait créé les choses et les animaux nuisibles, ne croit pas à l'enfer, est persuadée que ses relations coupables avec le curé de Montaillou ne constituent pas une faute grave, puisque tous deux agissaient selon leur bon plaisir. Elle refuse de reconnaître ses torts et, pour ce motif, est incarcérée aux Allemans pendant sept semaines. Elle abjure enfin.
Sentence le 8 mars 1321. La peine de la prison lui est commuée, le 4 juillet 1322, en plusieurs œuvres et croix {Lib. sent.,
XV. — « Confessio Alazaicis, uxoris Pontii Ademarii quondam de Montealionis ». — Folios 58 A - 61 D.
Audiences: 20, 23 août, 17 novembre 1320; 4, 17 janvier, 7 février, 7 mars 1321 (J. de Beaune).
Elle avoue une première fois ses relations avec les hérétiques et abjure. Elle reparaît, le 17 novembre, pour continuer sa déposition et est incarcérée aux Allemans. Elle fait de nouvelles révélations et abjure une deuxième fois.
Sentence, le 8 mars 1321, qui reste inconnue.
(1) Interrogé par G. d'Ablis: Ms. lat. 4269 de la Bibl. Nat., ^«6 8; Molinier, op. cit., p. 115.
(2) Voir sa confessio, n" LX, f •« 189 C- 190 C.
(3) Voir plus haut, n*" XIII, note.
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24 LE TKIBUNAL d'iNQUISITION DE PAMIERS
XVI. — « Confessio et depositio Fabrisse den Riba, de Montealionis ». — Folios 62 A - 64 B.
Audiences: 26 septembre, 16 novembre 1820; 7 mars 1321 (J. de Beaune).
Sectatrice des Antier, elle reconnaît ses errements et accuse sa propre fille Grazidis (cf. n"" XI 7), d'avoir en des relations criminelles avec Pierre Clerc, curé de Montaillou.
Sentence, le 8 mars 1321. Nous ne savons quelle elle fut.
XVII. — « Confessio Pétri Majoris, de Ravato ». — Folio 64 B-D.
Audiences: le 21 avril 1320, à Rabat (1); le 7 mars 1327 (J. de Beaune), à Pamiers.
Légèrement compromis dans VUcreticaiion de Pierre Amiel, de Rabat. Il est condamné, le 8 mars 1321, à l'immuration.. Cette peine est remplacée par celle des croix simples, le 4 juillet 1322 (Lib.sent., p. 294).
XVIII. — « Confessio Guillerme, uxoris Pétri Clerici quondam de Montealionis », — Folios 64 D - 69 B.
Audiences: 16 octobre, 5, 14 novembre, 23 décembre 1320; 18, 30 juillet, 2 août 1321 (B. Gui et J. de Beaune).
Nièce de Pradas Tavernier, elle a été gagnée à l'hérésie par son oncle. Elle abjure après une détention préventive.
Sentence le 2 août 1321. Guillemette est condamnée à porter des croix doubles et à accomplir certains pèlerinages {Lib, sent., p. 286).
A cet endroit du manuscrit (f 69 B) se trouve le texte de la commission de Gailhard de Pomics, lieutenant de Vinquisiteur Jean de Beaune, à Pamiers, en date du 10 décembre 1318 (2).
(1) Rabat, cant. de TarascoD, arr. de Foix.
(2) Pnblié par M. Ch. Molinier, dans Etudes sur quelques manuscrits, etc. {Archives des Missions, t, XIV), pp. 303-304, d° XIV.
XIX. — « Contra Bernardum Franca, de Golerio (1), parrochie de Sos » (2). — Folios 69 C - 70 C.
Le 31 octobre 1320: Guillem Séguéla, Guillem Bertrand, Raymond Mièjeville, Raymond Subra, Bernard Marie, Arnaud Auger,. Pierre Barbe, Arnaud Maury, tous de Goulier.
«Confessio dicti Bernardi Franca [clerici], lieretici conversi ».
— Folios TOC -74 A.
Audiences: 7, 10, 21, 22 novembre, 13, 16 décembre 1320^ 7 mars 1321 (J. de Beaune).
Partisan zélé de l'albigéisme, il ne fait d'abord que des aveux incomplets qu'il rétracte sous serment. Il est incarcéré à cause de son obstination. Il se rend enfin, reconnaît la vérité, réprouve ses erreurs et est instruit par l'évêque.
Sentence le 8 mars 1321. Immuré aux Allemans, Bernard Franc est mis en liberté avec des croix doubles, le 16 janvier 1329 (n. st.). (Doat, t. XXVII, f 148).
XX. — « Confessio et depositio Ramunde, uxoris Pradas den Arsen quondam, de Pradis (3), habitatricis de Asnava (4), contra seipsam, rectorem de Montealionis et quosdam alios »►
— Folios 74 B- 76 A.
Audiences: 23 novembre 1320, 7 mars 1321 (J. de Beaune).
Elle avoue ses relations avec Guillem Autier et dénonce plusieurs croyants, parmi lesquels Bernard et Pierre Clerc, de Montaillou. Elle abjure.
Sentence, le 8 mars 1321, prononçant Timmuration aux Allemans (5). Ray monde fut relâchée et condamnée aux croix doubles et aux pèlerinages, en août 1324 (Doat, t. XXVIII, folio 63) ►
(1) Goulier, cant. de Viedessos, arr. de Foix.
(2) Viedessos, chef-lieu de cant., arr. de Foix.
(3) Prades, cant. d'Ax, arr. de Foix.
(4) Arnave, cant. de Tarascon, arr. de ï^oix.
(6) D'après la « confession » de Bernard Clerc (n° LVI).
LE TRIBUNAL d'iNQUISITION DE PAMIEBS
XXI. — « Contra Arnaldnm Cogul, de Lordato ». — Folios 76A-76D.
Audiences: 5,11,21 décembre 1320; 7 mars 1321 (J. de Beaune).
€ Dieu, dit-il, n'a créé ni le diable, ni les animaux nuisibles, tels que les loups qui dévorent mes moutons. Ces êtres n'ont été créés par personne >. Arnaud abjure le catharisme.
Sentence, le 8 mars 1321, édictant la prison. Le 4 juillet 1322, «ette peine est changée en celle des croix simples {Lib.senL, p. 294).
XXII. — « Confessio Bnine, uxoris Guillermi Porcelli quondam de Montealionis, filiam naturalem den Pradas Taverneir, heretici ». — Folios 77 A- 79 D.
Audiences: 18, 21 janvier, 7 mars 1321 (J. de Beaune).
Sectatrice de son père. Elle abjure.
Sentence le 8 mars 1311, édictant la peine du mur. Brune «8t relâchée, le lo janvier 1329, avec des croix doubles (Doat, XXVII, folio 148).
XXIII. — Confessio Bernardi Beneti, de Montealionis ». — Folios 79 D- 83 A.
Audiences: 25, 30, 31 mars, 7 avril, 20 juillet 1321.
Compromis dans plusieurs affaires d'hérésie, surtout dans Vhéretication de Guillem Guilabert, de Montaillou; il fait des aveux incomplets, est incarcéré aux Allemans d'où il s'évade. Eepris à Ax par Pierre Roussel et sa femme Alissende, il est reconduit aux Allemans où il fait des aveux complets et abjure.
Nous ne savons ni la date ni le détail de sa sentence.
XXIV. — « Confessio Alazaicis, uxoris quondam Arnaldi Fabri, de Montealionis ». — Folios 83 B- 86 A.
Audiences: 1,2,3,6,15 avril, 15, 30 juillet 1321 (J. de Beaune).
Compromise dans Vhéretication de G. Guilabert par Pradas Tavernier. Elle abjure Terreur cathare.
