SCÈNE III
Les Mêmes, FERDINAND, sous le même custsune que Charles.
FEROiSAitD. Des femmes! je suis sauvé!
ROSE. Mais, monsieur, on n’entre pas comme cela chez le monde.
FEROiSAitn. Chut! écoulez...
CHARLES. Attendez donc... mais je ne me trompe pas... c’est Ferdinand, mon bon camarade de l’Université.
FERDi.VARD. Charles!... mon ami d’enfance , mon compagnon d’études Ah !
qu ils viennent!... je suis en force maintenant.
lis s'embrassent.
ROSE. D’abord, monsieur, je vous préviens qu'on ne fait pas d'esclandre chez noos, le propriétaire n'aime pas ça.
LOUISE, Silence! tu ne vois pas que ce pauvre jeune homme est poursuivif
CHARLES, à la fenitre. ILa effet, j’aperçois des patrouilles nombreuses qui cernent la rue, et tout le monde est aux fenêtres...
chut!
Silence général dans la cUambre.
CHQEUfti dans îù me,
Am : Garde vous.
Cherchons bien g {bîs^
Ce jeune homme esl è creinjre «
Le ganle , pour l*etteinilrc g Saura trouver Tmoyen.
Cherchons bien! {ter.)
CHAULES, seui.
Soldats de 1a police Faites voire service ,
^ous ne craignons plus rien ,
Loin d'ici , ctierchea bien.
I CBCRUn , dans la rue.
Afin qu'oo le punisse
£l police <
Kt justice
Ne ménageroul rien ,
Cherchons bien,
TOUS , voix basse.
Soldais de la police Faites votre service»
Nous ne craignons plus rien ,
Loin d’ici, clierchci bien.
cHARLis. Bon, Us s’éloigneot*.. maïs on pose des senlinellcs aux deux bouts de la rue... Ah ça, mou cher, qu*as-tu donc fait pour mettre ainsi tout un quartier de Munich en révolution?
FERDINAND. Un iuslant, que je remercie d*abordces dames de leur protection et de l’asile qu’elles vont me donner pour celle nuit.
TOUTES TROIS. Comment, pour cettc nuit!
CHARLES. Ah! vous pouvcx fobligersans crainte, je réponds de lui.
ROSE. C’est fort bien, mais qui nous ré* pondra du répondant?
FERDINAND. Moî , madame, je sois sa caution. .* mon camarade de classe !... mais c’est un autre moi même.
LOUISE. D’accord, mais vous avez tous deux une si drôle de manière de vous introduire chez les gens...
CHARLES. En eflet, je ne t’ai pas encore présenté... tu peux me rendre la pareille, car je suis à peu près aussi inconnu que toi ici. {I/s se prennent tous deux parla main.) J'ai l’honneur de vous présenter M. Ferdinand Burger, fils d’un avocat distiogué de Cassel.
iU sxluent ; les trois demoUelles font la révérence.
FERDINAND, présentant à son tour Charles.
Veuillez, en ma faveur, accueillir avec bonté M. Charles Welstein, issu d’une honnête famille de médecins qui réside à Bade.
Ils saluent; même jeu des demoiselles.
CHARLES. Je t’invite à souper au nom de ces dames.
FERDINAND. J’acccpte Rvec empressement.
ROSE. Oni, mais ceux que nons atten* doos... le capitaîno et le gros banquier*. «
ciciLZ. Dam! noua noua Mirerons un
peu.
cHaBLEs. C'est juste!., quand il y a place pour six, U y en a pour cinq, et comme notre présence ici pourrait gêner ces demoiselles , je vais mettre le verrou afin qu'elles soient plus à leur aise.
Il met le verrou.
BOSE. Eh bien! monsieur...
CÉCILE. Tiens! ils nous enferment!
LOUISE. Au fait, j’aime mieux ^a.
CHARLES. Mais par quel hasard viens-tu ici si tard et par un chemin aussi peu fréquenté?
FEEDiEASD. Tu V3S Ic savoir : Conduit cet après-midi par quelques amis dans une de ce.s honnêtes maisons où les fils de bonne famille apprennent à filer la carte pour réparer les torts de la fortune , je nasarde quelques pièces d’or sur un tapis vert, je perds : je double... je perds encore... je m'apcri^oisqu’on me triche, la fureur s’emarc de moi... je casse un râteau sur la tête U banquier, |e renverse les tables, je bouscule les chaises... quelques viclimes du sort suivent mon exemple... On crie , on se bat... je m'échappe, on mepoursoit; .alors je grimpe dans une maison, et <lc fenêtre en fenêtre, j’arrive à celle-ci.
Aia : >4miSf voici la rianle tetnaine.
Courant} pressant ma fuite peTilleuse,
A tnpt tiasard , j'allais sans savoir uù ,
Plus (le vin^i fois , la roule dangereuse M'a fait manquer de me rompre le eou!
Dieu nie guidait dans ces loomens terriblejy Car j’ai trouve , pour me donner la main ,
Un ami tendre cl des femmes sensibles !
Ah I je le vois , j'ai pris le bon chemin. (Â/i.)
EOSE. Ce bon jeune homme!... ma foi, tant pis pour les aulre.s... puisqu’il est ici, il n’en sortira plus.
cBARLEs. Quel plaisir de se retrouver ainsi, après un an de séparation, quand on ne se quittait pas d'uu instant, quand on avait eu tant d’amitié l’un pour l’autre.
EOSE, Vous étiez donc bien amis à l’Université?
cuAELEs. Oh! sans doute, éludes, pial-' sirs, travaux et récompenses , tout était commun entre nous trois.
LOUISE. Comment, entre tous trois; mais vous o'êles que deux.
cRAELEs. Je ne crains pas de dire que le meilleur de nous manque ici... ce cher Erédéric!.. Qui sait si nous le reverrons jamais... il court le monde pour chervher .sa famille, et comme il ne connati ni son nom, ni sou pays, vous comprenez qu'arec de pareils reuseigiiemens, il aura plus de peine qu’un autre i trouver ses parens...
Ab ! mais qu’il ait besoin de notre appui...
nEDDUie. Qn'il nous demande ee que nous possédons... si jamais uons sommes propriétaires, s’entend.
CUAELES. Il pourra compter sur nous.
FEEDiNAaD. Nous partagcFOos en frères avec lui.
On entend an uouvesa bruit.
USE voit, (/ans la chanSnée. Ah! mon Dieu!... secourez-raoi, j’étoufTe!...
TOUS. Qu’esl-ce que j’entends!
CHASLES. Mais c'est dans la cheminée.
LA MÊME VOIX. Au sccours ! au sccours! ..
Ili font tous un mouvemenl pour aller vers la cheminée. Ici Frédéric tombe prccipiummeot de la cheminée en vue des spectateurs.