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= 0 — considérable décelés par l'examen des matières fécales. Tous deux reçurent, au moyen d'une sonde œsophaglenne, une émulsion, dans du bouillon, de trois cultures, sur gélose, de bacilles typhiques de 24 heures, ceci à deux reprises différentes. De ces deux singes, un seulement prit la fièvre typhoïde. Le premier mourut d’une infection généralisée probablement à coli bacille; quand au second il présenta des lésions typiques de la fièvre typhoïde. Mais l’autopsie révéla chez ce dernier autre chose que les irichocéphales : « La portion terminale du duodénum et la portion initiale du jéjunum étaient obstruées par un amas de tænias dont quelques-uns étaient encore fixés au moment de l’autopsie, au niveau de petites ulcérations, » Le cæcum présentait bien un grand nombre de trichocéphales, il y avait même à ce niveau quelques petites ulcérations, mais l'examen histologique a démontré qu’elles n'étaient pas typhiques. Aussi M. Weinberg conclut à la transmission de la fièvre typhoïde, non pas par les trichocéphales, mais par les tænias. Dans un travail! où 1l parle incidemment de cette observation, voici ce qu’il en dit : « Nous avons essayé de reproduire expérimentalement la fièvre typhoïde chez les singes porteurs de trichocéphales ; un de ces singes s’est infecté, mais nous croyons que les trichocéphales ont élé {out à fail étrangers à la maladie.» Bien que M. Weinberg croie, d’ailleurs, que le trichocéphale en se fixant sur la muqueuse « peut introduire des microbes pyogènes et créer ainsi
1 Annales de l’Institut Pasteur, loc. cit., 6 et 7, 1907.
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une véritable infection locale’ », il ajoute en un autre point de son mémoire : « Faut-il admettre que le trichocéphale joue un rôle dans l’étiologie de la fièvre typhoïde ?.. Nous ne possédons pas encore de données rigoureusement scentifiques qui nous permettent de nous prononcer d’une façon définitive?. »
CONCLUSION DE LA DISCUSSION DES FAITS. — La conclusion de notre {ravail se rapprochera beaucoup de cette proposition. Nous ne savons pas si comme le prétend J. Raspail dans sa thèse il faut pour que la fièvre typhoïde se déclare la coexistence des trois éléments . suivants : 1° que le parasite se trouve dans l'intestin ; 2° que l'intestin contienne en même temps des bacilles d'Eberth; 3° que l’inoculation microbienne produite par la piqüre de l’helminthe se fasse dans un organisme en état de déchéance physiologique dont les défenses naturelles sont profondément affaiblies. Ce n'est pas avec les données dont nous disposons, données que nous avons exposées de notre mieux dans le cours de ce modeste travail, que l’on peut être aussi affirmatif. |
A la question : Faut-ilavoir des trichocéphales pour prendre la fièvre typhoïde et peut-on, sans risque de s’'infecter, boire de l’eau contaminée si l'intestin est libre de vers intestinaux, nous avouons qu'il nous est impossible de répondre dans quelque sens que ce soit. C’est précisément là ce que nous avons voulu montrer :
il est possible que le trichocéphale ait une action dans la pathogénie de la fièvre typhoïde, mais à l’heure actuelle elle n’est pas prouvée et ne peut l'être par l'expérimentation employée jusqu'ici.
Ce qui est sûr, au contraire, c’est que le bacille d’'Eberth, arrivant dans un organisme en état de moindre résistance, donne la dothiénentérie ; l'intervention du ver est problématique et n’est d’ailleurs pas nécessaire : ce ne serait pas le seul exemple de bacille pénétrant dans les muqueuses sans solution de continuité appréciable, si toutefois il faut admettre que la muqueuse intestinale est toujours à l'abri d'une érosion quelconque. Si, d'autre part il fallait, pour ouvrir la voie au bacille, une ulcération de la muqueuse, les tuberculeux, si souvent porteurs d’ulcérations intestinales, devraient fournir un important contingent à la fièvre typhoïde. Et cependant cette maladie n’est pas, que nous sachions, exceptionnellement fréquente chez ces sujets.
Donc, étant donné tout ce que nous venons d’exposer dans ce chapitre, étant donné, d’autre part, que des autopsies de Letulle‘ et de Niclot? il résulte qu’on a pu faire des autopsies de typhiques avec recherche négative des helminthes, que des examens de matières fécales de typhiques n’ont parfois décelé aucun œufde trichocéphale*, jusqu’à plus ample informé, la plus
! Letulle, cité in thèse Andrikidis.
? Niclot, obs. in thèse Guglielmi.
# Kirmisson n'en a trouvé que 3 fois sur 12 examens (thèse
Raspail).
sûre prophylaxie de la fièvre typhoïde sera encore la destruction du bacille d'Eberth.
Les précautions contre ce redoutable agent pathogène sont certainement plus scientifiquement justifiées que la médication anthelminthique, comme préservatif de la dothiénentérie. Il ne faudrait pas affirmer, dans l’état actuel des choses, que le trichocéphale n’est pas à prendre en considération, mais s’il n’est pas im possible qu'il devienne parfois l’auxiliaire du bacille d'Eberth, il n’a pas encore prouvé, en tous cas, qu’il était pour lui un guide absolument indispensable.