Sentence le 2 août 1321, prononçant l'emmurement perpétuel aux Allemans {Lih. sent., p. 287). Cette femme est mise *<en liberté, le 16 janvier 1329 (Doat, XXVII, folio 148).
XXV. — « Confessio Alamande, uxoris Johannis Guilaberti quondam, de Montealionis». — Folios 86A-87D.
Audiences: 2, 6, 7, 17 avril, 30 juillet 1321 (J. de Beaune).
Compromise dans l'hérétication de son fils Guillem, elle abjure.
Sentence, le 2 août 1821. Même peine que pour la précédente (Lib. sent., p. 287). Elle est également mise en liberté, le même jour (Doat, XXVII, folio 148).
XXVI. — « Confessio Arnaldi Fabri, de Montealionis ». lios87D-89C.
Fo-
Audiences : 4, 7, 15 avril, 24, 30 juillet 1321 (J. de Beaune).
Même accusation que pour les deux précédentes. Il abjure.
Il est condamné, le 2 août 1321, « ad murum perpetuum in muro inter fluvium Atacis et civitatem Carcassonam > {Lib, sent.,
XXVII. — « Confessio Guillelmi Auterii, de Montealionis ». — Folios 89D-91B.
Audiences: 4, 6, 17 avril, 21, 30 juillet 1321 (J. de Beaune). Même accusation que pour les précédents. Il abjure. Sentence le 2 août. Même peine que le précédent {Lib. sent., p. 287) (1).
XXVIII. — « Confessio Guillermi Fortis, de Montealionis » — Folios 91B-93B (2).
Par lettre épiscopale,du lundi avant lesEameaux (6 avril 1321), adressée à Raymond Trille, sous-chapelain de Montaillou, sont cités devant le tribunal: Bernard Clerc, Guillem Fort, Guillemette Benêt, Eclarmonde Clerc, Unissana, femme de Bernard Testanera, de Montaillou.
Guillem Fort comparaît les 13, 20, 21 avril et 1" août 1321, ce dernier jour, pour la confirmation de ses aveux devant les
(1) Cf. Ch. Molinier, U Inquisition dans le Midi, p. 148, note 1.
(2) Au folio 92 on remarque une lacune écrite en marge par le scribe Jabbaud.
évêques de Mirepoix et de Pamiers, les inquisiteurs B. Gui et J. de Beaune, et l'abbé de Boul bonne (folio 93 A).
Déjà condamné par Geoffroy d*Abliy au port des croix pour avoir nié la résurrection des corps, ce Guillera Fort est retombé dans l'hérésie. Il croit, entre autres choses, qu'après la mort les âmes errent à l'aventure à travers les lieux arides, les montagnes et les rochers, du haut desquels les démons les précipitent sans cesse. De plus, il est compromis dans l'hérétication de G. Guilabert et accusé de négligence à porter les croix. Il abjure ses erreurs.
Le 2 août 1321, il est livré au bras séculier, comme relaps, et brûlé {Lih.sent, pp. 287-288; ms. 4030, folio 175C).— Le folio 93C renferme les lettres de pénitence remises à G. Fort par Geoffroy d'Ablis, le 28 mars 1316.
XXIX. — « Confessio Ramunde, uxoris Bernardi Testaniera alias vocata {sic) Unissana, de Montealionis ». — Folios 93 C~ 97 D.
Audiences: 13, 20, 30 avril. Citée à deux reprises pour entendre sa sentence, elle ne se présente pas et se cache pendant une année, à Saurat, où elle est arrêtée vers la sainte Madeleine de l'an 1322. Audience le 23 décembre suivant.
Elle avoue avoir fréquenté plusieurs hérétiques et dénonce certains croyants: Bernard Clerc, la maison Belhot, de Montaillou, Arnaud Vidal, etc. Elle abjure.
Le 19 juin 1323, elle est condamnée < ad murum strictum >► iJLih. sent,, p. 393).
XXX. — « Confessio Guillerme, uxoris Guillermi Beneti quondam, de Montealionis». — Folios 97 D-lOO B.
Audiences: 16, 17, 19, 21, 30 mai, 25, 30 juillet 1321 (J. de Beaune).
Sectatrice des Autier et de Tavernier; elle accuse plusieurs personnes de Prades et de Montaillou. Elle abjure.
Sentence, le 2 août, prononçant la peine du mur perpétuel dans le château des Allemans < cum vinculis et catenis ferreis in pedibus, ubi panis doloris et aqua tribulationis... ministrentur >. (Zîô. sent,, p. 287).
XXXI. — « Confessio Alazaicis, uxoris Den Vernaus, parrochie de Podio» (1). — Folios 100 C-102 A.
Audiences: 29 avril, P' mai 1321. Citée avec Kaymonde, femme de Bernard Guilhon (n° LI), elle est prévenue de relations fréquentes avec les hérétiques. Elle les avoue et abjure.
Sentence, le 2 août, prononçant l'emprisonnement à perpétuité, aux Allemans {Lih. sent,, p. 287). Mais Alazaïs est relâchée, le 12 août 1324 (Doat, XXVni, folio 63).
XXXII. — « Confessio Mengardis, uxoris Bernardi Buscalh, de Pradis in Alione ». — Folios 102 A-103C.
Audiences: 19, 20 mai, 24, 30 juillet 1321 (J. de Beaune).. Sectatrice des Autier. Elle abjure.
Le 2 août 1321, elle est condamnée aux croix simples et à certains pèlerinages mineurs {Lih. sent,, pag. 286).
XXXII bis, — « Secunda confessio dicte Mengardis quam fecit postquam fuerat penitentiata de hiis que prius confessa fuerat se in crimine heresis commisisse; et postea fuit inventum per testes quod non plene fuerat confessa, cum plura alia in dicto crimine heresis commisisset et fuisset in hereticatione bina Raimunde uxoris quondam Ramundi Buscalh, de Pradis». — Folios 103 D- 107 A.
Audiences: 5 août 1321, dans le prieuré d'Unac (2): les 2, 7, 8, 29 octobre, 4 novembre 1321, 2 juillet 1322 (J. de Beaune), à Pamiers.
Elle avoue, non sans avoir été mise en prison aux Allemans, et abjure.
Le 5 juillet 1322, on prononce contre elle la peine du mur perpétuel à subir dans la prison des Allemans. {Lih. sent,,
(1) Probablement Puy- Saint- Pierre, ermitage ruiné prés d'Albiés, cant. des Cabannes.
(2) Unac, cant. des Cabannes, arr. de Foix.
p. 297). Elle est graciée et revêtue de croix, le 16 janvier 1329 (Doat, XXVII, f^ 148).
XXXIII. — € Confessio Johannis [Fusterii, seu Marinerii], de Vienna (1), heretici Valdensis ». — Folios 107B-109 D.
Audiences: 11 août 1319; 9, 13, 16, 18, 23 mars, 7, 27 avril, 21 mai, 17, 31 juillet, 1" août 1321; cette dernière audience avec B. Gui et J. de Beaune.
Vaudois obstiné, du groupe de Raymond de la Côte (n° I), il refuse de jurer et de renoncer à ses erreurs.
Le 2 août 1321, il est livré au bras séculier et brûlé {Lib. sent., pp. 289-291, et ms. 4030, folio 176 C).
XXXIV. — « Confessio Huguete fde Costa] (2), uxoris Jobannis de Vienna, beretice perfecte secte Valdensium, seu Pauperum de Lugduno ». — Folio 109 D-f* A"".
Audiences: 9 août 1319, 21 janvier, 13, 16, 18, 23 mars, 7 avril, 30 juillet, V' août 1321 (cette dernière audience avec B. Gui et J. de Beaune).
