SCÈNE IV
Les MÊhf.s , FREDERIC, en costume d’éludiant, semblable à ceux de Charles et Ferdinand.
FRÉDÉRIC. Ne craignez rien. Que voisje !... Cliarles, Ferdinand!
CHARLES ET FEBDiSASD. Frédéric! .. notre ami!... ”
LOUISE ET CÉCILE. Par la cheminée...
EOSE. Au fait, il n’y avait plus que celte eutrée-là , puisque les deux autres sont fermées au verrou.
CHARLES. Rassurez- vous, mesdemoiselles, vous pouvez le recevoir, je réponds de lui, comme nous avons, répondu l’un de l’autre.
ROSE. Alors, nous voilà tout-à-fait rassurées.
FERDisAEo. Mais quelle idée à toi d’aller choisir cette roule- là 7
FRÉDÉRIC. Je n'en avais pas d’antre pour me sauver.
CHARLES. Comment, tu te sauves aussi?
FRÉDÉRIC, Sans doule; n’avez-vons pas FDlciidu dans la rue ces cris de la foule...
le bruit des patrouilles qui se croisaient...
FERDiSASD. Oui mais, un instant
tout cela c’était pour moi.
FRÉDÉBtc. Erreur, mon ami FERDiSARD. Ah! je te demande bien pardon, c'est moi qu’on voulait prendre à cause d’une querelle de jeu.
FRÉDÉRIC. Du tout ; c'était pour me demander compte militairement de ma présence mystérieuse chez le vieux mnjor Rodenbach, dont j’adore la charmonle nièce.
CHARLES ET FERDiRAim. Ton Adelphiue?
FRÉDÉRIC, Précisément... et jugez si cet amour était poissant sur mon cseur... poisque, pendant on an, il m’avait fait oublier mes deux amis... ceux que j'aime le ploÉ au monde ' moi qui sois sans famille...
onimss. Tu nous u pronvé (on amitié . . . ensuite?
FRÉDénic. Eh bien ! apprenez donc que, depuis noire séparntion , je m’étais logé vis-à-vis des fenêtres d’Adolphiue, et que, ce matin, j’avais obleuu d'elle le premier rendez-vous.
Bose. I.ie premier rendez-vous, ça fait plaisir, je m'en souviens.
FRÉDéaic. liref, je m’étais rendu, il y a deux heures, àce bienheureux tétc-à-téle...
le vieux major nous guettait. Il survient, aecompagne de quelques valels ; Adciphine se cache; moi, ne pouvant descendre, je gagne le haut de la maison... on court sur mes pas... j’aperçois une lucarne qui donnait sur une gouttière.... je la franchis.... Le major, furieux, mais n'osant me suivre, offre cinquante llorins à qui s'emparera de moi.
caiHLES. Cinquante florins ^ des soldats qui se font tuer pour cinq soos par jour...
tu devais avoir toute une armée à tes trousses?
FRénzRic. Justement!., j’allais être pris, mais au détour d’une terrasse on perd ma piste... je saule sur la maison voisine, et de toits en toits, de gouttières en gouttières...
Rose. Pauvre petit chat !
FRzoéRic. J'arrive à cette cheminée ; ne voyant pas d'autres moyen de salut , je m abandonne au hasard , je me laisse glisser et je tombe , bien loin d’espérer qu’au terme d'un si périlleux voyage, je me relèverais dans les bras de l’amiiié !
Air : F'audevith du Baiser au Porteur.
Oui , je craignait d’abord une défaite,
Kt jt* senUis battre mon cœor «
Quand l'aperçois « sortant He ma cachette ,
Mes deux amis i je n'ai plus peur ;
Otii, mes ami«, vous calmes ma fraYMir.
L’asile que des bonnes âmes.
J’ose esperer , dans ce sé jonr ,
Vous me l'accorderes . mesdames »
Je rinvui|ue au nom do l'amour! {bis.)
FERDiNSHD. Je béiiis le hasard qni a pris à lAche de nous réunir ici comme nous l'étions à l’oniversilé sons le nom dn triolet bleu.
CBARLRs. C’est pour nous faire sentir, mes amis, que nous ne devons jamai.a nous quitter.
FRinéRic. Eh bien! oui, jurons -noms une amitié éternelle; et quelque part que le sort nous conduise, n’ayons qu'un but, celui d« nous retrouver toujours ensemble.
Us sa tiennent loue tnie enteedi.
ENSEMBLE
Am nouifeau d'Adam*
Étemelle amitié !
Notre sort est lié.
Entre nous désormais tout sera de moitié^
Soit misère ou grandeur,
Soit forlitne ou malheur,
A nous trois, nous n'aurons qu'une bourse et qu'un
cœur!
CHARtES, irrf/.
Dans le tems des amoors Comme i nos derniers jours Qne peines et plaisirs nous unissent toujours!
El que le m^mc vœu.
Jusqu’au dernier adieu,
En tout tems soit formé par le triolet bleu!
Tout TROIS.
Élarnelle amitié , etc-
On frappa.
RosR. Silence!., qui est là?
USE VOIX, en dehurs. C’est moi.
LOVisE. Ciel ! mon hulan !
vRE AVTEE VOIX. Et moi aussi... nous venons .souper.
CÉCILE. Mon gros banquier!
LES DEUX VOIX. Ouvrez! ouvrez!..
cDARLis. Il est trop lard... les places sont prises!.. Bonsoir, mes amis, à table!..
(Leuant son verre.) A notre inaltérable amitié !..
Ile SC placesit à table , et tom reprennent le trio à voie baise,
Klernelle amitié, cIc.