ACTE II. ç
Des zingaris sans doute en soldats transformés!... Sont-ce des gens de pied ou de cavalerie?
SALIMBENI.
Nous l'ignorons encor...
Sachez-le, je vous prie :
Des corps licenciés, des troupes de brigands ! Nous vivons en des jours par trop extravagans. Je trouve monstrueux, quant à moi, qu'on s'en vienne Camper non loin des murs de la libre Sienne, Et sur le sol sacré, très-noble et souverain, Que défend Galeaz, Protecteur suzerain.
SALIMBENI.
Ces reîtres vont criant qu'ils sont à Son Altesse...
Que ne le disiez-vous plus tôt? Par politesse, Je n'osais vous presser ni vous interroger. Le cas est différent : vous m'y faites songer.
Je reçus, en effet, ces jours-ci, des dépêches, Et je n'y pensais plus, tant elles sont peu fraîches. Monseigneur Visconti m'annonçait les convois, Tout à fait en retard, de quatre cents Lucquois Qu'attendait sans espoir aucun Jacques de Verme, Son meilleur général et son bras le plus ferme- Dès braves, ces Lucquois! Je suis aise, vraiment, De les savoir si près de mon gouvernement. Des agneaux ! Cependant, personne ne s'y joue ! Vous allez en tâter, Novello de Padoue!
SALIMBENI.
Pardonnez-moi, monsieur, mais je dois insister. Mon devoir est pressant : je n'y puis résister. Pouvez-vous nous donner ces dépêches à lire r
J'y suis autorisé : vous le pouvez, messire; Prenez-en connaissance et dites au Conseil Qu'il peut dormir en paix...
A part.
Jusqu'au prochain réveil.
Haut. Çà, maintenant, seigneurs, dites, quelle mesure