‹ Le triolet bleu comédievaudeville en cinq actesChapitre 15 sur 43 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes , Le MAJOR.

LE MAjus. Eh! le voilà, ce cher colonel...

parbleu! vous arrivez bien tard !

lEcoioKBi. Pardon, major, j'étaia ici avant le dernier acte de l’opéra.

LE Hajoa. C'est possible : a fait, je dors depuis le commencement... la belle musique me produit toujours cet efTet-U

Dès le premier coup d’archet, l’extase s’empare de moi, ma bouche s’ouvre, mes yeux se ferment , et pour peu que cela se prolonge , je ronfle comme une contrebasse.

LE COLONEL. Oui , VOUS êtes scDsible aux charmes des beaux-arts.

LE MAJOa. On ne peut plus sensible... je suis de même devant un beau tableau... je bâille comme un imbëcille... El la littérature donc !... voilà ce qui me crispe l’estomac... Tenez, votre future, ma chère Adelphine , me fait souvent la lecture le soir ; eh bien ! à peine a-t-elle tourné le premier feuillet, que mon imagination galope , je ne sais pins où je suis... j’ai des nuages sur les yeux , des cloches dans les oreiNes , si bien que cette charmante enfant est obligée de me répéter jusqu’à dix fois : ■ Mais allez donc vous coucW, mon oncle... allez donc vous coucher!...»

Que voulez- vous?... je suis impressionnable.

LE COLONEL. Messieurs , je vous présente le commandant de la citadelle de Zizendorf.

MILLES. Le major Rodenbach est connu de toute l’armée comme un excellent homme de guerre.

LE MAjOB. Sans doute , je suis un vieux renard... en théorie, et j’ai, pour le prouver, les revues et les manœuvres dont j’assomme ma garnison.

LE COLONEL. Oui , Oui , VOUS tcoez vos soldats sur un bon pied.

LE MAJOR. Pas tous.

ÂtA : V 9wieviUe de Turenne.

Mon ciporal pai «tes plus ingambesi Mon origedier botte tout bas,

J'aî trois hussards n’ont nue quatre jaenbes, Enfin, tous mes autres soldais,

Pour eut quatre n’ont que truis bras.

Ces braveS'U ne sont pas très*solîdes,

L’autorite*, qui se moqua de moi,

£&l pluldt fait de me donner l’emploi De gouverneur des iDvali<lcs. (Ms*)

LE COLONEL. Heureusement, vous n’avez pas besoin d’une armée pour garder le coeur d’uue jeune fille.

LE HAion. Je peux dire, sans me flatter, que j’ai eu quelque peine à vous conserver celui d’ Adelphine... Il m’a lallu toute ma tactique pour défendre ma nièce contre les ruses de l'un de ces maudits étodians si conniù sous le nom de triolet- bleu.

- Ut C0LO8S, Oui , je sais que j'avais pour

rival l’ini de ces trois mauvais sujets contrt; lesquels les officiers de notre garnison conserveront long-tems rancune.

LE MAJOB. A propos de ma nièce , je l’ai amenée pour la distraire , cette pauvre petite, vous allez la voir; elle est là, dans te bal , sous la protection de la comtesse Vanderlinsbeck. 11 faut emporter la place d’assaut, colonel. Jusqu’à présent Adelphine TOUS a répondu d'une manière assez vague , parce qu’elle est timide... mais , grâce au domino bleu que je lui ai fait prendre , elle ne craindra pas de rougir

devant vous Une déclaration soua le

masque... je conuais qa : je suis un vieux renard !

LE coLONEu Je ferai tout ce qui dépendra de moi pour obteuir son consentement. Mais voici qu'on se rend dans la salle du bal... ... Allons , messieurs , suivons la cour.

Oo voit des mssquei et des personnes en cosUtaie de bal traverser U galerie du fond.

Aie:

Au doux plaisir do bal»

La soirée

Est ici consacrée ;

El le prince royal,

De la féie a donné le signal*

Le major et les trois officiers se mêlent aux personnes c(ut traversent la galerie après avoir salué Je prince Qui passe* Deux dominos bleus p qui suivaient les autres s’arréteol et deaceodant la scène*

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