SCENE IX
CHARLKS, FKRDINAND, LE MAJOR.
LE MiJOR, entrant en relisant une lettre à la lueur d'une lanterne t^uil parie» Ah î diable, voilà qui mérite toute mon atlen« tion !
CBAALE.S. Que dît'il?
LB MAJOR, lisant, » Je vous invite, sous » votre responsabilité personnelle, à re- » doubler de surveillance... des tentatives U doivent avoir lieu pour favoriser l'éva- » sion de votre prisonnier. »
cuAALBs. Qu"cntends*jc ?
LE MAJOR, riant. Des tentatives d’évasion... a d'autres!... Dieu merci» notre amoureux est en cage, et grâce aux précautions que je vais prendre, bien Un qui pourrait lui donner la volée.
CHARLES. Vous avez raison, on ne saurait jamais prendre trop de précautions pour éviter une surprise de reniiemi.
LE MAJOR. Vraiment... ce jeune homme a juste mes principes en théorie.
CHARLES. Kt puis, cc jeuDc étourdi s’est conduit envers vous de la mauière la plus , inconvenante 1
LE MAJOR. Il t’a donc tout conté ?
CHARLES. Sans doute, mais c’est surtout à un certain M. Charles que vous devez en vouloir, car c’est lui qui, dit-on, a mené toute l’intrigue.
LE MAJOR. Ah ! le petit vaurien, si je le tenais dans ma forteresse» il passerait de mauvais quarts d’heure.
CHARLES. Ce serait bien fait... mais, malheureusement, vous ne le tenez pas. . . et, je gagerais, qu’en ce moment, il s'amuse encore à vos dépens.
LE MAJOR. Tu crois... ü CH cst bîcn capable; il y a des gens pour qui rien n’est sacre... même les cheveux blancs d’un major...
CHARLES. Surtout quûud il porte une perruque... avec un si belle queue...
LE MAJOR. Au surplus, jc UC le crains pas, et pour m’aider à déjouer toute tentative criminelle , dés à présent je te donne toute ma confiance.
Charles, à part. C’est précisément ce que je voulais.
LE MAJOR. Songe que lu vas être un second moi même, il est donc utile que dans cette circonstance importante je le mette au fait de tous les secrets de ma citadelle.
CHARLES. C’est méiiic indispensable.
LE MAJOR. M. Frédéric se croit peut-être déjà eo pleine campagne» ses amis s’itua-
(aS)
giueiit qu’il n’y a qu’à scier quelque petit barreau, forcer quelque mauvaise serrure pour avoir la clef des champs, mais ils ignorent que je suis plus fin qu’eux, et que j’aî fait construire le plus joli petit cachot... à v3o pieds sous terre.
CHARLES. Oh' le tratlre!
LE MAJOR. C’est là que M. Frédéric pas— .sera la nuit, en attendant qu’il se rende à Munich sous bonne escorte.
CHARLES. Comment voos voulez...
LE MAJOR. Justement, j’ai la clef sur moi, clic ne me quitte jamais... je vais le montrer cela, et tu jugeras de mon imagination...
Il Ta ouvrir le cachot.
CHARLES. Volontiers.
LE MAJOR. Tu es le premier que j’aie mis dans la confidence. Tiens, regarde...
Il pousse un boulon dans la rouraille, la porta s'ouvre.
Am : Et voiià comme tout s’arrange.
D’abord , trois gros verrous ea fer ,
Kntuile une f nonne serrure ;
Puis des ressorts que Lucifer N’eùt pas inventifs , je te jure.
Ceui qu’ort earcriiierait ici ,
De mon ge’nie auraient la preuve...
CHARLES , à pari.
Ah! quel dommage qu’au jourd'hui,
Kn cumrouiiçaot d’abord par lui.
Je ne puisse tenter l’épreuve. (6/s.)
LE MAJOR. Avant d’y transférer notre prisonnier, assurons-nous ai tout est bien disposé pour le recevoir. \ iens , suis-moi.
CHARLES. Ah! quel espoir!... Dieu protecteur du triolet bleu , ne m’abandonne pas.
LE MAJOR. Prends garde, il y a quarante marches....
CHARLES. Soyez tranquille, mon parrain... {lias à Ferdinand,) Ferdinand!....
attention !...
LE MAJOR, montrant sa tête. tu
disais...
Charles, indiquant la serrure. Je disais que votre serrure est une admirable invention.
LE MAJOR. N’est-ce pas.., ah! c’est qu’en fait de ruse et de prudence» je suis un vieux renard...
1! descend.
CHARLES. Je m’en aperçois.
LE MAJOR, descendant l'escalier, VicDS-
lu?...
CHARLES. Je VOUS SUIS... mon parrain...
y êtes-vous?..,
LE MAJOR. Oui...
CHARLES, jermant la porte» Jc tiens mon prisonnier.