ACTE II
Hélas! oui... sans doute il eut grand tort; C'est le premier chagrin qu'il m'ait donné, pécaïre ! Mais je le reverrai dans le monde lunaire. Il n'est pas de bonheur parfait. Que voulez-vous ? J'avais fait avertir secrètement l'époux De la Fornarina qui près d'ici demeure, due le brave Terzo la hantait à toute heure, Et qu'il eût à veiller sur son toit conjugal. L'honnête boulanger, jaloux, un peu brutal, L'a jeté tout vivant dans son fournil. En somme, J'estime qu'à cette heure il ne reste de l'homme Que peu de chose, un rien, un tas d'os calcinés. Ce que c'est que de nous, pourtant, et d'être nés!
Épargne-moi, très-bon, ces tristesses malsaines; Il est mort, c'est parfait.
Oui, l'amour a ses peines.
tedesco, vivement.
Tout semble conspirer au gré de mon désir.
11 faut précipiter le dénoûment, saisir L'heure trouble, propice à notre destinée; L'homme choisit, le sort fait sienne la journée. Faisons le coup tantôt... advienne que pourra! Il n'en sera jamais que ce qu'il en sera. Fais entrer dans la ville et par les quatre portes Tout ce que nous avons d'archers et les cohortes De reîtres, de lansknets, d'enfans perdus; reviens. Cher Pompeo, j'aurai besoin de mes soutiens. Tous mes plans sont changés; entrez avec fanfares Et le Carroccio sonnant des tintamarres. Enlevez les soldats, dégagez les prisons Et tuez tout : ce sont les meilleures raisons. Entre temps, parlez haut de paix et de concorde. Avec les plus mutins, pas de phrases, la corde! Songeons à tout : parmi toutes les factions, Compterons-nous les chefs des corporations?
Oui ; nous aurons pour nous d'abord les tire-laine, Les malingreux, goitreux, truands, gens à bedaine. Gens de sac et de corde, un tas d'honnêtes gens Q.ui ne font rien payer, et sont toujours contens.
TEDESCO
...Pourvu qu'à l'heure dite on leur laisse tout prendre.