Venue, avec son mari, d'Arles à Pamiers, arrêtée et incarcérée comme lui, elle s'obstine comme lui, et partage son supplice.
Suivent deux feuillets sans pagination, que nous désignerons
par A et B.
XXXV. — «Confessio domini Amaldi de Montenespulo (3), presbiteri [beneficiati sancti Antonini Appamiensis] ». — Folio A.
Audiences: 11, 13 mars 1320; 7 mars 1321 (J. de Beaune), Complice du nécromancien A. Gélis (voir n** III). Il n'abjure qu'au moment d'entendre sa sentence (f° B^).
(1) Vienne (Isère).
(2) La Côte- Saint- André (Isère), arrond. de Vienne.
(3) MonespU, cant. du Fossat, arr. de Pamiers.
Cette dernière est prononcée le 8 mars 1321. Nous en igno-^ rons la teneur (Ms. 4030, f** B»') (1).
XXXVI. — « Confessio Guillerme, uxoris Pétri Bathegani quondam, de Appamiis ». — Folio B.
Audiences: 19 mars 1320; 7 mars 1321 (J. de Beaune). Comme le précédent. Sentence le 8 mars.
XXXVII. — « Confessio Mengardis, uxoris quondam Amaldi de Pomeriis, de Appamiis». — Folios 113A-114C.
Audiences: 6, 13, 20 mars 1320; 7 mars 1321 (J. de Beaune). Comme la précédente. Sentence, le 8 mars.
XXXVIII. — « Confessio Ramunde, filie Guillermi Fabri de sancto Baudilio (2) quondam, de Appamiis ». — Folios 1 14 C- 115 C.
Audiences: 10, 14 mars 1320; 7 mars 1321 (J. de Beaune). Comme la précédente.
XXXIX. — « Confessio Navarre, uxoris Pontii Bruni quondam de Appamiis ». — Folios 115C-116B.
Audiences: 10 mars 1320, 7 mars 1321 (J. de Beaune). Comme la précédente.
XL. — « Confessio Guillermi Escaunerii, de Ax, super crimine heresis ». — Folios 116 C - 119 C.
Audience, le 14 janvier 1321.
Le 2 décembre 1305, Bérenger de Frédol, évêque de Béziers et pénitencier du pape, avait délivré à Escaunier des lettres de
(1) Nous avons publié le procès d'Arnaud de Monesple, ainsi que ceux des quatre femmes qui suivent (no- XXXVI, XXXVII, XXXVIII, XXXIX), dans notre mémoire intitulé: Une secte de Spirites à Pamiers en 1320, pp. 46-65.
(2) Saint- Bauzeil, cant. de Varilhes, arrond. de Pamiers.
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pénitence (1) que celui-ci présente au tribunal de Pamiers avec une lettre de Barthélémy Albert, notaire de Raoul, procureur du roi pour les encours, ordonnant la restitution des biens de ce prévenu (2). 11 fait quelques révélations intéressantes touchant d'autres personnes. 11 est renvoyé sans sentence (f** 118 D).
XLL — <« Confessio et depositio Arnaldi Sicredi, de Ax, super crimine heresis ». — Folios 119 C - 133 A.
Audiences: 21 octobre, 12 novembre 1321, à Pamiers; 14 janvier 1322, à Carcassonne.
Arnaud Sicret, surnommé Baile, était fils de Sibille den Baile, célèbre croyante des Autier, dont il est souvent parlé dans notre manuscrit. Loin d'avoir pour l'hérésie les sentiments de sa mère, il est devenu l'espion, < nuntius >, de l'évéque-inquisiteur, et s'est mis à la recherche d'hérétiques fugitifs. Il s'empare de Guillem Bélibaste, réfugié en Espagne, en feignant d'être dévoué à la secte. Sa déposition est des plus intéressantes: il y raconte ses pérégrinations au delà des monts; comment il parvient à découvrir un groupe de fugitifs, justiciables du tribunal de Pamiers, «t à se glisser parmi eux; comment il les trahit tous.
Le tribunal lui délivre un témoignage solennel de satisfaction, le 14 janvier 1322 (3).
XLII. — « Processus super heretice pravitatis (sic), contra Audam, uxorem Guillermi Fabri, de Muro Veteri » (4). — Folios 133 A- 138 D.
Témoins, le 17 juillet 1318: Guillem Faure, mari de la prévenue; Ermengarde Garaud, de Merviel; le 19 juillet: Guillem de Infirmaria, sous-chapelain de Merviel; Geoflfroi L'Ecrivain (Scnptor), de Ventenac; Bernard del Quié, de Merviel; Jean de Montventoux; Jean Gayraud, de Merviel.
Audiences de l'accusée: 15, 17, 21, 29 juillet, 2 août 1318.
(1) Publiées par M. Molinier dans Etudes, etc. {Arch. des MissionSy
XIV, p. 307).
(2) Voir le même ouvrage, p. 308.
(3) Voir Molinier, op. cit., p. 306.
(4) Mervielj dans Vçntenac, cant. de Lavelanet, arr. de Foix.
Nouveaux témoins: Adalaïs, femme de feu Pierre Gamice; Guillemette d'Athon, fille d'Arnaud d'Athon, de Limbrassac (1), « pedisseca » d'Aude Faure ; Adalaïs, femme de Raymond Pregolh, nourrice de Guillem Faure.
Aude a eu des doutes sur la présence réelle. Elle abjure, le 3 août, et aussitôt la sentence est prononcée. Elle est condamnée à divers jeûnes et pèlerinages, à des visites d'églises, à se présenter devant l'évêqne, une fois l'an, le jour de saint Antonin, pendant trois ans. Le texte de cette sentence se trouve à la suite du procès, au f° 138 I).
XLIII. — « Confessio Johannis Jaufredi, de Tinhaco (2), parrochie de Unaco ». — Folios 139 A - 141 D.
Audiences: 6 février, 14 avril, 4, 14 mai, 2 juillet 1322.
Croyant cathare, il avoue ses erreurs et accuse d'autres personnes. Le 5 juillet 1322, il est condamné au mur étroit, aux Allemans {Lib, senty p. 297).
IXLIV. — «Testes contra Ramundum de Area, alias dictum Bor, de Tinhaco ». — Folios 141 D - 143 D.
Le 5 février 1322: Guillem de Carrière, de Tignac.
Le 6 février: Raymond Séguin, de Tignac.
Le 20 avril: Guillem de Corneillan, de Lordat.
Le 26 août 1321. dans l'église de Lordat: Guillem de Corneillan, le vieux.
Le 20 avril 1322: Raymond Yayssière, emmuré aux Allemans (n° XIII).
Le 23 janvier 1322: Arnaud Laufre, de Tignac.
« Confessio Ramundi de Area, alias dicti Bor, de Tinhaco, super crimine heresis ». — Folios 143 D - 145 C.
Audiences: le 18 août 1321, dans le prieuré d'Unac; les 30 septembre 1321, 23 janvier, 4, 6 février, 2 juillet 1322 (J. de Beaune), à Pamiers. Incarcéré aux Allemans, il s'évade, mais est repris à Ax par Bernard Cordier, châtelain du lieu.
(1) Limbrassac, cant. de Mirepoix, arr. de Pamiers.
(2) Tignac^ cant. d'Ax, arr. de Foix.
34 LE TRIBUNAL D*INQUIS1TI0N DE PAMIEBS
Il avoue ses erreurs : Dieu et la Vierge ne sont pas, dit-il^ autre chose que ce monde visible. Le Christ est né par une génération toute naturelle. L'âme humaine n'est autre chose que^ le sang. — Il abjure dans le sermon public.
Sentence le 5 juillet 1322: il est condamné au mur étroit, aux Allemans {Lih, sent, p. 295).
