‹ Le Tribunal révolutionnaire (1793-1795):Chapitre 7 sur 14 · a dit Fuuquit · texte numérisé non relu

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POUQDIEB-TINVILLE 48

était estintëe 30.000 lirres ; la charge, améliorée par ses soins, ne valait pas moins de 40.000 livres. Il avait reçu, pour sa part de l'héritage paternel â3.2S7 livres ; sa mère lui avait fait abandon des 15.000 livres avancées lors de son installation à Paris : les 6. 000 livres de dot provenant de Dorothée Saugnier, dont il avait l'usufruit comme tutear de ses enfants, les 10.000 livres apportées par Henriette, d'autres sommes encore qu'il est superflu d'énumérer, portaient son capital liquide h près de ISO.OOO livres, ce qui, à l'époque, était, pour un bourgeois, une appréciable fortune.

Qu'advint-il de cette aisance ? A quelle spéculation ruineuse Fouquier employa-t-il ses fonds ? Faut-il croire, comme le dit Desessarls^, que, « entouré de dupes qu'il égarait ou de fripons dont il protégeait les ruses, il prodiguait à des courtisanes les fruits de son imposture », et qu'il H avait un goût de prédilection pour les danseuses des spectacles auxquelles il sacrifiait sa fortune sans réserve ? » C'est une explication ; mais elle a le tort de n'£ti-e appuyée d'aucune autorité. Toujours est-il que, de procureur, devenu homme de loi', Fouquier mène, pendant sept ans, k Paris, la vie d'un homme traqué : chaque fois qu'on retrouve son nom sur un bulletin d'impositions, seuls documents qui attestent, pendant cette période, son existence, on le trouve accolé de la mention d'un nouveau domicile, il a quitté, en 171^, la rue de Bourbon- Ville-

' Procès fameux.

■ DaJis sa péLiUuD aux juges da Tribunal de cAssalion dont il sera plus loin (ail mention, Fouquier écrit ■ qu'il n'a vendu sa churge i|ue pour rolaon de mauvaise santé u ; mais qu*il n'en a pas moins été s livré anx alTaires dans la capitale depuis près de vingt-cinq ans ». Le texte de la lettre a été intégra le ment cil4 dans VieiUa maitOTu, vieux papier*, 3< série, p. 264. Je ne sais snr quelle autorité B'appnia te rédacteur de la Biographie moderne (3 vol, 1(J1S) lorsqu'il dit que Fouquier, après sa banqutrojite, fut employé en qualité de commis aux bureaux do la police.

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neuve, et on le rencontre l'année suivante logé Cour Jacquet{?);eDl78o, ilhabite boulevard Saint-Antoine; eo 1786 rue VieilIe-du-Temple ' j en 1788, rue Sainte-Croix de ta Dretoonerie * ; en 1790, rue de la Croix ' ; c'est là que, le 9 janvier, lui naît un fils, baptisé .lu^sfe à Saint-Nicolasdes-Champs* ; en 1791 *, il occupe un logemeat rue des Enfants-Bouges où sa femme met au monde deux jumeaux ; en 1792 on le retrouve d'abord rue de Chartres et enfin rue Saint-Hoaoré, vis-à-vis l'église de l'Assomption*. Il était devenu un besogneux ; mais il avait des sentiments de patriote : il se faisait gloire d'avoir pris les armes au 14 Juillet ; la section Ssint-Merry t'avait élu au nombre de ses commissaires, poste d'honneur qu'il avait occupé durant quatre mois ^ ; enfin son frère atné, Eloy Fouquier d'Hérouel avait été élu par le bailliage de Saint- Quentin, membre de l'Assemblée constituante, et s'y était montré libéral partisan des réformes.

' Dans la maiBOD de H. Gall«t.

* D&DS la m&iaon du sieur Duport. L& quittance d'imposilJoiu existe pour 17S9 ; mais il a été impossible de dëctiillrer le nom de la rue qu'habitait b, cotte époque Fouquier.

' Ou de la Croix-Neuve. Actueliemect partie de la rue Volta. outre les raes Réanmur et du V ert-Boli. Nomenclalare dtê toiei pubtiquel et prialei de la vilie de Fari*.

