CHARLIS
Toi tjue notre cœur sert.
Amitié tendre et vive , ôoiaS notre couvert Avec nous de concert ;
Tu connais notre vœu,
Velltc, quoi qu’il arrive,
Ici, comme en tout lieu,
6ur le triolet bleu !
ENSEMBLE
Le conseil est ouvert, etc.
FERDiHASD, Cfi fumant. Ah ça! qui parlera le premier?
CHARLES, lie mime. Buvons d'abord tous les trois, cela nous ouvrira les idées.
FRÉDÉRIC , de mime. Le point important, c'est que vous ne partiez pas.
FEBDiHASD. C’cst que Dous payioDS nos dettes.
CHARLES. C’est quc noirc ami Frédéric soit heureux.
FBÉDÉBIC. l£t vous avcz signé un engagement.
FERDISAHD. Et nous o’avons pas le sou.
CHABLIS. Et dans sa position , Frédéric ne peut guère se présenter chez le major Hodctihaeh, le vieux gouverneur de la citadelle de Zizendorf, pour lui demander la main de sa nièce.
n^Diaic. Ainsif nous serons soldats.
rcRDiKiifD. (^esl tout ce qui peut nous aanverde la prison pour dettes.
CHARLES. Ah! mes amis, si j'avais seulement deux cents florins !...
FEÊoÉEic. Mais songe donc qu'il nous en faut déjà cinq cents pour le recruteur.
CHARLES. J*en paierais dix mille avec ces deux cenis là!... J'ai dans la télé le plus beau calcul de martingale...
FERomARD. Ah ^a ! cst-ce que tu deviendrais joueur à présent?
CHARLES. Du tout! uiais 116 0003 sommesnous pas engagés par serment à nous venger mutuellement des torts qu’on peut faire à Tun de noos; le jeu ta maltraiié, Ferdinand, tu as perdu la partie autrefois, c'est à moi de gagner la revanche aujourd hui.
Air : Vn soir dans la Jorél voisine (Zoé).
Ne crojCA pas que je m’abuse,
Oui, mon projet rrttssira;
Le bonheur que l*un vous refuse ,
Le hasard me le dnimera,
£t votre ami vous le rendra.
Ah ! St j'avais ce qui nous manque,
Au jeu j'oserais me üer;
Tu faisais sauter le banquier,
Moi, je ferais sauter la banque!...
ENSEMBLE
Eh mais!
Eh maisi
Ça n'est |>as si mauvais, (ter.)
FREDERIC. Mais nous n'avoos pas les deux cents florins.
CHARLES, se Uoani, Alors, une antre idée . • . Adressons une circulaire à tout ce qu'il y a d'ames sensibles à Munich. Tenez, voici comment je la rédigerais :
U Trois jeunes gens, qui réunissent près- » que toutes les qualités morales à tous les » avantages physiques, demaiidcul à faire n fortune sous le plus bref délai... llspro- » mettent une reconnaissance éternelle à » la personne qui leur ouvrira la roule des » honneurs et des richesses... S'adresser à n eux-mémes, pour les renseignemens. »
Meme air.
Riches qui voulea de la gloire .
Noos vous ofl'rons notre concours.
Orateurs de faibte mc'moîre ,
Pour improviser vos discours ,
Nous vous serons d’un grand secours.
A nos voeux montrex-vous propices,
Sois bourgeoise ou dame Je cour ,
Car nous promettons , en retour.
Noire amour à nos protectrices.
ENSEMBLE
Eh mais !
Eh mais !
Ça n'est pas si mauvais, (ter.)
VOIX , en dehors. Au fond du corridor... merci, nous trouverons bien.
vRÉDÉKic. Quelqu’un!.. £h! mon Dieu!
si G était déjà le recruteur.
CHARLES. Ou bien un de nos financiers.'
FCRDiRAND. Si l’onvoît Frédéric cnbonnc .santé, nous sommes perdus !
CHARLES. Eh vile! la robe de chambre , tout ratiirail du malade... Jellc-toidansle grand fauteuil et depêche-toi de te trouver mal!., il n'y a que tou évanouissement qui puisse nous sauver!
FRÉDÉRIC, endossant la robe. Tâchez de renvoyer bien vite l’importun.
FER 0 I 5 ARD. On approchc.
CHARLES. Mais, tombe donc en faiblesse, tu vois bien que nous n'avons pas de tems à perdre... à ta place, je serais déjà en léthargie.
Krédéric, pouisé par Charles, se jette dans le
grand fauteuil; Charles lui donne des soins.
comme pour le faire revenir i lui; herdinand
tieot une tasse qu'il lui présente.
FERDiRARO. Ticns , bois un peu de tisane.