XLV. — « Confessio Guillermi Agassa, clerici, leprosi, commendatoris leprosie de Stagno [de Appamiis], super crimine heresis ». — Folios 145 C - 148 A.
Audiences: 4 juin 1321, devant maître Marc Rivel, lieutenant du viguier des Allemans, procureur de l'évéque dans l'affaire des lépreux ; puis devant Gaillard de Pomiès, lieutenant de l'inquisiteur de Carcassonne, vicaire général de l'évéque.
Le 11 juin, autre séance présidée par T3ernard Saissier, officiai de l'évéque. Ce dernier conduit toutes les autres: 6, 7, 20 juillet 1321, 2 juillet 1322 (J. de Beaune).
Guillaume Agasse est un de ces malheureux lépreux auxquels la fureur populaire et la complicité forcée des magistrats civils et ecclésiastiques déclarèrent une si triste guerre, en l'année 1321. Il affirme l'existence d'un complot de chefs de léproseries contre les chrétiens. Il raconte avec détail de quelle façon il y a été personnellement mêlé: un conciliabule tenu à Toulouse, Tannée précédente, par plusieurs chefs de léproseries du Midi; les mesures qu'on y prend; la complicité assurée de plusieurs princes sarrasins; le reniement de la foi chrétienne consenti par les assistants; la distribution de poudres empoisonnées, destinées à contaminer les cours d'eaux et les puits; les tentatives faites par lui-même dans le but de réaliser le^ complot à Pamiers.
Nous avons examiné ailleurs la valeur historique de cette pièce (1). Agasse abjure ses erreurs et est condamné, le 5 juillet 1322, à la prison perpétuelle (Lib. sent., pp. 295, 297).
(1) Voir notre Mémoire: La poursuite des lépreux en 1321, pp. 20-25.- Aux pages 42 59 de cette brochure se trouve le texte même des interrogatoires de Guillem Agasse.
XLVI. — « Confessio Mengardis, uxoris quondam Eamundi Savinhani, de Pradis in Alione, super crimine heresis ». — Folios 148 A- 149 B.
Audiences: 28 août 1321, à Unac; les 2 octobre, 3, 5 novembre 1321, 2 juillet 1322 (J. de Beaune), à Pamiers.
Sectatrice des Autier et de Tavernier, elle abjure et est condamnée, le 5 juillet 1322, k la prison perpétuelle {Lib. sent, pp. 295, 297).
XLVII. — « Testes contra Petrum de Fonte, de Vaishis, parrochie de Ax, super crimine heresis ». — Folio 149 C-D.
Le 2 septembre 1321: Eaymond Gombert, d'Ax; Jean Médici; Pierre Médici, son fils; Bernard Joculator; Raymond Caillau, d'Ax.
« Confessio Pétri de Fonte, de Vaishis, parrochie de Ax, super crimine heresis». — Folios 149 D- 150 B.
Audiences: 17 décembre 1321; 20 janvier, 16 juin, 2 juillet 1322 (J. de Beaune).
Accusé d'avoir fréquenté les ministres albigeois et en particulier G. Bélibaste, il fait des aveux et abjure.
Il est condamné, le 5 juillet 1322, à porter des croix doubles et à accomplir quelques pèlerinages {Lib. sent, p. 296).
XL VIII. — « Testes contra Arnaldum Textorem, filium Ramundi Textoris, de Sellis (1), super verbis hereticalibus ». — Folios 150 B- 151 A.
Le 19 septembre 1321, à Saint-Paul-de-Jarrat (2) : Guillem Perdiguator, sous- chapelain de Celles; Arnaud Bertrand, de Larroque d'Olmes (3); Raymond d'Arvigna (4), dit le Monje, de Varilhes.
(1) Celles, cant. de Foix.
(2) Saint- Paul-de-Jarrat, cant. ue Foix.
(3) Larroque-d'Olmes, cant. de Mi repoix, arr. de Pamiers.
(4) Arvigna ,cant. de Pamiers.
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Le 4 octobre, Jean Perdiguator, père du sous-chapelain de Celles; Pierre Gilbert, de Celles.
« Confessio Amaldi Textoris, filii Arnaldi Textoris, de Sellis, super verbis hereticalibus ». - Folio 151 A -D.
Audiences: 23 septembre 1321. au prieuré de Lieurac (1); les 7 octobre, 13 novembre 1321, 2 juillet 1322, à Pamiers.
Accusé d'avoir, en public et à plusieurs reprises, tourné en ridicule les excommunications de TEglise. Il abjure.
Sentence, le 5 juillet 1322. Il est enfermé à perpétuité dans le mur des Allemans {Lib. sent., pp. 296-297).
XLIX. — « Confessio Guillermi Maurs, de Montealionis, super crimine beresis». — Folios 152A-156D.
Audiences: 10. 22 octobre, 4 novembre 1321 : 26 juin, 2 juillet 1322 (J. de Beaune).
Cité une première fois par Tinquisiteur de Carcassonne, il avait été remis en liberté. Puis, craignant une nouvelle poursuite, il s'était réfugié à Puycerda (2), avait parcouru la Catalogne et l'Aragon et s'était joint par moments au groupe de croyants de l'hérétique Bélibaste. Appréhendé à Puycerda, par l'espion Arnaud Sicret, il avait été remis à l'inquisiteur de Majorque, puis renvoyé à ses juges naturels, l'inquisiteur de Carcassonne et l'évêque de Pamiers. Sa déposition contient des renseignements sur la manière de vivre et les doctrines des
hérétiques.
Il est, en outre, accusé de complicité dans la falsification d'une lettre de l'inquisiteur de Carcassonne destinée à amener la comparution de Pierre Clerc, curé de Montaillou, devant le tribunal. Pour ce dernier méfait, il est condamné, le 5 juillet 1322, à l'exposition au sommet d'une échelle, pendant deux jours de marché, à Pamiers et à Carcassonne, puis à la prison perpétuelle {Lib. sent, pp. 295-297; ms. 4030, folio 199C).
L. — « Confessio Arnaldi Textoris [notarii], de Lordato, super crimine heresis ». — Folios 156 D - 162 A.
Témoins, le 22 septembre 1320 : Guillem Castel, vicaire perpétuel de Verdun;
Le 24 octobre: Pierre de Gaillac, de Tarascon; Guillem de Sila, recteur de Lordat;
Le 27 octobre: Philippe de Na Castella, de Lordat; Athon de las Lenas, de Garanou (1) ; Pierre Bêle, recteur de l'église de Puy-Saint-Pierre ;
Le 3 novembre: Pons Coq, de Tarascon ;
Le 2 décembre: Guillemette, femme de raccusé;
Le 30 janvier 1321 : Eaymond Autier, d'Ax.
Audiences de l'accusé: 11,30 janvier, 18, 21,29 mars, 15 avril, 1- , 9, 12 décembre 1321, 29 mai 1323.
Maître Arnaud Tisseire était le gendre de l'hérétique Pierre Autier. Il est accusé d'avoir fréquenté les ministres cathares, de les avoir cachés dans sa maison, d'avoir conservé chez lui leurs livres, d'être, en un mot, un croyant zélé de l'hérésie. On ne peut lui arracher que des aveux incomplets. Il parvient à s'évader de la prison des Allemans, mais on le reprend peu après à Limoux. Liberté lui est laissée de présenter sa défense. On lui communique les charges qui pèsent sur lui; il refuse obstinément de les réfuter. Il meurt, impénitent, dans sa prison. Vraisemblablement la procédure se poursuivit contre sa mémoire selon les règles ordinaires.
LI. — « Confessio Eamunde, uxoris Bernardi Guilho, de Vernaus (2), diocesis Appamiensis, super crimine heresis ». — Folios 162 B- 165 A.