' Parrain, Vinceut da Viérville. marchand Tabrlcant de gaze, rue Saint-MarUn ; marraine Harié-Catherine Ctiédeville, veuve d'Anbcrt JeannerOD, mercier, rua Sainte-Croix de la Bretonnerle. Arelùtiei nationale! T 2B ',

" Je n'ai pas retrouvé trace de la naissance de cca deai enfants : maiE ils vivaient on avril 1T91. puisque, aollicilant un emploi auprès du Tribunal decassatiou, Fouquier se disait p<!re tfo tepl enfanU. Dans son Mémoire justificatif Fouquier parle de deux jumeaux de vingt tl un moii : l'un pourrait éCreunyintoine.fleBrt, dont on trouve l'acl« de décès H— Fouriuier-Tinville en 1838 ; l'autre cette Henriette dont parle Lecocq {Note* rar Fouquier-Tinvillei et qui Épousa un nommé Pinel.

* Quittance d'imposition. Archives nationales TSS'.

' Buchei el Roni. Histoire parlementaire de la Rèvolulion française.

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ronQDiEH-TmviLLt 47

Têts sont les titres qu'il fil valoir pour sollicit«r, en aTTii 1701, l'une des deux places de secrétaire-greffier au nouveau Tribunal de cassation : huit députés apostillërent sa requête ; ^ous font l'éloge de la probité du postulant, de la régularité de aea mœurs, de son expérience des affaires, de son intelligence et le déclarent recommandable sous tous les rapports'.

I^algré ces appuis, le Tribunal de cassation n'admit pas au nombre de ses greffiers l'ancien procureur; il lui fallut attendre, pour pêcber un emploi, que le grand orage qui bouleversait la société cilt davantage encore « troublé l'eau ». A la chute do la monarchie, ses chances augmentèrent. Quelques jours après le 10 août, se targuant d'un cousinage problématique, ou, du moins fort lointain, it éarit & son cher pareTii, Camille Desmoulins, bombardé secrétaire général du ministère de la Justice, une nouvelle supplique par laquelle il réclame sa part du grand dépeçage de la vieille hiérarchie :

ia uoût 1793.

Jusqu'à la journée à jamais mémorable du 10 de ce mois, mon cher parent, la qualité de patriote a été non seulement un titre d'exclusion à toute place, mais même un motif de persécution ; vous en fournissez vous-même l'exemple. Le temps est enfin arrivé, il faut l'espérer aussi, ofl le patriotisme vrai doit triompher et l'emporter sur l'aristocratie; c'est même un crime d'en douter d'après les ministres patriotes que l'Assemblée nationale vient de nous

' Cette lettre, coaservée dans les papiers de Ligar de Vcrdigny, président du tribtiaal chargé do juger Pouquier. en 1795, dous a été commnaiquâe par H. A. Foulqoiar, et a été. comme uous l'avoDS dit. publiée intégralement dans un précédent Tolume.

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48 LE TRIBUNAL RËVOLUTlOIflfAIBE

donner. Je les connais tous par leur réputation, mais je n'ai pas te bonheur d'en être connu. Vous seul pouvez m'être utile soit par vos connaissances et vos relations particulières auprès d'eux. Mon patriotisme vous est connu, ainsi que ma capacité surtout pour les affaires contentieuses. Je me flatte que vous voudrez bien intercéder pour moi auprès du ministre de la Justice pour me procurer une place soit dans ses bureaux, soit partout ailleurs. Vous savez que je suis père d'une nombreuse famille et peu fortuné. Mon fils aîné, âgé de seize ans, qui a volé aux frontières m'a coûté et me coûte beaucoup. Je compte sur votre ancienne amitié et votre zèle à obliger. Je rappelle à votre souvenir Deviefville notre parent commun, dont la position est plus fâcheuse que je ne puis vous l'exprimer.

Je suis très parfaitement, mon cher parent, votre très humble et très obéissant serviteur.

FouQuiER, homme de loi,

Hue Saini'Honoré, ti" 356, vts-à-vU l'J^Mmption '.

Le nouveau régime, encore tout chancelant de la secousse dont il était né, avait besoin de recrues. Il ne pouvait les trouver parmi les réguliers, les gens calmes, posés, satisfaits de leur sort : ceux-là ne se seraient pas risqués à partager la responsabilité d'un gouvernement né de l'émeute, et il fallait bien que la Révolution cherchât

' Édonard Pleury. Camille Deamoidins, 1, S

Le Ueviefvillu dont il est quetslion «si, sai Viefville. marcliand. fabriciuit de gaze, ruu le ptLTTSin d'an des earanla de Pouquier.

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