SCÈNE PREMIERE
CHARLES, FREDERIC, FERDI- NAND.
FiRDiiiABD, A Frédéric qui est assis data le gmnd fauteuil. Te voilà donc tonl-à-fait guéri !..
FRÉDÉRIC. Oni, mes amis, je me sens très-bien maintenant et c’est à vos bons .soins que je dois mon rétablissement...
que de peines je vous ai cassées!..
CHARLES. Aussi pourquoi vas-tu t’aviser
de te faire démettre l'dpaale quand nous arions si grand besoin de nos avantages physiques ponr nous rendre à la cour du prince de Hesse où nous étions engages comme virtuoses...
FBÉDéRic. Âhl mon ami, ne me reproche pas la plus belle action de ma vie...
car, ce jour-là fut bien heureux pour moi.
CHSRLES. Oui, joli bonheur que celui de se faire renverser par les chevaux d'une berline.
FBÉDÉBic. Mais, ces chevaux conduisaient Adelphine... à ma place, tu aurais dit aussi : Ma vie pour sauver la femme que j’aime !.. qu’elle sache seulement que c'est pour elle que je m’expose à tous les dangers.
CHABLIS. Oui... et depuis, elle ne t’a pas seulement donné de ses nouvelles.
FBénÉBic. Le vieux major, son oncle, ne le lui aurait jamais permis.
CHABLIS, en préparant sa pipe. N’importe!.. tiens, ne me parle pas des femmes... danseuses, griseltcs, dames ou demoiselles, elles se resssemblent toutes; il n’y a que l’amitié de solide.
FBiDÎBic. La nôtre surtout!... ça c’est vrai... aussi, je n’oublierai jamais vos attentions pour moi durant ma longue maladie... mais comment avex-vous fait pour me traiter si bien... c’est que j’étais vraiment soigné comme un grand seigneur....
Je ne vous connaissais pas de ressources et je n’ai mani^ué de rien.
FiRorsAiiD. Notre secret est bien simple.
FBÉDÉBIC. Vous avez emprunté ?
CHABLIS. Non, c’était un mojen usé....
nous avons vendu.
FBÉDÉBIC. Quoi?,., nous n’avioDs pas même de mobilier, puisque nous logeons en 1 hôtel garni.
FERDisASD. £t cependant , nous venons de le défaire de deux des plus beaux meubles de la maison.
FRÉDÉRIC. Je ne vois rien de changé ici.
CHABLIS. C'est que la livraison n'est pas faite... tu vas me comprendre... ( Il /ail l’exercice. )Vae... deux... Portez arme!...
présentez arme !... y es-tu ?
FBÉDÉBIC. Comment , vous vous seriez engagés.... et poormoi.^... Ah! ce n’est pas vrai, n’est- ce pas?
FERDiBAiiD. Si vrai que, si ce matiu, nous ne rendons pas cinq cents florins au capitaine recruteur, il nous signe notre feuille de route et nous voilà forcés d'aller rejoindre le régiment.
FRÉDÉRIC. Que m’apprenez-vous là... ingrats, vous seriez donc partis sans me dire adieu?
CHABLIS. Nom t’aurions écrit ! an revoir, car il n'y a pas d’adieu entre noos.
FRÉDÉRIC. Lt vous croyez que je ne vous suivrai pas?...
CHARLES. N’as-tu pas déjà une belle action sur le cœur pour te donner do courage.^... et puis, tu as un sentiment qui te retient à Munich, tandis que nous en trouverons partout des sentimens ; il n’y a que cela dans les villes de garnison... surtout cpiand on est jolis garçons comme nous.
FRÉDÉRIC. Mais si nous cherchions un moyen pour vous dégager?
CHARLES. Il n'y en a qu'un ; c'est de rembourser le recruteur; et pour celui-là, je ne m'en charge pas... Vous m’avez nommé le caissier, c’est vrai! (Retournant ses poc/ifï.) Voici le coffre-fort ouvert... vous le voyez, les paiemenssont suspendus par autorité supérieure.
FERDi.vARD. N’importe , tenons conseil comme dans les cas embarrassans.
CHABLIS. Allons, messieurs, à table !...
voici de la bière et des pipes...
lU SC placent S labte , altumcnl lenra pipes et se versent à boire.
Air: Vaudeville de Vîetorine.
Le conseit est onvert;
Que ta seance LnfiD commence;
Le conseil est ouvert ,
Qu'un bon moyen soit dc'couvert.