Audiences: 29 avril, 2 mai, 21 juillet, 20, 28 novembre, 12 décembre 1321; 26, 27 juin, 1" juillet, 5 septembre 1322; 3 mars 1323-
Accusée d'albigéisme, elle refuse de faire des aveux sur sa propre culpabilité, accuse d'autres personnes, puis révoque sa
(1) Lieurac, cant. de Lavelanet, arr. de Foix.
(2) Puycerda, ville espagnole à la frontière française.
(1) Garanou^ cant. des Cabannes, arr. de Foix.
(2) Vernaux, cant. des Cabannes, arr. de Foix.
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déposition, s'obstine à ne rien dire, et est condamnée, le 19 juin 1328, au mur étroit {Lih. sent., p. 393). Elle est mise en liberté et marquée de croix, le 16 janvier 1329 (Doat, XXVII, V 148).
LU. — € Processus habitus et factus contra Ramundam, uxorem Ramundi Buscalh quondam, de Pradis in Alione, defunctam hereticatam ». — Folios 165 B- 166 C.
Le 18 janvier 1322, Tévêque cite par lettres les fils, les parents et les héritiers de la défunte à comparaître devant son tribunal ponr y défendre sa mémoire du soupçon d'hérésie qui y est attaché. Au jour marqué, nul ne se présente. — Le 18 février, nouvelle citation, inutile comme la première. — Le 25 mai a lieu la publication des charges recueillies contre la défunte.
Le 5 juillet suivant, en sermon public, sa mémoire est flétrie, et l'on ordonne l'exhumation et l'incinération de ses restes {Lih, sent,, p. 333).
LUI. — « Confessio facta per Johannem Rocas, de Salvetate, diocesis Caturcensis (1). Deinde sequitur processus factus et habitus super dicta confessione contra ipsum Johannem». — Folios 166 D- 169 D.
Audiences: 25, 28, 29 juillet 1321: 12, 27, 28 mars 1322, dans la prison des Allemans.
Jean Roques croit qu'il n'y a, en Dieu, qu'une personne, le Père, qui a créé le ciel et la terre. Il fait le signe de la Croix en disant: Adjma me Deus, au front, quifecisticœlum, à l'épaule gauche, et terrant, à l'épaule droite.
Il refuse d'abjurer, malgré les instances de Gaillard de Pomiès, qui se rend souvent dans sa prison pour l'y amener. Il meurt impénitent (folio 168 C).
Après sa mort, l'évêque signifie à l'official de Cahors, par lettres du 6 septembre 1322, l'ordre de citer les parents et les héritiers, ou les amis du défunt qui voudraient le défendre. Cet acte n'a aucun résultat, non plus qu'une deuxième et une troi-
(1) La Sahetat (Tarn-et-Garonne), canton de Montpezat, arr. de Montauban.
rsième sommations (13 novembre 1322; 14 juin 1323). On publie alors les charges reçues contre Roques. On en usa à son égard comme pour le précédent; cela ne fait aucun doute, bien que le texte de la sentence soit inconnu.
LIV. — « Processus factus et habitus contra Guillermum Guilaberti, deflfunctum hereticatum, de Montealionis, Appamiensis diocesis». — Folios 169D-171B.
Citations des intéressés par le curé de Montaillou, les 14 janvier et 18 février 1322. Le 19 mars, on interroge Alamande, mère du défunt (cf. n" XXV), et Alazais Faure (cf. n" XXIV), emmurées aux Allemans, sur leurs intentions au sujet de la défense. Elles renoncent à l'entreprendre. Le procès est terminé, le 25 mai 1322, par la publication des témoignages.
Le 5 juillet suivant, on prononce l'exhumation et l'incinération des ossements de l'hérétique (Lib. sent., p. 333).
LV. — « Confessio facta per Bernardum de Ortello [majorem dierumj, de Ravato. Deinde sequitur processus contra ipsum habitus et factus super dicta confessione; et quadam alia in fine processus per ipsum facta ». — Folios 1 71 B-172 B.
Le 2 mars 1322, premier interrogatoire et aveux incomplets de l'accusé, à qui l'on reproche d'avoir nié la résurrection des corps.
Le 15 février 1323, témoin à charger Gentille, femme de Guillem Macaire, de Rabat; le 28 février, témoignage de Raymond Pages, de Rabat.
Le 8 avril suivant, Bernard d'Ortet, interrogé de nouveau, persiste dans ses dénégations. On l'incarcère aux Allemans, où il reste plus de neuf mois.
Le 21 janvier 1324, il avoue son hérésie. Il a cru que Dieu, au lieu de faire revivre les corps que nous possédons présentement, en créera de nouveaux pour le jugement dernier, lesquels disparaîtront, le jugement accompli. Il abjure.
Le 12 août 1324, Bernard est condamné au mur à perpétuité (Doat, t. XXVIII, r 73). Cette peine lui fut remise, le 16 janvier 1329, avec l'obligation de revêtir les croix (Doat, XXVII, folio 148).
VT- A^:?ir-^
LVT. — -« Confessiones Bernard! Clerici, de Monte Alionis». — Folios 173 B- 181 A.
r^ confession : Le 7 août 1310, dans la maison de l'Inquisition, à Carcassonne, devant Geoffroy d'Ablis, Bernard Clerc, frère du curé de Montaillou, avoue ses relations avec les hérétiques cathares, cachés dans la maison Bellot, de Montaillou. Il abjure.
2' confession: Même jour, devant le même inquisiteur, suite
de ses aveux.
3' confession: Le 13 avril 1321, devant Jean de Beaune,
suite des aveux.
r confession: Les 22, 25, 26 mai 1321, devant J. Fournier (voir sa citation, au n^ XXVIII). Ses aveux étant peu précis, il est envoyé à la prison des Allemans. Il en sort, le 2 novembre, fait des déclarations satisfaisantes, abjure et est mis en liberté provisoire, sous cautionnement (f 176 D).
On apprend presque aussitôt qu'il a essayé, durant sa captivité, aux Allemans, d'organiser un complot de faux témoignage et de persuader à quelques prisonniers de revenir sur les dépositions faites par eux à la charge de Pierre Clerc, son frère.
Cela motive une nouvelle procédure. On interroge les détenus suivants: le 14 novembre 1321: Barthélémy Amilhat (n° XI); le 23 novembre: Adalais, femme d'Arnaud Faure, de Montaillou (n* XXIV); les 29 novembre et 22 décembre, Béatrix, femme d'Eudes Gleizes (n** X) ; Grazide, femme de P. Lizier (n° XIV) ; Alamande, femme de Guilhabert (n* XXV) ; Eaymonde, femme de Pradas den Arsen (n** XX).
5' confession de Bernard Clerc (folios 179 B • 181 A), le 23 novembre 1322. 11 nie formellement; de même, le 9 décembre. On lui donne toute facilité pour présenter sa défense. Les charges qui l'accablent lui sont communiquées; il est autorisé à recourir à un avocat; de nombreux délais lui sont laissés. 11 n'en profite point et s'obstine à réclamer communication des noms de ses accusateurs. Cela ne lui est point accordé. Séances les 3, 9 février, 31 mars 1323. L'accusé renonce à présenter sa défense.
6' confession: Le 7 août 1324, devant Jacques Fournier et Jean Duprat, inquisiteur, Bernard Clerc déclare persister dans ses négations et son refus (f 181 A).
Le 13 août suivant, dans l'église du Camp, Bernard Clerc fut condamné < ad strictum mûri Carcassonae Inquisitionis car-
cerem, in vinculis ferreis ac in pane et aqua >. (Doat, XXVIIl^ f 86).
