‹ Le triolet bleu comédievaudeville en cinq actesChapitre 26 sur 43 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE MAJOR, RIDGEK. Ils sont assis pris d’une toile; le major fume.

BiDCEH. Et il y a deux mois, le vieux barOD de Sieckel mourut en laissant des biens immenses sans qu’il se présentât un héritier en ligne directe.

LZ iiajOK. Parbleu ! cela devait dire, puisque depuis vingt ans il avait perdu sa propre fille, sans qu’elle même laissât d’enfans.

BiDGEB. Du premier lit, sans doute...

mais du second 7

LE MxjoB. Comment, mademoiselle de Stcckcl s’était remariée ?

BiDGER. A l’insu du vieux baron et avec son jeune secrétaire, trop pauvre pour que celte union disproportionnée pût être déclarée.... aussi, resta-t-elle un secret pour tout le monde, excepté pour moi, qui, en ma qualité de curé de la paroisse de Stcckel, ai baptisé, il y a dix-huit on viugt ans, un joli petit baron en expectative.... sans que son vieux grand-père se doutât de son existence.

LE MxsoH. Bah !... et qu’est devenu le petit bonhomme?

BIDGER. C’est ce que je ne sais pas plus que vous... car, ce matin, je n'ai quitte le presbytère de Steckcl que pour aller à l'Université de Munich demander de ses nouvelles, ce qui n’avancera pas beaucoup les alTaires de la succession, puisqu'on n’a pu me donner aucun renseignement sur son sort.

LE uaioR. Ët vous n’avez pas voulu repartir sans visiter votre ancien ami.

BIDGER. Et m'iuforiner en même tems de la santé de votre charmante nièce , ainsi que de celle de votre jeune prisonnier.

LE H. JOB. Ah ! ah ! monsieur Frédéric...

vous avez bien de la bonté... il n'a que ce qu'il mérite . . .à la sortie d’un bal , et presque en présence du souverain , oser, avec ses deux garnemeiis d’amis, renouveler le combat des trois Horaces contre les trois Curiaces!

BIDGER. Dam ! on est jeune, amoureux et brave. . . c’est dans l’ordre des choses. .. autrefois vous en auriez fait autant qu’eux.

Air d’Aristippe.

Avec ardrur on sc bal cl l'on aime,

C’esI un piaiair à l’t{;e de vingt ans ;

Plus tard, hélas! il n'en esl pas de même , Quand les liivcrs succèdent aux printema. (Us.) bacusons donc les erreurs de jrunesse ,

Dès qu’un coupable a ponr lui l’avenir ;

Car Dieu , je croia , nous donna la vieilteaae Tout exprès pour nous rapentir. (iis.)

Aussi, cela ne serait rien, sans la blessure que M. Frédéric a reçue.

LE MxjciR. Morbleu .’ celle qu’il a donnée au colonel, son adversaire, est encore plus dangereuse, puisqu’on craint pour ses jours, et que sa famille, puissante auprès du prince, a obtenu de lui l’ordre d'eufermer M. Frédéric dans celle citadelle jusqu'à ce qu’un arrêt exemplaire soit prononcé contre lui avec toute la sévérité de nos dernières lois sur le duel.

BiDCEB.. Mais alors il y va de sa vie !...

oh ! c’est bien cruel... pour une étourderie de jeunesse ! ’

lE MAJOR. Sans doute... se battre c'est

ardonu^ible... mais me mystifier dans un

al masqué !... HeureuseinenI ici je suis plus difCcile ii tromper... si la garnison commence k tomber en ruines, j’ai écrit à Munich qu'on m’envoyât un détachement du beau régiment des cadets qui s'y trouve en garnison.

RiDGER. Ne fallait-il pas demander le régiment tout entier pour garder un seul homme ?

CE MAJOR. Chut ! j’aperçois le prisonnier qui sort de son logement, pas d’explications devant lui.

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