CHAPITRE SEIZIEiME
Chez le juge.
LARRIBEAU Oui, monsieur, la perspective de ce que...
LE JUGE
Mais, monsieur, tranquillisez-vous. Votre fils ne paraîtra en-ri-eo mais en-ri-en dans cette affaire d'infanticide. Que voulez-vous... Il est jeune... Il a fait ce que...
LARRIBEAU
Monsieur, c'est un grand coup pour moi... et sa mère est malade.
LE JUGE
Mais, monsieur Larribeau, est-il même bien sûr que votre fils soit le seul qui ait possédé cette fille?
EXISTENCES 2l3
LARRIBEAU Ahl Non! Monsieur! Car...
LE JUGE
Parlez sans crainte, monsieur.. .
LARRIBEAU
Eh bien, monsieur, ce que cette misérable fille en accusant mon fils aura omis de vous dire, c'est qu'elle lui a communiqué une maladie...
LE JUGE Pas possible !
LARRIBEAU Oui, monsieur.
LE JUGE
Grave ?
LARRIBEAU
Une blennorrhag^ic
compliquée.
LE JUGE Eh bien, monsieur, j'ai peur que ce ne soit
ai4 LK TRIOMPHE DE LA VIS
l'auteur de cet enfant... Mais motus...
LARRIBEAU
Qui?
LE JUGE
Boulard.
Que ce nom, cher monsieur, ne sorte pas d'ici; d'autant plus, qu'on dirait que c'est pour réussir que j'accuse celui qui vous a combattu au conseil général comme nationaliste.
Le père, ici, d'ailleurs n'a aucune importance. Une fille a tué son enfant. Voilà tout.
LARRIBEAU
Le misérable 1
LE JUGE
J'ai envie de le faire appeler...
LARRIBEAU
Il a pourri mon enfant 1
LE JUGE
... en secret, de l'interroger. Car enfin, il mérite, après tout, ce vieux calotin-là, qu'on lui lave la tête.
Ah ! Il ne suffit pas qu'il vienne vous combattre
en exposant des idées de bien pensant, de clérical.
Vous avez triomphé, monsieur, et je suis fier
d'avoir voté pour vous. Ah ! C'eût été un autre
qui vous edt combattu... ce serait différent.
Mais ce monsieur qui est un eng-rosseur de bonnes...
Ah! Je ne voulais pas, monsieur, vous en parler...
Mais quand j'ai vu que vous saviez ce qui en était,
eh bien, monsieur... eh bien, monsieur... Je l'ai nommé.
Quant à vous, n'ayez pas à vous inquiéter...
LARRIBEAU
Comptez sur moi, monsieur. Vous êtes vraiment bon.
... J'ai écrit avant-hier au député
pour qu'il insiste encore auprès du ministre
au sujet de votre prochaine nomination...
Au revoir, et merci.
LE JUGE C'est moi qui vous remercie.
CllAPiïRE DIX-SEPTIEME
Chez le sayetier.
UN MENDIANT DES ROUTES
J'ràBÎas bien besoin de me faire mettre une pièce à ce godillot-là. Combien me prendrez-vous?
LE SAVETIER
Vojonsun peu?Ils sont pourris, vos souliers. Trois sous.
LE MENDIANT
C'est trop cher, mon chermonsieur.Voulez-vousunsou?
LE SAVETIER
Vous n'y pensez pas. Ce cuir-là me coûte...
LK MENDIANT
Aaallonfi. Deux sous ?
LE SAVETIER
Va pour deux sous.
LE CHAT
Moi, je n'ai pas besoin de souliers.
Mais j'ai du poil, et ce pauvre n'a pas de chaussettes.