LVII. — « Processus habitus et factus contra Mengardim Alibertam et Guiliermam, ejus filiam, uxorem Pétri de Bonoanno (1), de Savart (2), Kamundum de Laburato et uxorem ejus, et Mengardim de Area, et Martinam, uxorem Amelii Kubei de Tarascone ». — Folios 181 A -183.
Témoins, le 25 janvier 1322: Raymond Peyre (n** XC), de Quié, dépose contre Mengarde Alibert, héretiquée sur son lit de mort par Kaymond Faure et Guillem Autier. — Pierre Peyre^ de Quié (n*" LXXXVIII), contre la même, Eaymond de Laburat, sa femme. Blanche de Concenac, d'Arignac, et Kixende Gasc, de Tarascon.
Le 31 janvier: Guillem d'Aire, de Quié (n° XCV), contre Mengarde et sa fille, et Mersende Gasc, de Tarascon. — Jacqties^ Tartier (n** LXXXIX), de Quié, contre R. de Laburat.
Le 25 novembre 1322: Raymond Peyre, contre le même.
Le 26 novembre: Bernard Faure, Arnaud Gasialde, de Quié,. Jean Montagne, de Tarascon, tous contre R. de Laburat.
Le 5 décembre: Raymond Frezat, curé de Quié, contre le même.
LVIII. — « Deinde sequitur confessio per clictum Ramundum de Laburato factam super factis hereticalibus et sortilegiisper dictas personas commissis ». — Folios 183- 186 C.
Audience le 7 février 1323.
Accusé d'avoir fréquenté les hérétiques, et bravé pendant longtemps l'excommunication contre lui lancée pour refus de payer la dîme épiscopale. Il abjure.
Sentence, le 19 juin 1323. Il est condamné à la prison étroite {Lih. sent., p. 393).
(1) Bouan, cant. des Cabannes.
(2) Sabart, dans Tarascon, arr. de Foix.
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42 LE TBIBUNAL d'iNQUISITION DE PAMIERS
/LIX. — « Contra Bernardam, uxorem Amelii de Eivis, de Ax, super crimine heresis ». — Folios 186 D - 187 A.
Témoin, le 13 mars 1323: Bernard Uombert, d'Ax, frère de l'accusée.
« Confessio Bernarde, uxoris Amelii de Kivis, de Ax ». — Folios 187 A- 189 B.
Audiences: 2, 5, 6 avril 1323.
Accusée par son frère, elle le charge à son tour. Elle abjure.
Sentence, le 12 août 1324. Bernarde est condamnée au mur, h perpétuité; mais elle en sort avec l'obligation de porter les <;roix, le 16 janvier 1329 (Doat, tome XXVllI, f 71 et suiv.; tome XXVII, r 148).
LX. — «Confessio Bernardi Gomberti, de Ax, super crimine heresis ». - Folios 189 C - 190 C.
Audiences les 7 et 14 avril 1323.
Déjà condamné par Geoffroy d'Ablis, Bernard Gombert est encore marqué des croix d'infamie. Il accuse sa sœur. Ses dires ■ étant en contradiction avec ceux de cette dernière, une confrontation a lieu, mais sans résultat. Ils sont tous deux retenus prisonniers. On ignore quel fut le sort de Bernard.
LXI. — «Contra Adalaycam, filiam Aycredi Boreti, de Caussone (1)». — Folios 190 C- 191 B.
Témoins, le 29 juillet 1321: Guillem den Home, de Lassur (2), •dans l'église de Saint-Pierre, du Puy.
Le 6 août: Guillemette, femme du précédent, à Aston (2).
Le 30 juillet, dans le prieuré d'Unac, déposition d'Adalaïs •elle-même contre Guillem Bec, de Caussou; elle avoue ses propres relations avec les hérétiques.
Sentence inconnue.
(1) Caussou, cant. des Cabannes, arr. de Foix.
(2) Lassur, Aston, cant. des Cabannes.
LXII. — « Confessio Guillerme, uxoris Bernardi Bec quondam, de Caussone, super crimine heresis». — Folios 191 C - 192 B.
, Audiences: 22 novembre 1322, 31 janvier 1323.
Accusée d'albigéisme, elle l'abjure.
Le 19 juin 1323, elle est condamnée ad murum largum [Lih. sent., p. 393).
LXIII. — « Contra Ramundum Cicredi, majorem dierum, de Asco (1), parrochie de Ax ». — Folios 192 C - 193 C.
Témoins, le 2 août 1322, à Ax: Bernard Gombert, d'Ax (cf. n° LX); le 3 août: Jean-Pierre Amiel, d'Ascou; Bernard Vincent, d'Ascou; le 4 août: Ascou Dupuy, d'Ascou; Bernard Pons, d'Ascou.
« Confessio Ramundi Cicredi, de Ascone, principalis, super crimine heresis». — Folios 193 C- 195 C.
Audiences: à Ax, le 3 août; à Pamiers, les 14 septembre, 4 novembre 1322; 20, 24 mai 1323; 7 octobre 1322 {sic).
D'après lui, l'âme humaine n'est autre chose que la nourriture donnée au corps. Si le corps souffre la faim, l'âme languit. Il avoue à demi et abjure.
Le 19 juin 1323, il est condamné aux croix doubles [Lih. sent., p. 393).
LXIV. — « Confessio Bernardi Laufredi, de Tinhaco, super crimine heresis ». — Folios 195 D - 196 D.
Audience: 5 novembre 1322.
Croyant albigeois; il abjure.
Sentence le 19 juin 1323. Même peine que le précédent {Lih. sent., p. 393).
(1) Ascou, cant. d'Ax, arr. de Foix.
LXV. — « Coafessio Guillermi Bajuli, de Montealionis, super crimine heresis ». — Folios 197 A -200 A.
Andience: 1"' avril 1323.
Guillem Baile a fait partie du groupe de croyants réfugiés en Catalogne avec G.Bélibaste. Il est arrêté à Sainte-Suzanne' par les gens de l'évéque. Il avoue ses erreurs et abjure.
Le 19 juin 1323, il est condamné au mur étroit {Lib. sent., p. 393). Il est mis en liberté et marqué de croix, le 10 janvier 1329. (Doat, XXYII, f^ 148).
LXVI. — « Confessio et depositio Ramunde, uxoris Bernardi de Pujolibus, de Ascou, filieque quondam Pétri Michaelis, de Pradis, super crimine heresis ». — Folios 200 B - 201 B.
Audience: le 4 novembre 1322.
Elle a fréquenté Pradas Tavernier; elle abjure l'albigéisme. Sentence, le 19 juin 1323, la condamnant aux croix simples. {Lib. sent , p. 393).
LXVII. — « Confessio et depositio Sybilie, [filie Jobannis Gozini de Lamato] (1), uxoris quondam Ramundi Pétri [de Sinsato, alias de Savartesio], de Arcbis (2), diocesis Electensis, super crimine heresis ». — Folios 201 C - 206 D.
Audiences: 13 novembre, 2 décembre 1322. L'évéque agit comme délégué des inquisiteurs de Toulouse et de Carcassonne
Venue d'Arqués à Mazères, où elle est citée. Elle fait une déposition intéressante. Elle a connu plusieurs ministres de la secte et paraît très instruite des doctrines cathares. Elle nous apprend que Roger Bernard III, comte de Foix (mort le 3 mars 1302, à Tarascon) (3) avait été reçu dans l'albigéisme, sur son lit de mort, par P. Autier (f" 206 B). Elle nomme de nombreux
(Ij Larnat, Sinsaty cant. des Cabannes.
(2) Arques (Aude), cant. de Couïza, arr. de Limoux.
