ACTE PREMIER
Et de lui-même il tend la gorge au coutelas . Nous venons te chercher pour nous sauver.
Mes frères,
Il vous faut donc toujours un sauveur! Ah! naguère» Les Vêpres de Palermeau monde ont bien fait voir Qu'un peuple qui se veut libre en a le pouvoir : Laissez-moi doncauxchamps, laissez-moi dans ma vigne.
MALAVOLTI.
Sois le Cincinnatus moderne, on t'en croit digne, Et sois le magnifique et prudent Dictateur, Ou nous sommes perdus!
Le pouvoir me fait peur Je suis un paysan, très-peu propre à l'affaire ; Mais toi, qu'en penses-tu, Pius? que vas-tu faire r
Je dis que le de'goût me prend de ces bourgeois, Et Sienne m'a vu pour la dernière fois.
J'ai vendu mon épée au Podestat très-rare, Très-noble et valeureux, Del Cane de Carrare, Et mon ami très-cher, François di Novello, Celui-là, c'est un homme, et je l'aime , Carlo.
Les destins rigoureux lui sont-ils moins sévères? Comment va-t-il, Pius, et comment ses affaires''
Mauvaises... camarades, affaires d'un mouton Tombé parmi des loups à l'appétit glouton, Mais qui tient le troupeau des fauves en haleine ! Vive Dieu ! Galeaz lui paîra cher sa laine ! 11 s'est cru généreux, en lui prenant son bien, De lui céder un fort tout démoli. C'est bien! Mais moi qui n'entends rien à toutes ces pratiques Et qui ne comprends guère aux choses politiques, Je dis : C'est un voleur! et je le dis très-haut : Ami, viens avec moi; la guerre, il nous la faut! Nous y récolterons tous deux gloire et fortune.
J'irais très-volontiers... mais ce qui m'importune,