(3) YoWHist de Languedoc, t. IX, p. 232; t. X. note X, pp. 51, 52.
partisans de l'hérésie dans les localités de Verdun, Bouan, Miglos (1), Larnat, Tarascon, Mercus (1), Montaillou, Brades, etc. Elle abjure. Nous ne savons quelle peine lui fut imposée.
LXVIIl. — « Contra Arnaldum Savinhani, de Capite-Pontis Tarasconis (2) super crimine heresis ». — Folios 207 A - 208 C.
Témoins, le 25 novembre 1322: Vésia Tisseire; Guillem Tibaut, fils de Guillem Bernard Massonier; 26 le novembre: Jean Montanier, tous du Cap-de-Pont, de Tarascon, « paroisse de Quié ».
« Confessio Arnaldi Savinhani, etc. ». — Folios 208 C - 209 B.
Audience: le 30 novembre.
Un procès est intenté à Arnaud pour négligence à porter lés croix dont il avait été marqué, le 4 juillet 1322 (cf. n*" VI). On le renvoie, une première fois.
Le 12 mai 1323, il comparaît de nouveau, après citation, inculpé de la même négligence. Il se repent.
Le 19 juin, il est condamné au mur étroit {Lib, sent,, p. 393). Il est délivré et marqué de croix, le 16 janvier 1329 (Doat, XXVII, r 148).
LXIX. — € Inquesta et confessiones transmisse per inquisitorem Aragonie domino inquisitori Carcassone, facte et transmisse per eundem anno Domini M'^CCC'^XXIIP, sunt infrascripte, ir idus junii ». — Folios 209 C - 213 D.
Le 14 mai 1323, Arnaud Sicret (cf. n°XLI), espion de l'Inquisition de Pamiers et de Carcassonne, qui s'est emparé de Jean Maury, d'Asperta, sa belle-mère, et de Mathea, sa femme, comparaît devant le tribunal d'Inquisition de Lérida. Il raconte sa mission et donne les motifs de l'arrestation de ces personnes. Elles sont en fuite pour motif d'hérésie et recherchées par l'Inquisition de Pamiers.
(1) Miglos, Mercus, cant. de Tarascon, arr. de Foix.
(2) Section de Tarascon située sur la rive gauche de l'Ariége, vers Quié.
Le lundi 15 mai, dans la maison des dominicains de Lérida^ par devant frère Guillem Coste, vicaire de l'inquisiteur, assisté des frères Jacques Alfonso, prieur, et Pierre Olivon, d'Arnaud Graya, expert, et Pierre Delzor, notaire, comparaissent Pierre Maury (cf. n" LXXYII), déjà arrêté, Jean Maury, son frère, Ma-
thea et Asperta.
Les 12, 13, 14, 15, 16, 22 septembre 1323, nouveaux interrogatoires faits par l'inquisiteur en personne, Bernard de Puycertos (de Podio Certoso), et par l'éveque de Lérida assistés de Jacques Ciro, officiai, des frères Bérenger de Paloneri, lecteur du couvent des dominicains de Cerbère, et Raymond Delport, et de Pierre Delzor, notaire. Dans ces divers interrogatoires les accusés font des révélations touchant leurs rapports avec les hérétiques: les frères Autier et Gr. Bélibaste.
A la prière de Jean de Beaune, inquisiteur de Carcassonne, le pape Jean XXII donne ordre à Tévêque de Lérida et à l'inquisiteur d'Aragon, de remettre les fugitifs aux envoyés de l'Inquisition carcassonnaise (8 novembre 1323) (1). L'ordre est exécuté, au moins pour les deux frères Maury; et les actes du procès entrepris contre eux au delà des monts les suivent en France.
« Confessio et depositio Johannis Maurini, de Montealionis, [coram domino episcopo Appamiensi], super crimine heresis ». — Folios 213 D- 224 B.
Audiences: 18 février, 3 août 1324.
Remis à l'éveque de Pamiers par l'inquisiteur de Carcassonne, Jean Maury fait une longue déposition sur son passé hérétique, sa vie en Catalogne en compagnie d'autres fugitifs et de G. Bélibaste. Il rapporte les discours ou instructions de ce dernier et de ses collègues: Raymond Fanre, Raymond de Toulouse, Philippe Talayrac. Il abjure ses anciennes croyances.
Le 12 août 1324, il est condamné à la prison perpétuelle (Doat, t. XXVIII, r 71 et suiv.).
(1) Arch. du Vatican, Regest. Vatic, 76, f° 2, n« 4 de curia; et Reg. 112, n* 822.
LXX. — « Confessio Amelii de Rivis [de Cantesio] (1) vicarii perpetui ecclesie de Hunacho, super crimine heresis». — Folios 224 C-225 C.
Audience, le 7 juin 1323.
Ce vicaire a cru et enseigné aux fidèles qu'après le jugement général les corps retourneront dans la terre. « Il est écrit, dit-il, que la chair et le sang ne posséderont pas le royaume de Dieu >. Il abjure.
Le 11 juin, Barthélémy Hugues, de Saverdun, portier du prieuré d'Unac, et Nicolas Duprat, sous-chapelain d'Unac, déposent contre Amiel, devant B. Gui et J. de Beaune.
Le 19 juin, Amiel est condamné au mur {Lib.senL, p. 393). Cette peine lui est remise, le 12 août 1324; il est condamné en revanche à jeûner au pain et à l'eau les mercredi et vendredi de chaque semaine, et les vigiles des fêtes, pendant deux ans. (Doat, XXVIII, f** 63).
, LXXI. — « Contra Arnaldum de Vernhola (2) [subdiaconum,. apostatam ordinis minorumj,filium Guillermi de Vernhola (3), de Mercatali (4) Appamiensi, super crimine heresis et sodomie ». — Folios 225 C-230 A.
Témoins, le 9 juin 1323: Jean Ferrier,fils de Raymond Ferrier de Bouriège (5), étudiant en grammaire à Pamiers.
Les 13 et 23 juin: Guillaume Ros, fils de Pierre Ros, de Ribouisse (6), âgé de 16 ans; Guillaume Bernard, fils de Jean Jot, de Gaudiès (7), âgé de 15 ans; Guillaume Bonier, fils de Bernard Bonier, de Plavilla (8), âgé de 18 ans.
(1) Cantéy cant. de Saverdun, air. de Pamiers.
(2) Verniolle, cant. de Ramiers.
(3) Le père de l'accusé était probablement ce Guillem de Verniolle consul de Pamiers, qui assiste, à ce titre, les 4 et 5 juillet 1322, au sermon public tenu dans le cimetière Saint-Jean, de Pamiers (Lib. sent, p. 291).
(4) Le Mercadal, un des quartiers de l'ancien Pamiers. (6) Bouriège (Aude), arr. et cant. de Limoux.
(6) Bibouisse (Aude), cant. de Fanjeaux, arr. de Castelnaudary.
(7) Gaudiès (Ariége), cant. de Saverdun, arr. de Pamiers. ^8) Blavilla (Aude), cant. de Belpech, arr. de Castelnaudary.
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48 LE TRIBUNAL d'iNQUISITION DE PAMIEBS
Le 21 juin: Guillaume Pecs, fils de Faure den Pecs, de Ribouisse, âgé de 19 ans. Tous ces jeunes gens sont étudiants en grammaire à Pamiers.
Le 2 juillet: frère Pierre Record, carme (1).
^ Confessio Arnaldi de Varnhola (sic), filii Guillermi de Varnhola, de Mercatali Appamiensi, de crimine heresis et sodomie ». — Folios 230 B-233 D.
Audiences: 23, 28 juin 1323; V' août 1324.
Il est accusé par ses complices de crimes contre nature, et d'avoir, bien qu'il ne fût pas prêtre, entendu des confessions dans les églises et les maisons particulières. Il recevait de préférence les aveux des jeunes gens, qu'il pouvait ainsi plus aisément solliciter au mal. Le carme Record s'était prêté à cette supercherie. Accablé par les dépositions de ses victimes, Arnaud avoue ses nombreux sacrilèges et répudie les misérables principes (!?) au nom desquels il avait réussi à triompher des scrupules de ses complices.
Le 12 août 1324, il est condamné à la dégradation et à la prison perpétuelle sans amnistie possible à l'avenir. (Doat, t. XXVIII, r 73).
•^iXXII. — « Contra Arnaldum de Vedeilhaco (2), majorem dierum, de Vedeilhaco, super crimine heresis et sodomie ». — Folio 234 A-B.
Témoins, le 21 juillet 1323, à Tarascon: Bernard de Jean, recteur de Bédeillac. Le 25 juillet: Adhémar, de Bédeillac.
< Confessio et depositio Arnaldi de Vedeilhaco super crimine heresis et fautoria eretice pravitatis ». — Folios 234 C-236 A. Audiences: 18 janvier, 18 février 1324.
(1) Ce religieux, convaincu de sorcellerie, fut condamné, le 17 janvier 1329, par Dominique Grima et les inquisiteurs Chamayo et Brun, à la dégradation et à la réclusion perpétuelle dans le couvent de son
. ordre, à Toulouse (Doat, XXVII, f^ 150 v*^).
(2) Bédeillac, cant. de Tarascon, arr. de Foix.
Il a connu Guillem Bayard, hérétique, de Tarascon; il avoue ses propres erreurs et dénonce d'autres personnes.
Le 12 août 1324, il est condamné à porter des croix doubles et à faire des pèlerinages majeurs et mineurs (Doat, t. XXVIII, folios 68 et suiv.l.
V LXXIII. — « Confessio Ramunde [Lezere], uxoris Arnaldi Beloti quondam, de Monte Alionis, filie Pétri de Argeleriis quondam dicti loci, super crimine heresis». — Folios 236C-239 A.
Audiences: 23, 29 décembre 1323; 7 juillet 1324.
La maison Belot, de Montaillou, était fréquentée par les hérétiques Autier et Tavernier; ils y tenaient des assemblées de croyants et y prêchaient. L'accusée finit par avouer ses relations avec eux, et abjure.
Le 12 août 1324, elle est condamnée au mur perpétuel. (Doat, XXVIII, f" 71 et suiv.).
LXXIV. — « Confessio Johannis Pelicerii, filii Bernardi Pelicerii, de Monte Alionis quondam, super crimine heresis ». Folios 239 B-242 B.
Audiences: 24 décembre 1323; 5 janvier, 9 juillet 1324; 8 janvier, 5 février, 22 mars 1325.
Il n'avoue ses rapports avec les ministres cathares qu'après avoir été incarcéré aux Allemans.
Le 16 janvier 1329, il est condamné au mur (Doat, XXVII, f 148 v**).
LXXV. — « Confessio Guillerme, uxoris Guillermi Argelerii, de Montealionis, super crimine heresis et fautoria heretice pravitatis ». — Folios 242 B - 244 C.
Aiidiences: 7 janvier, 10 juillet, 5 octobre, 10-12 novembre 1324.
Incarcérée comme le précédent, elle avoue son crime.
Le 16 janvier 1329, elle est condamnée au mur (Doat, XXVII, f 148 V**).
(/ LXXVI. — « Confessio et depositio Kamunde, uxoris Guillermi Martini, de Monte Alionis, filieque Ramundi Maurini quondam, dieti loci, super crimine heresis». — Folios 244 D - 247 A.
Audiences: 21 juin, 5 et 7 juillet 1324.
Cette femme est la sœur de Jean et de Pierre Maury (cf. numéros LXVIII et LXXVII), sectatrice de Raymond Fabre et de Philippe Talayrac. Elle abjure.
Le 12 août 1324, elle est condamnée au mur à perpétuité (Doat, XXVIIl, r 71 et suiv.). Elle en sort avec des croix, le 16 janvier 1329 (Doat, XXVII, folio 148).
•^LXXVII. — « Transcriptum confessionis et depositionis Pétri Maurini, filii Ramundi Maurini quondam, de Montealionis, quam fecit coram religioso viro fratre Bemardo de Podio Cirtoso, inquisitore lieretice pravitatis in réunis et terris illustrissimi domini régis Aragonum; quam misit idem inquisitor venerabili et religioso viro fratri Johanni de Belna,. inquisitori . . . Carcassone, transmissa per dictum dominum inquisitorem Carcassone reverendo in Christo patri domino Jacobo, Dei gratia episcopo Appamiensi, de verbo ad verbum. talis (sic) est)^. — Folios 247 A- 248 D.
Audiences, les 8 juillet, 6 août, 16 décembre 1323, présidées par l'inquisiteur d'Aragon assisté de frère Jean de Babilo, souslecteur du couvent des dominicains de Barcelone et de frère
Antoine de Moragt.
Picrr* Maury a cninno et fréquenté Pierre Antier, Prude» Tavcrnicr, (iuiUem Bcliba^ie. R^ fagié en CnUlogoe, comme ce • dernier hérétique, il y a clc trahi et ârrtié par r«i>ioii Arnaud SicTtt (cf. n** XLl).
LE TRIBUNAL D'iNQUISITION DK PAMIERS 61
< Confessio Pétri Maurini, de Monte Alicnis, super crimine heresis [coram domino episcopo Appamiensi ] ». -~ Folios 249 A - 274 D.
Remis par ordre du pape (cf. n' LXIX) à l'inquisiteur de Carcassonne et à l'évéque de Pamiers, Pierre Maury comparaît devant ce dernier, le 25 juin 1324. Sa déposition est non seulement la plus étendue, mais aussi l'une des plus curieuses et des plus importantes du Registre. Elle contient, outre le récit de la vie des fugitifs en Espagne, et des renseignements nombreux sur l'histoire de l'albigéisme dans le comté de Foix, de précieux canevas de prédications (sermones) d'hérétiques tels que Pierre Autier (folios 249, 250), Tavernier (252 D), Jacques Autier (251 B), Amiel de Peries, Raymond Faure, Philippe Talayrac, Guillem Bélibaste (261-265), etc.
Les erreurs professées par Pierre Maury sont résumées dans une série de propositions (62), artîcuU hereticales. qui tiennent du f 268 B au C 274 B.
Il abjure et est condamné, le 12 août 1324, au mur perpétuel (Doat, XXVIIl, folio 73).
LXXVIII. — «Confessio Bernardi Martini, filii Pétri Martini quondam, de Ugenacho (1), dyocesis Appamiensis, super crimine heresis ». — Folios 275 A - 282 D.
Audiences : 4 juillet, 4 août 1324.
Bernard Martin s'était, comme le précédent, réfugié en Catalogne; il est arrêté par Arnaud Sicret, à Tarascon, dès son retour dans le pays de Foix. Il a connu les hérétiques Guillem Autier et Raymond de Saint-Papoul, qui étaient les hôtes de son père, à Junac, quand ils venaient dans la contrée.
Son récit contient des détails nombreux sur l'extension du catharisme dans diverses localités du Savartès: Junac, Illier (2), Miglos, Signer (2), Arignac, Rabat, Larnat, Capoulet (3), Sabart, Q»ié. etc.
(1) Jwucy csai de Vicdcciso^ arr. de Foîz. Ci) WUr, SifÊter, cant. de VkdetSMM.
(3) Caponlei, oint, df VSodeêdoo.
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52 LE THIBUNAL d'iNQUISITION DE PAMIEBS
11 abjnre et, le 12 août 1324, est condamné au mur à perpétuité (Doat, XXVIII, r 73).